Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Ça – Andrés Muschietti – 2017

Synopsis:
La petite bourgade de Derry est secouée par une vague de disparition d'enfants qui survient tous les 27 ans. 7 gamins membres d'une même bande "les tarés", décident d'enquêter sur le sujet. Ils vont se rendre compte que tous sont poursuivis par un mystérieux clown qui cherche à les atteindre en jouant avec leurs plus grandes peurs...

L'avis de David:
Le voilà le mastodonte de l'année 2017, THE film d'horreur que tout le monde a encensé, qui a rapporté des millions de brouzoufs aux gentils producteurs qui ont crû en lui. C'est beau, mais qu'est-ce que ça vaut vraiment? Surtout qu'en matière d'adaptation, Mick Garris s'y était déjà collé et avait réussi le temps de 2 téléfilms à terrifier toute une génération habituée aux clowns gentils maniant la tarte à la crème (tout en restant très très très loin de l'oeuvre originale quand même). J'ai patiemment attendu pour le voir, me suis procuré la version bleue en 4K et laissé la grippe me peindre le nez en rouge afin d'être dans les meilleures dispositions pour profiter du spectacle. On va évacuer tout de suite le traumatisme par l'image tant cette version ultra haute définition brûle la rétine. Piqué (pas le footballeur hein) hyper détaillé et couleurs d'une force incroyable au programme font de ce disque une véritable démo technique pour peu qu'on dispose du matériel adéquat. Passons maintenant à ce qui se cache derrière la culotte de notre clown égoutier préféré (Toujours blanc d'ailleurs alors qu'il patauge h24 dans le caca.. Sacré service de teinturerie). Première constatation, l'ambiance "Stand by me" (voir "Stranger things" pour cette génération) fonctionne a fond les ballons (rouges). Les gosses jouent juste, sont vulgos juste comme il faut et leurs histoires respectives (parfois bien glauques) sont traitées avec bien plus d'égards que dans la version de 90 (on sent que Muschietti a pu s'autoriser bien plus de choses et c'est tant mieux). Même Eddy, psychopathe par excellence, est enfin dépeint justement, avec tous les honneurs qu'il mérite. L'ambiance musicale, alternant piano tendance mélancolique quand on frissonne et funk typiquement eighties dans les moments plus "lumineux" vient nous caresser les oreilles et la maîtrise du réalisateur de "Mama" fait le reste pour flatter nos rétines. Mais alors ma bonne dame, on la tient notre ultime adaptation d'un des romans les plus traumatisants du King? Ben non en fait, pas totalement. Passons sur les différentes incohérences qui ne sautent pas forcément aux yeux mais qui font diablement tâche quand on y repense (pas d'hopitâl à Derry, un môme est rafistolé dans une ruelle; toutes les familles qui semblent trouver "normaux" les événements qui surviennent, un môme allant jusqu'à tuer son père sans que cela ne chagrine personne.. En même temps il semble que cela soit le seul policier de la ville et qu'il ne se soit pas penché plus que ça sur les disparitions..) et allons directement à l'essentiel: Grippe-sou. Passé une séquence d'introduction absolument géniale (il croque le bras d'un môme au travers d'une bouche d’égout), il devient vite agaçant. Trop rigolard, trop fou-fou, il fait trop trop l'âne en fait (arf, toute mon enfance ça aussi). A force d'en faire des caisses,  Bill Skarsgård se perd et perd en même temps cette force qui le rendait tellement inquiétant. On se tape une nouvelle fois une ribambelle de jump-scares frelatés qui ne font pas peur et seules quelques apparitions théâtrales arrivent encore à faire leur petit effet (le lépreux ou la dame du tableau). Les effets spéciaux, même si en grande partie numériques, fonctionnent et ne dénotent jamais à l'écran, nous offrant même quelques scènes gores sympas qui manquaient cruellement à la précédente adaptation (ça l'aurait rendue plus "méchante"). Dommage, le combat final (censé être le clou du numéro) est monté à la serpette et du coup totalement illisible. Mais ce qui empêche clairement le film d'aller plus haut (n'en déplaise à Tina Arena) c'est ce manque de peur à tous les étages; oui, le film ne fait jamais peur et rate du coup son principal objectif, c'est ballot (ça aurait dû être ballon). La faute à un clown qui fait trop le clown justement et qui avec le recul, fait bien pâle figure face à celui campé par Tim Curry à l'époque (pourtant beaucoup plus simple).

Cette adaptation du roman du King rate encore à moitié son objectif, celui de faire peur en titillant notre âme d'enfant..Le tout reste distrayant, bien foutu, mais ne va jamais plus loin dans ses intentions que de divertir le chaland. Reste quelques bonnes idées, une réalisation solide et une ambiance franchement sympathique pour un film à un cheveu du statut culte. Bon ok, on va dire une mèche, voir une touffe...

Critique: Clown – Jon Watts – 2017

Synopsis:
La fête d'anniversaire de Jack est sur le point d'être gâchée par l'annulation du clown venu amuser ses convives. Heureusement, son père Kent trouve un costume de clown dans la cave d'une maison qu'il est en train de vendre et décide de le remplacer. Malheureusement pour le gentil papa, le costume trimballe avec lui une monstrueuse malédiction...

L'avis de David:
Tourné en 2014 (si on ne compte pas le court réalisé en 2010), sorti aux states en 2016 (avec une grosse polémique qui collait Eli Roth à la réalisation pour éviter de parler de Jon Watts que personne ne connaissait.. le même Watts qui vient de nous sortir le nouveau Spiderman...comme quoi le cirque ça mène à tout.) et enfin chez nous en 2017.. L'accouchement de ce gros bébé à nez rouge s'est fait non sans une certaine douleur. On ne va pas tourner en rond autour du pot à chocolat, c'est clairement un heureux événement, on peut célébrer. Le mythe du Clown est totalement réinventé. Le bonhomme rigolard et bedonnant est transformé en monstre vivant dans la neige (d'où son nez rouge et tuméfié) qui serait en fait une sorte de créature Hermite se terrant dans une grotte et dévorant les enfants des villages alentours pour se nourrir. Ça c'est fait (sans jeu de mot; les fans du King comprendront). Là c'est la peau de la bestiole qui devient un zouli costume et qui une fois enfilé devient votre seconde peau. Vous êtes en train de vous dire que c'est du total n'importe quoi, hein avouez? Et bien attendez d'en parler au pauvre Kent qui a voulu bien faire et qui se retrouve avec quelques changements hormonaux des plus désagréables. Le film nous propose d'ailleurs de suivre pas à pas cette métamorphose de l'homme en monstre, gueuleton de mômes à l'appui. Parce que oui, s'il y a bien une chose qui frappe dans ce film, c'est qu'il ne se refuse rien. Le clown est méchant, vraiment méchant et il a un appétit d'ogre. Lorsque le premier gosse se fait transpercer par une scie circulaire, on se dit que le réalisateur n'a vraiment pas froid aux yeux (ou qu'il est bricoleur, c'est selon); au troisième englouti avec crachage des os encore couverts de barbaque on ne se pose plus la question... Cette légende n'est clairement pas là pour rigoler et c'est tant mieux. On découvre donc peu à peu cet agitateur de soirées carnivores et le côté sombre qui submerge Kent en même temps que se grime (movies?) son visage blanchâtre évoquant d'abord une grande tristesse (Pierrot?) avant de devenir proprement terrifiant. C'est sûrement là que ce situe la morale si il fallait en trouver une: A force d'essayer de se mettre en scène, de paraître quelqu'un que nous ne sommes pas, d'amuser la galerie pour attirer l'attention sur soi, on finit par devenir sa propre ombre. Bon trêve de psychologie à deux balles, le film tient la route et nous apporte exactement ce que nous étions venus chercher: un monstre bien méchant (et bien foutu, incarné par le maestro Eli Roth himself dans son dernier stade de transformation), du gore juste ce qu'il faut (quelques séquences valent le coup d’œil) et une mise en scène carrée qui sert parfaitement le propos (avec quelques clins d’œil plutôt bien sentis comme le visage qui se dissout à la toute fin qu'on croirait sorti du "Evil Dead" de Raimi). On pourrait lui reprocher un léger passage à vide aux trois quarts (le massacre des gosses c'est rigolo mais ça n'apporte pas grand chose et fait traîner le truc en longueur. On aurait préféré encore plus d'étapes de la transformation) et un final un peu expédié mais je pinaille. Cette chouette série B a au moins le mérite de ne pas pisser plus loin que son fut et nous propose une bonne séance d'horreur à l'ancienne sans fioritures; et franchement c'est déjà pas si mal.

Clown est une excellente surprise pas drôle du tout pour le coup. Un film de monstre à l'ancienne porté de bien belle manière avec juste ce qu'il faut là ou il faut. Jon Watts a donc bien fait d'insister ("Clown" était un court-métrage au départ) et nous offre un très bon moment plein de frissons en attendant le "Ça" de Muschietti. On espérerait presque qu'il revienne à ses premières amour une fois l'aventure du monte en l'air terminée. Allez Jon, tu veux bien encore essayer de nous faire peur? Parceque nous on aime!

Critique: All Hallow’s Eve – Damien Leone – 2013

allhallowseveSynopsis:
Durant la fête d'Halloween, une jeune baby-sitter découvre dans le sac à bonbons des enfants qu'elle garde une bien étrange cassette vidéo. En visionnant son contenu avec les deux adolescents, elle découvre un film d'horreur d'une rare atrocité. Surtout, celui-ci semble terriblement réel. 3 sketchs terrifiants mettant de parfaits inconnus aux prises avec une galerie de monstres abominables, menés par un bien étrange clown effrayant...

L'avis de David:
Voilà donc un petit film à sketchs sorti de nulle part et moi j'aime bien les films à sketchs. Alors oui, on sait d'emblée que le budget n'a pas dû être mirobolant mais ça sent tout de même l'envie de bien faire et l'amour de l'horreur à l'ancienne, et rien que pour ça le film mérite le coup d’œil (sutout que parfois on est clairement dans la glauquitude la plus totale même si à la lisière du cauchemar expérimental.. ce qui rend le tout encore plus dérangeant). Damien Leone (réal venant du monde des effets spéciaux) nous propose donc trois sketchs plus ou moins reliés entre eux par un curieux Clown qui je dois avouer rempli bien son rôle; non,non, il fait pas marrer celui-là, il aurait même plutôt tendance à venir hanter nos pires cauchemars. On accompagne donc Sarah dans le visionnage de ces trois morceaux de VHS aussi variés qu’inattendus. On commence avec une jeune femme attirée par notre vilain bozo tout moche dans un vieux sous-sol désaffecté ou elle fera la connaissance d'un mystérieux boucher pas avare de coups de machettes (et surtout sacrément malade vu l'état de sa peau..); elle y découvrira un groupe de démons partouzeurs bien décidés à lui faire passer un sale quart d'heure.. On enchaîne ensuite avec un extra-terrestre adepte du breakdance qui décide de jeter son dévolu sur une donzelle qui n'avait rien demandé. Plus anecdotique mais bien marrant aussi (surtout la gueule et la démarche de l'alien, oscillant entre le raté et le plutôt cool). Tout ça se finira avec un segment presque entièrement dédié à notre Zavata au sourire si accueillant, le dénommé Bozo les chicots, qui va se montrer sacrément efficace dans le découpage à tout va et la blague pas drôle (ben ouais, on est moins réceptif la tête tranchée..). Tout ce joyeux bazar est monté sous la forme d'une vieille VHS avec parasites et sauts d'image à la clé et relié par la dénommée Sarah, impuissante spectatrice qui va peu à peu se demander si ce qui se passe dans le film ne pourrait pas déborder un peu, genre dans son salon.. Bozo va d'ailleurs nous gratifier d'une scène sacrément rusée à la toute fin (attendez bien que le générique démarre surtout..) et qui arriverait presque à nous foutre les poils. Plutôt bien vu. Pour le reste, on a du gore (pas mal), des monstres (certains réussis d'autres tout caca), un Clown bien flippant, une musique à la Carpenter qui souligne bien le côté glauque des images et quelques éclairs de génie qui méritent le détour (la femme tronc, le boucher dans le sous-sol et surtout Bozo à la fin avec les enfants mais aussi dans la séquence post-générique..). Un tout petit budget qui fait plutôt du bien par ou il passe et qui surtout n'essaye jamais de péter plus haut que son cul (d'ailleurs le Clown il peut même pas sentir des oreilles, il en a pas...).

"All Hallow's Eve" est une première réalisation sympatoche de Damien Leone qui nous prouve que même si il a encore des choses à apprendre, est en tout cas un véritable amoureux du genre et un bon artisan en devenir. Une bonne petite surprise qui se regarde très bien en cette période de blockbusters coincés du cul et sans saveur. Un film avec pas mal de défauts mais aussi d'indéniables qualités, la première étant la générosité.. Et rien que ça de nos jours, ben ça s'applaudit..
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