Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: C.H.U.D. – Douglas Cheek – 1984

Synopsis:
En 1977, le très sérieux New York Times fait état d'une colonie de SDF vivant dans les tunnels sous la ville. Des rumeurs signaleraient que ces mêmes tunnels seraient devenus un lieu de choix pour certains industriels peu scrupuleux afin d'y déposer leurs déchets toxiques. Peu à peu, des disparitions inquiétantes attisent la curiosité d'un inspecteur et du responsable d'un foyer pour sans abris.

L'avis de David:
Oui je sais ce que vous allez me dire. La nostalgie empeste toute cette critique tellement fort qu'on la sent même sur les onglets d'à côté... C'est pas totalement faux. C.H.U.D. ("Cannibale Humanoïde Usurpateur Dévastateur" ou plus trivialement "Cradoquerie Humaine Ultra Déformée *et moche *et cannibale *et moche") distille ce doux parfum des années 80; l’insouciance, les dérives gores, la musique synthétique, les dialogues parfois totalement à côté de la plaque (d’égout?).. Une recette qui fonctionne chez moi à fond les ballons et fait automatiquement grimper le capital sympathie d'à peu près n'importe quel film. Bon, ne nous fâchons pas. Les acteurs (malgré un paquet de trognes connues comme John Heard, Daniel Stern ou encore John Goodman l'espace de quelques minutes) font ce qu'ils peuvent mais sont souvent à la limite du potache (le flic dont la femme a disparu et qui finalement ne montre un poil d'énervement que sur la fin..), le rythme est plombé par un tronçon central rempli de blabla et d'aller-retours totalement inutiles, certaines incohérences sont au moins aussi dévastatrices que les créatures du titre et pourtant... On ne s'ennuie pas (ou pas trop en tout cas). Le sujet (qui égratigne frontalement l'Amérique de Reagan) a le mérite d'être encore "presque" d'actualité et les créatures (même si elles ont fatalement vieillies et qu'elles n'interviennent que tardivement dans l'histoire) font toujours leur petit effet à grand coup d'appel de phares (un clignement d’œil et l’électricité de tout le quartier devait être à plat). Le gore n'est pas en reste avec quelques découpages/dépeçages à l'ancienne (le réalisateur ayant tout de même une fâcheuse tendance à nous montrer surtout le résultat plus que l’exécution) et la tension est assurée au travers d'une poignée de scènes dont celle de l'attaque dans l'appartement (la séquence introductive du petit garçon qui joue devant la porte de la cave juste avant l'arrivée des monstres fait toujours mouche). On ne passera également pas sous silence l'excellente bande musicale typée années synthé et soulignant avec brio la glauquitude de certains plans. Bref, pas grand chose à en dire mais 33 ans après le truc passe toujours comme un bon burger bien gras qu'on arrive tout de même à digérer avec le sourire. Il y a peu, Rob Zombie avait montré de l'intérêt pour nos SDF atomiques dévoreurs de chair humaine et semblait même disposé à réaliser un remake. Très curieux de voir quelle sera sa vision de la chose et si le contexte siéra encore à merveille à notre belle époque bio (c'est marrant, avec le nucléaire et le changement climatique, je suis convaincu que oui.. C'est mon troisième petit doigt qui me le dit). A noter que le film avait remporté le prix du meilleur film fantastique, lors du Festival international du film fantastique de Bruxelles en 1985 (bon ok, ils avaient dû sacrément charger en moules et en Kriek). Petite anecdote qui n'engage que moi; les différentes affiches du film arborent toutes un look "troma" assez évident mais sûrement rien à voir avec le fait que notre ami "Toxic Avenger" devait débarquer sur les écrans quelques mois plus tard (une vague histoire de mec transformé par des déchets toxiques je crois.. Rien à voir je vous dit).

C.H.U.D. fait vraiment partie des péloches mésestimées que je ne peux pas m'empêcher d'aimer, même 30 ans après (des trucs comme "Humongous" ou encore "Mausoléum" pour ne citer qu'eux. Pas très bons mais tellement délicieux). C'est comme quand on va au fast-food. On sait qu'on risque l'indigestion (dans le meilleur des cas) mais on ne peut pas s'empêcher de se sentir bien quand on mord dedans.

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Cours Court dans le passage, le temps passe si vite…

Au hasard d'une boite de réception, mon chemin a croisé celui de Fabien Montagner qui m'a gentiment proposé un petit voyage dans le temps en embarquant dans son court-métrage "Le passage". Il nous propose de suivre Faustine, une adolescente un peu solitaire, à qui il va arriver deux trois bricoles lors de la promenade dominicale de Médor (en fait il s'appelle Max mais c'était moins rigolo). Elle va se retrouver bien malgré elle (Max étant l'individu à blâmer; mais si,vous vous rappelez Médor?) happée dans un gouffre spatio-temporel et confrontée à quelques fantômes du passé. Je n'en dirais pas plus mais sachez que le tout est emballé avec un talent certain, joué de bien belle manière par une brochette d'acteurs convaincus et convaincants (Cindy Colpaert "Nos jours Heureux", Vernon Dobtcheff "Indiana Jones 3", Pierre Hatet,Fanny Capretta, Philippe Orel et Rainer Sievert). La lumière est belle, certains plans vous rappelleront quelques grandes envolées (j'adore les pigeons/colombes qui s'enfuient au claquement d'un dialogue de la scène précédente) et le final vous réserve même une petite touche poético-morbide (le tout sur fond de conflit de génération) du meilleur goût. Bref, pas besoin de tergiverser, Max ou Médor on s'en fout, l'essentiel étant de visionner cette petite perle que vous devriez trouver juste en dessous.. 

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Critique: Get Out – Jordan Peele – 2017

Synopsis:
Chris et Rose vivent un amour sans nuages depuis plusieurs mois déjà lorsque vient le fatidique moment de la rencontre familiale. Les parents de Rose veulent rencontrer leur futur gendre et les invitent pour une réception dans leur domaine du nord de l'état. Bien vite, la situation semble se tendre en partie à cause de leur différence de couleur de peau...

L'avis de David:
Véritable bête de course au box-office, il me fallait voir cette soit-disant pépite précédée d'une réputation plus que flatteuse et de critiques toutes plus dithyrambiques les unes que les autres. Je dois avouer que dès le départ j'avais un méchant a-priori (ça y est on va me taxer de ronchon jamais content et blasé de la vie); en même temps à chaque fois qu'un film met tout le monde d'accord moi je déteste donc normal que ça me rende un poil méfiant... Et bien autant ne pas faire durer plus longtemps le suspens, j'ai détesté.. Fin de la critique, tout le monde rentre à la maison et se tape un nouvel épisode de "Mariés deux enfants"; au moins avec Al on est presque assuré de se marrer un bon coup (bière dans une main et l'autre dans le caleçon). Bon ok, même s'il n'engage que moi je vais étoffer un peu mon avis histoire que vous ne soyez pas venus pour rien (un peu comme moi avant le film). Tout ce bruit pour ça.. Pamphlet dénonciateur du racisme passif aux Etats-Unis, "Get-Out" (j'aurai dû suivre le conseil) enfonce des portes ouvertes avec une pointure 52 tout en restant tranquillement assis le cul entre deux chaises (oui, je conçois qu'enfoncer une porte assis semble compliqué, pourtant le film nous prouve le contraire en laissant son héros se mettre du coton dans les oreilles assis, pieds et poings liés à un gros fauteuil.. balèze..). Une fesse se contracte et essaye de nous faire frissonner tant bien que mal tandis que l'autre cède au cynisme et même à l'humour bas du front pour légitimer son propos (autant dire qu'au milieu ça sent le caca à tous les étages). Le film est mou, chiant (avec les deux fesses), met trois plombes à démarrer pour finalement clôturer le spectacle avec un gros pétard bien mouillé et bien gras qui sentira plus mauvais qu'il ne fera du bruit. La réalisation est propre, mais sans génie, et les acteurs (seul point positif du bidule) jouent plutôt dans le ton (mention spéciale aux serviteurs habités par les ancêtres qui sont vraiment chelous -même si encore une fois, ils participent à une des nombreuses incohérences du scénario que je ne détaillerai pas pour éviter le spoil sauvage mais dont nous pouvons débattre via les commentaires pour les plus téméraires-). Le temps passe mollement, on ne rit pas (le copain lourdaud est juste insupportable), on n'a pas peur (ou alors juste du temps qui passe) et on nous emmène péniblement vers un final teinté de vengeance censé faire exulter les foules après tant de frustrations. Fausse joie, mis à part deux trois effets gores improbables (c'est sûr qu'une tête de cerf c'est tout de suite plus pratique comme arme pour se défendre) il ne se passera pas grand chose dans le caleçon de l'amateur d'horreur venu chercher sa dose quotidienne.

Pénible, voilà ce qui me vient tout de suite à l'esprit quand je repense à ce visionnage. Lourd, chiant, mou, les superlaxatifs(..) pardon, les superlatifs me manquent tant j'ai eu l'impression de souffrir à la place des protagonistes. Cette fois c'est sûr, je ne suis définitivement pas dans la norme et quitte à me faire conspuer (voir crucifier si je veux choquer) je préfère dire que tous les goûts sont dans la nature, les miens ne collant décidément pas à la production horrifique actuelle (celle qui a le vent en poupe).

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