Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Série TV: Stranger Things Saison 1 – Duffer Brothers – 2016

Synopsis:
Un soir de Novembre 1983, un jeune garçon prénommé Will disparaît aux alentours de la petite ville de Hawkins. Sa mère, convaincue qu'il se cache et qu'il est toujours en vie, le cherche sans relâche. Son frère sa bande de copains et le chef de la police vont peu à peu unir leurs forces afin de le trouver et vont découvrir de bien vilaines choses jusqu'ici dissimulées par le département de l'énergie du gouvernement...

L'avis de David:
Du temps. Oui j'ai mis du temps à entamer cette série dont tout le monde parlait depuis quelques temps (justement). A la ramasse Grim, comme d'habitude vous me direz, et vous seriez méchant mais tellement dans le ton. Et puis je ne suis pas vraiment série moi, je l'avoue... Mis à part les "Masters of Horror", "Fear itself", "Les contes de la Crypte", "La quatrième Dimension", "Walking Dead"... Ah merde, en fait je suis un peu série quand même finalement... Bon bref, j'ai mis le temps à démarrer mais une fois la machine lancée un tout petit weekend m'aura suffit à visionner les 8 épisodes de cette première saison qui restera dans mon cœur. Tout respire l'hommage à cette période que j'adule tant: les sweats criards, les synthés retentissants (mention spéciale à Kyle Dixom et Michael Stein qui nous offrent une bande son électro de toute beauté), l'avènement de "Star Wars", John Carpenter, les films d'aventures fantastiques de Spielberg, John Carpenter (je l'ai déjà dit?)... Tout, je dis bien tout, nous replonge dans cet âge doré qui nous allait si bien. "Stranger Things" est une de ces rares séries qui parvient à vous accrocher, à développer des essors narratifs carrés, des personnages dessinés et ce sans jamais vous ennuyer. Tout repose sur la gestion méticuleuse d'une multitude de fils conducteurs (les acteurs de l'histoire sont nombreux), véritable chemin de croix traçant l'histoire peu à peu sans jamais nous perdre et surtout en nous laissant nous attacher à chacune de ces bobines à notre rythme. Une gageure. Ajoutez à cela une pincée de paranormal (une grosse pincée hein, genre bien généreuse), de la SF, un gros monstre tout baveux (et sacrément bien foutu) et des clin d’œils à la pelle (surtout pas l'inverse) à des perles comme "Alien" (un agent s'appelle O'Bannon), "Les Goonies" ou encore "Stand by me" (si vous essayez encore d'inverser pour la vanne gore juste avant laissez tomber). Si on pousse un peu plus loin l'analyse, on remarquera les uniformes des policiers de Hawkins, semblables à ceux d'Amity Island dans "Les dents de la mer" ou encore la police de caractère du titre qui était celle utilisée pour tous les romans de Stephen King sortis dans les années 80 (et je ne parle même pas des affiches des films de Carpenter et Raimi). On s'amuse, on pleure, on rit mais on est pas au pays d'une blonde à couettes et ce mélange délicat d'émotions diverses fonctionne à plein régime sans jamais nous laisser sur le carreau. Les acteurs sont bons avec une mention spéciale à la bande de copains, immédiatement attachants, et à la toute jeune Millie Bobby Brown qui illumine le cadre à chacune de ses apparitions. Au rayon des effets à sensations, le job est une nouvelle fois bien fait avec un mélange CGI/Prothèses suffisamment propre pour ne pas nous crever un œil (sans la pelle cette fois). Au rayon des déceptions on ne déterrera pas grand chose du monde à l'envers; Winona Ryder qui en fait peut-être un poil trop dans l'hystérie par moment mais ce serait vraiment pour chipoter. La seule vraie raison de pleurnicher se trouve être l'arrivée du générique final qui sonne le glas d'une première saison riche en émotions qui nous en aura fait voir de toutes les couleurs.

"Stranger Things" est une véritable déclaration d'amour aux années 80. Netflix nous propose là un véritable petit bijou qui va titiller la corde sensible des nostalgiques que nous sommes mais pas que.. Tout le monde trouvera son compte dans cette farandole sucrée/salée mélangeant les genres avec un brio et une facilité qui forcent le respect. Vite, la saison 2 (31 Octobre 2017 aux dernières nouvelles) ..

 

Série TV: Masters of Horror, Jenifer (S1/E4)

mastersSynopsis:
Frank, officier de police en service, va croiser le chemin d'une bien étrange jeune femme, Jenifer. Celle-ci, affublée d'une aura à la fois irrésistible et terrifiante, va lui prouver qu'aucune bonne action ne reste impunie.. Avide de sexe,d'amour et terriblement attirante, elle va se montrer surtout dangereusement mortelle...

L'avis de David:
Voici certainement un des épisodes qui divise le plus de cette géniale série instaurée par Mick Garris. On retrouve un Dario Argento ("Suspiria","Phenomena","Inferno"..) transgressif, jusqu'au boutis-te, livrant un récit envoûtant et dérangeant à la fois. Le retour du maître. Il faut dire que cette "sirène" aussi belle que monstrueuse (à vous de voir dans quel sens prendre la phrase) nous laisse constamment tiraillés antre la fascination et l'horreur. Ce segment prend aux tripes, et même si le suspens est très rapidement éventé, son lot de scènes chocs ne laissera personne indifférent. Les effets spéciaux sont comme à l'accoutumée très réussis et je suis prêt à parier un bol de Weetabix que vous n'oublierez pas de si-tôt le visage de Jenifer (même si Argento joue habilement avec sa dissimulation quasi en permanence..). Alors oui, on pourrait dire que le scénario ne tient pas debout. Le type, même subjugué, garde chez lui un monstre qui a dévoré son chat, défoncé sa petite voisine de 7 ans et s'envoie même en l'air avec... Une sirène, qui ensorcelle, et qui dévore peu à peu celui sur qui elle a jeté son dévolu. Mais tout cela Argento ne nous l'explique pas et laisse son public faire tout seul le cheminement. Le paradoxe du visage horrible sur un corps de femme est également un élément de cette rhétorique qui clame haut et fort que l'aveuglement est le pire des maux, surtout quand on s'attache au superficiel (ou au désir). Bref, cet épisode tranche dans le vif; on aime ou on déteste. Moi j'ai beaucoup aimé et je dois avouer que j'ai mis quelques temps avant de digérer certaines images. A noter également des séquences d'attaques gores, sauvages autant que des étreintes sexuelles poussées qui lui ont valu une censure de quelques minutes lors de sa diffusion en France (à vérifier si le coffret DVD sorti depuis propose un montage non cut).

Un épisode tordu, qui signe le retour d'un Argento en bonne forme. Une histoire de sirène moderne, crûe, sordide, sanglante, qui met mal à l'aise. Ce segment ne plaira pas à tout le monde, c'est une évidence. Mais il a au moins le mérite de faire réagir, en bien ou en mal. Âmes sensibles s'abstenir tant certaines scènes sont dures et sans concessions (surtout pour une série TV). Un très bon crû.
4s5


Série TV: Masters of Horror, Mort Clinique (S2/E9)

mastersSynopsis:
Cliff et Abby, mariés et apparemment couple sans histoires, traversent une crise qui remet en cause leur amour. Lors d'une explication plutôt tendue en voiture, ils ont un grave accident qui laissera Abby atrocement brûlée. Dans un état très grave, elle se meurt peu à peu. Cliff, lui, va très rapidement se rendre compte que sa femme à moitié morte est bien décidée à le faire payer; dans cette vie ou dans la suivante...

L'avis de David:
Cette fois c'est le trublion Rob Schmidt, déjà responsable de l'excellent "Wrong Turn" (Détour Mortel chez nous), qui s'y colle en nous proposant un épisode basé sur la vengeance d'outre-tombe plutôt musclé. Et c'est peu dire. Le pauvre (même si plus l'épisode passe et moins on a envie de le plaindre..) Cliff va en voir de toutes les couleurs avec sa revenante de femme bien décidée à le voir brûler en enfer. La réalisation est plutôt carrée, propre, avec quelques rebondissements qui ne vous laisseront pas indifférents. Mais là où Schmidt frappe très fort, c'est dans les séquences dites "choc". Sous couvert d'une morale cynique et d'un pseudo discours de fond sur l'euthanasie, il nous assène une représentation de la douleur qui vous sonne littéralement. Les gens sont cruels, opportunistes et font jeu égal avec l'horreur de cette femme sans peau au regard qu'on est pas près d'oublier. A ce titre, les effets spéciaux de KNB sont comme d'habitude excellents et les différents emprunts à la filmographie d'horreur des années 80 particulièrement bien sentis ("Hellraiser", "Patrick" ou même "La grande menace"..). Un pur concentré d'épouvante avec ce qu'il faut de sang et de tripes pour ne pas laisser les amateurs sur leur faim. Pour les autres, attachez vos ceintures, ça va secouer.

Certainement un des meilleurs épisodes de la série (avec "Jennifer" d'Argento entre autres..) alliant avec talent la peur et le dégoût. Réalisé par un Rob Schmidt bien moins lisse que pour son précédent film, ce segment restera dans les mémoires (avec une image finale proprement glaçante).
4s5