Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Interview: Tournez juste là, Boulevard du cinéma, vous y êtes!

Si je ne devais vous parler que d'une émission de passionnés faites pour des passionnés, c'est immédiatement "Boulevard du cinéma" qui me viendrait à l'esprit. La fine équipe (Patrick Nadjar, Luis Alcaide, Jean Paul Coixao, Karine Jean, Bruno Terrier, Daniel Bouteiller, Christian Lucas et Renaud Burgin -plus quelques guests-) vous propose des sujets aussi variés que "La longue nuit de l'exorcisme","Phantom of the paradise", les univers de Bava ou de Bruce McDonald, de Dante (Joe hein, c'est pas l'enfer non plus), tout ça avec une bonne humeur et un professionnalisme qui font plaisir à voir. Renaud a gentiment accepté de nous donner un peu de son temps (même qu'on lui rendra pas) et de répondre à un petit interrogatoire destiné à renseigner les quelques ignares au fond à gauche qui ne seraient pas encore abonnés. Ambiance.

Bonjour Renaud et bienvenue sur Grim. Je sors du visionnage du dernier numéro de "Boulevard du cinéma" et vraiment superbe émission! Tu peux nous parler un peu de la genèse, du pourquoi du comment?
L'idée est venu de jean Paul Coixao que je connais depuis quelques années . Il m'a appellé un jour pour me proposer une émission durant laquelle des potes échangeraient sur le cinoche de façon très simple, sans prétentions (ce qui tombe bien car nous sommes des amateurs passionnés). Dès le début nous avons soumis le projet à la paire Luis Alcaïde/Patrick Nadjar que nous avions rencontré au Bloody Week-End. Ils avaient collaboré à l'Ecran Fantastique, Toxic et plusieurs Fanzines . La première émission où nous avons eu la chance de filmer Dario Argento s'est donc faite à quatre. Pour la deuxième, Christian Lucas nous a rejoint  et Bruno terrier pour la troisième. Enfin Karine Jean et Daniel Bouteiller sont venus compléter l'équipe. Nous avons eu du mal à trouver un nom pour l'émission mais le titre de Boulevard du cinéma s'est imposé car il correspondait à cette idée de liberté d'esprit, de circulation d'idées et d'échanges sur le cinéma. Dans l'avenir d'autres personnes viendront dans notre émission pour s'exprimer sur un sujet qui leur tient à cœur, toujours dans une parfaite liberté d'esprit (et le tout dans la bonne humeur, vannes et jeux de mots étant les bienvenus).

Sacrée équipe qui compose le staff! Tu peux nous présenter un peu tout le monde?
Karine jean est prof de théâtre ( elle a suivi les cours Florent ) et est passionnée de cinéma fantastique (entres autres).. Au passage, c'est une grande fan de Rob Zombie. Bruno Terrier dirige le "Metaluna Store" à Paris (NDLR: à visiter impérativement sous peine de flagellation à coups de barbelés trempés dans des streptocoques) que beaucoup considèrent comme étant un des derniers lieux où les fans de cinéma de genre peuvent se retrouver pour faire des achats de DVD ou de Blu Ray. Bruno est un collaborateur régulier du magazine "les Années Lasers" et à également écrit pour des mensuels comme Mad Movies. Christian Lucas a écrit pour plusieurs Fanzines et est un collaborateur régulier de l'émission "Ciné Forever" sur Moi Fm (l'émission crée par Patrick Nadjar). Daniel Bouteiller possède une société d'archives de photos, affiches cinéma . Il est également documentaliste iconographe a l'Ecran Fantastique.

Le lieu de tournage de la dernière émission est culte également puisqu'il s'agit de l'excellentissime magasin Metaluna de l'ami Bruno, ce qui colle à la perfection au propos. Toutes les émissions se passeront désormais là-bas ou allez vous expérimenter de nouveaux lieux (cinéma?).
Non, toutes les émissions ne seront pas tournées à Metaluna; notre souhait serait de situer l'émission dans plusieurs endroits différents (ayant bien évidemment un rapport avec le cinéma). Nous avons un cinéma bien précis mais je peux pas en dire plus pour l'instant.

Le dernier épisode parlait de sujets aussi divers que "La trilogie ninja", "Maniac" ou encore Ruggero Deodato, vastes horizons qui baignent toujours en plein cinéma de genre. Comment sont choisis les sujets? Vu l'éclectisme de l'équipe, vote à main levée?
Alors pour les sujets c'est la démocratie totale , chacun choisit son sujet et on l'annonce une semaine à l'avance environ sur notre groupe privé Facebook. L'idéal étant de visionner les films cités pour une meilleure interactivité en plateau. Par contre nous nous interdisons de parler des films avant l'enregistrement pour garder la spontanéité des échanges.

Une petite révélation croustillante sur la suite, ce dont vous allez parler dans le prochain numéro, les sujets abordés?
Il y a des projets, notamment des lieux d'enregistrements, des invités et un projet peut être en fin de l'année mais je ne peux vraiment pas en dire plus.

Comment êtes vous accueillis par la communauté du cinéma de genre? La visibilité n'est-elle pas difficile à gérer (les avis contraires sont parfois un peu tranchants)?
Nous avons été plutôt bien accueillis, avec pas mal d'encouragements et de soutien. Nous n'avons pas eu beaucoup de critiques, les commentaires étant plutôt bienveillants. Les critiques positives et négatives font avancer de toutes façons.

Avez-vous prévu de nouvelles fenêtres de tir dans le futur (un site web? Un magazine papier?)
Non à priori pas de site web, ni de fanzine. L'émission nous prend suffisamment de temps (surtout au réalisateur) et il n'est matériellement pas possible de rajouter une corde à notre arc, d'autant que 80 % des chroniqueurs ont une activité à côté.

L'équipe va-t-elle voir arriver de nouveaux membres ou des "guests" dans le futur?
Oui, ils ont tous été contactés et ont répondu favorablement. Ce seront des invités qui pourront revenir s'ils le souhaitent.

Sinon toi tu aimes quoi (tes films de genre préférés) et tu détestes quoi?
Je n'ai pas vraiment de genre de prédilection même si je suis plus naturellement attiré par les films fantastiques ou d'épouvante. D'ailleurs, les deux premiers films de mon top 5 ne sont pas des films fantastiques: "Il était une fois en Amérique", "Danse avec les loups", "Robocop", "La mouche", "Le retour des morts vivants" et bien d'autres encore. Je n'aime pas trop les films de torture (en ce qui me concerne la série des "SAW" n'est pas une grande franchise). Dans le cinéma il faut tout regarder et ne rien rejeter, il n'y a pas de genre mineur. Dernièrement j'ai découvert "Brigade des mœurs" grâce à Bruno dans l'émission 4; j'ai adoré le film ... un film Max pecas (NDLR: je te rejoins, ce film pue la classe)!

La dernière question rituelle chez Grim, tu penses quoi du site? Les choses qui te plaisent, celles que tu trouve naze (sans langue de bois, on ne t'en voudras pas… trop) ?
Je trouve le site très sympa , la mise en page est claire et donne envie de lire les avis sur les films. Les critiques sont sans langue de bois et sans phrases alambiquées ce qui n'est pas toujours le cas sur d'autre sites. J'aime beaucoup les dossiers également, textes et photos sont bien équilibrés. Ces sites sont nécessaires pour que le genre que nous affectionnons tant perdure, il fait vivre la communauté de fans..

Un grand merci à Renaud pour avoir répondu si gentiment à cette batterie de questions et à toute l'équipe pour animer d'une aussi belle manière cette émission qui se bonifie de plus en plus avec le temps. Nous ici on adore et on ne saurait trop vous conseiller d'aller immédiatement (oui, c'est un ordre) vous abonner à la chaîne youtube juste ici: Boulevard du cinéma. Vous pouvez également passer faire un p'tit coucou sur la page Facebook, on ne vous en voudra pas vous serez même les bienvenus (Facebook de Boulevard du Cinéma)! Et puis juste comme ça, parce que je kiffe la démarche, le lieu et tout le boulot abattu pour faire vivre la passion du genre qu'on affectionne tant, foncez chez Bruno au Métaluna Store: 7 Rue Dante, 75005 Paris. Vous pouvez venir accompagnés mais n'oubliez pas la carte bleue hein, faudrait pas déconner, on sait déjà que vous allez craquer...

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Critique: Clown – Jon Watts – 2017

Synopsis:
La fête d'anniversaire de Jack est sur le point d'être gâchée par l'annulation du clown venu amuser ses convives. Heureusement, son père Kent trouve un costume de clown dans la cave d'une maison qu'il est en train de vendre et décide de le remplacer. Malheureusement pour le gentil papa, le costume trimballe avec lui une monstrueuse malédiction...

L'avis de David:
Tourné en 2014 (si on ne compte pas le court réalisé en 2010), sorti aux states en 2016 (avec une grosse polémique qui collait Eli Roth à la réalisation pour éviter de parler de Jon Watts que personne ne connaissait.. le même Watts qui vient de nous sortir le nouveau Spiderman...comme quoi le cirque ça mène à tout.) et enfin chez nous en 2017.. L'accouchement de ce gros bébé à nez rouge s'est fait non sans une certaine douleur. On ne va pas tourner en rond autour du pot à chocolat, c'est clairement un heureux événement, on peut célébrer. Le mythe du Clown est totalement réinventé. Le bonhomme rigolard et bedonnant est transformé en monstre vivant dans la neige (d'où son nez rouge et tuméfié) qui serait en fait une sorte de créature Hermite se terrant dans une grotte et dévorant les enfants des villages alentours pour se nourrir. Ça c'est fait (sans jeu de mot; les fans du King comprendront). Là c'est la peau de la bestiole qui devient un zouli costume et qui une fois enfilé devient votre seconde peau. Vous êtes en train de vous dire que c'est du total n'importe quoi, hein avouez? Et bien attendez d'en parler au pauvre Kent qui a voulu bien faire et qui se retrouve avec quelques changements hormonaux des plus désagréables. Le film nous propose d'ailleurs de suivre pas à pas cette métamorphose de l'homme en monstre, gueuleton de mômes à l'appui. Parce que oui, s'il y a bien une chose qui frappe dans ce film, c'est qu'il ne se refuse rien. Le clown est méchant, vraiment méchant et il a un appétit d'ogre. Lorsque le premier gosse se fait transpercer par une scie circulaire, on se dit que le réalisateur n'a vraiment pas froid aux yeux (ou qu'il est bricoleur, c'est selon); au troisième englouti avec crachage des os encore couverts de barbaque on ne se pose plus la question... Cette légende n'est clairement pas là pour rigoler et c'est tant mieux. On découvre donc peu à peu cet agitateur de soirées carnivores et le côté sombre qui submerge Kent en même temps que se grime (movies?) son visage blanchâtre évoquant d'abord une grande tristesse (Pierrot?) avant de devenir proprement terrifiant. C'est sûrement là que ce situe la morale si il fallait en trouver une: A force d'essayer de se mettre en scène, de paraître quelqu'un que nous ne sommes pas, d'amuser la galerie pour attirer l'attention sur soi, on finit par devenir sa propre ombre. Bon trêve de psychologie à deux balles, le film tient la route et nous apporte exactement ce que nous étions venus chercher: un monstre bien méchant (et bien foutu, incarné par le maestro Eli Roth himself dans son dernier stade de transformation), du gore juste ce qu'il faut (quelques séquences valent le coup d’œil) et une mise en scène carrée qui sert parfaitement le propos (avec quelques clins d’œil plutôt bien sentis comme le visage qui se dissout à la toute fin qu'on croirait sorti du "Evil Dead" de Raimi). On pourrait lui reprocher un léger passage à vide aux trois quarts (le massacre des gosses c'est rigolo mais ça n'apporte pas grand chose et fait traîner le truc en longueur. On aurait préféré encore plus d'étapes de la transformation) et un final un peu expédié mais je pinaille. Cette chouette série B a au moins le mérite de ne pas pisser plus loin que son fut et nous propose une bonne séance d'horreur à l'ancienne sans fioritures; et franchement c'est déjà pas si mal.

Clown est une excellente surprise pas drôle du tout pour le coup. Un film de monstre à l'ancienne porté de bien belle manière avec juste ce qu'il faut là ou il faut. Jon Watts a donc bien fait d'insister ("Clown" était un court-métrage au départ) et nous offre un très bon moment plein de frissons en attendant le "Ça" de Muschietti. On espérerait presque qu'il revienne à ses premières amour une fois l'aventure du monte en l'air terminée. Allez Jon, tu veux bien encore essayer de nous faire peur? Parceque nous on aime!

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Critique: The Bye Bye man – Stacy Title – 2017

Synopsis:
Trois étudiants amis depuis l'enfance décident d’emménager ensemble dans une vieille maison pleine de charme. Ils vont très vite découvrir qu'un horrible secret se cache dans ses entrailles et qu'ils auraient mieux fait de dire... Non je ne le dirais pas...

L'avis de David:
Là pour le coup je suis vraiment bien embêté.. Ben oui, faut pas que j'en parle.. Et puis faut pas que j'y pense non plus. C'est pratique tiens pour écrire un papier sur le machin. A croire que les scénaristes ont fait exprès de pondre cette légende pour éviter de se manger des critiques négatives. "Hin hin hin, les cons, comme ça ils pourront pas dire que notre Bye Bye man c'est du caca!". Merde, je l'ai dit.... Ahhhhrgh, je sens déjà son haleine fétide se rapprocher de mes nasaux. Ah non ça c'est la personne juste derrière moi mais elle aussi je ne dois pas prononcer son nom (je suis déjà dans la bouse jusqu'au cou, on va éviter de pencher la tête). Bon, apparemment il ne se passe rien... Cette légende urbaine s'approcherait-elle d'un vent abyssal croisé avec une flatulence de mammouth qui se serait gavé de brocolis la veille? Ce qui est sûr en tout cas c'est qu'ils ne se sont pas foulés pour nous la sortir la colique. Une pauvre histoire mixée avec des morceaux de "It Follows" (fallait pas, vraiment, on n'en aurait pas parlé promis..), "Les griffes de la nuit" (la maison de Freddy ressemble comme deux gouttes d'eau à celle-ci et que dire de l'allure du croquemitaine qui lui empreinte un bon paquet de similitudes) et avec à peu près tout ce qui s'est fait dans le genre depuis une bonne vingtaine d'années ("Wishmaster" avec son cabot, "Boogeyman" avec son...lit); on ne peut pas dire qu'on nage en pleine originalité. Si encore le traitement était efficace, on passerait l'éponge, mais même pas. La réalisation est plan-plan au possible, les acteurs jouent comme des truelles (mention spéciale à Carrie Anne Moss qui semble sortie de la matrice après un méchant bug et qui nous offrira quelques mimiques/répliques hilarantes, même si je suis à peu près sûr que ce n'était pas voulu -- ah le clin d’œil--), on a même droit à des caméos improbables comme celui de Leigh Whannell, Doug Jones (ah non lui c'est le Bye Bye man) ou encore Faye Dunaway (je les confonds toujours, heureusement qu'elle a les cheveux longs). Le bidule finira de nous achever avec des effets spéciaux qu'on préfère imaginer parodiques tant ils touchent le fond de la médiocrité numérique. Sans déconner, le chien en gif animé fallait vraiment abandonner l'idée si c'était pour avoir un rendu pareil. Un vrai médor un peu grimé aurait bien mieux donné le change que ce machin tout pixelisé animé avec un obscur shareware qui trainait sur le disque dur d'un technicien. La loose se niche dans l'os, tout le monde le sait bien (oula la, bye bye l'humour). Soyons franc du collier, il ne reste pas grand chose à cette histoire de croquemitaine pour terroriser le chaland.. Tout au plus une ou deux scènes bondissantes (vous savez les jumpscares) qui feront effet sur les plus alcoolisés d'entre nous et un ou deux effets gores mignonnets (le crâne éclaté de la bibliothécaire, hop je balance) pas trop ternis par des CGI en carton. Même pas un Neo en collants cuir noir pour nous lancer un lapin nain à la figure, tant pis s'il n'est pas tout blanc (ça dépend s'il a croisé un ours avant en fait). Reste Morphéus qui nous a refilé la mauvaise pilule et qui du coup nous a collé un sacré bad trip... Y a qu'à voir la tronche de Trinity à la fin (et là on fait un énorme clin d’œil bien gras avec du caca au coin)...

On ne va pas y aller par quatre chemins, un seul suffira: c'est mauvais, très mauvais. Le plus triste c'est qu'on ne peut pas s'empêcher d'imaginer ce que ça aurait pu donner avec plus de moyens mais surtout avec plus de conviction. Reste une malédiction bien mollassonne qui pourra se laisser voir pour les plus indulgents (ou ceux qui veulent se marrer un bon coup) mais qu'on oubliera à la vitesse du moustique en chaleur (et c'est quand il se pose sur tes parties que tu comprends que la violence ne résout pas tout).

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