Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Pumpkinhead 4, les sacrifiés – Michael Hurst – 2007

Synopsis:
Deux familles se livrent depuis des années une lutte sans merci nourrie par une haine féroce les uns envers les autres. Les Hatfield et les McCoy se détestent et voient d'un très mauvais œil l'histoire d'amour naissante entre deux de leurs membres, Ricky et Jodie. Un soir de brouille, la sœur de Ricky est tuée accidentellement et va déclencher une vengeance d'outre-tombe qui ne laissera personne s'en tirer...

L'avis de David:
Dernier épisode d'une saga instaurée par Monsieur Stan Winston il y a de cela 30 ans maintenant, ce "Pumpkinhead 4, les sacrifiés" reprend les ingrédients sans sortir des clous et devient un film à la sauce Syfy qui à l'époque n'avait pas encore touché aux requins volants et autres bouillies numériques cartoonesques. Qu'on soit clairs dès le départ, l'histoire ne change pas d'un iota et même la créature est réutilisée sans trop de retouches il me semble. Et grand bien leur en a pris tant Winston avait fait (comme d'habitude) un boulot incroyable. La répétition de l'histoire en changeant les lieux et les personnages fait cruellement ressembler ces suites à des nouvelles AREDIT qui auraient pu être issues de recueils comme "Il est minuit l'heure des sorcières" ou "Spectral"; un bon point donc. Je sais par expérience que certains d'entres vous ont déjà à moitié tourné les talons en lisant "production Syfy" et je ne vais pas les blâmer.. Mais attendez! Tournez de nouveau l'autre moitié et refaites moi face (vous gourez pas de sens et faites le en simultané si vous ne voulez pas vous péter la gueule...), nous sommes face au gratin des chasseurs de requins; braves gens, Pumpkinado n'aura pas lieu! Nous retrouvons donc notre tête de citrouille préférée, encore dérangé par un jeune garçon amoureux qui aimerait bien voir sa belle famille transformée en hachis Parmentier (ambiance garantie au mariage). Le Roméo & Juliette du gore. La sorcière est également de retour (fallait bien planter la petite graine) encore plus flétrie qu'avant et Lance Henriksen (qui s'est paumé entre deux plateaux) nous la joue fantôme traînant sa chaîne à boules (oui, en théorie il en a deux), racontant à qui veut bien l'entendre que tout ça c'est pas bien et que tout le monde va mourir. La routine quoi. Reste une créature hyper bien foutue (et sans numérique cette fois, le troisième ayant déjà joué la carte du ridicule), filmée de jour comme de nuit (ce qui rend honneur au fantastique boulot de Winston) qui semble bien plus énervée qu'à l'accoutumée. Autant le dire tout de suite, ça charcle à tous les étages et il est très rare de voir autant d'effets gores dans un film de cet acabit. Tête écrasée, arrachée ou tout bonnement éclatée à coup de tatane (et quand on chausse du 55 fillette, ça prend tout de suite une autre dimension), éventrations, arrachage de divers membres (ou de membres divers c'est comme vous le sentez), le situation dégénère rapidement pour le plus grand plaisir du spectateur avide de sang frais avant une apothéose finale qui aligne un body count sacrément conséquent. Bref, ça vole pas haut, la réalisation est anecdotique (tout en restant proprette) et les acteurs mauvais (voir très parfois) mais c'est en même temps diablement jouissif, fun et généreux. Le petit film parfait pour une Grim-soirée en somme (ou ailleurs...d'ailleurs).

En voilà une petite série B/Z sans prétention qui se laisse déguster comme un vieux popcorn retrouvé au fond du canapé (la chiasse en moins). Court, fun, arborant une créature du plus bel effet et des trucages gores à la pelle, ce quatrième et dernier (pour l'instant) opus de Pumpkinhead remplit le cahier des charges non sans un certain brio. Rien de transcendant mais un spectacle honorable qui fera passer un agréable moment aux fans de "Creature-Feature". Dispensable mais tellement sympathique!

Critique: The monster – Bryan Bertino – 2016

Synopsis:
Une mère et sa fille devant faire route ensemble alors qu'elles se détestent, croisent le chemin d'une créature féroce qui les attaque en pleine nuit au beau milieu d'une forêt. Kathy et Lizzy vont devoir lutter pour combattre ce monstre qui semble bien décidé à les emporter toutes les deux.

L'avis de David:
Vendu un comme un film de monstre à l'ancienne (je ne sais pas pourquoi mais la jaquette du DVD Français me fait énormément penser au "Prophecy" de Frankenheimer), ce nouveau film du réalisateur du plutôt bon "The strangers" avait tout pour plaire. Un gros monstre plein de dents, une forêt perdue dans la nuit noire, deux héroïnes obligées de passer outre leurs différents pour survivre, une musique minimaliste qui pose une ambiance à la fois morbide et mélancolique, bref, du très convenu mais du roots qui promettait une jolie baston sans fioritures. Un mariage de peur et d'attaques bourrines comme il en fleurissait dans nos chères années 80. Sauf que là on a confié l'organisation de la cérémonie à un pseudo Lars Von trier essayant tant bien que mal de copier la fameuse rhétorique chère à Fulci (qui est vraiment le monstre?) à grand coups de dialogues chiants, d'attente interminables et de pseudo caractérisation à base de flashbacks métaphoriques qui nous en collent plein le dos à la vitesse d'un lapin sous viagra. Néanmoins, le film n'est pas dénué de points positifs. C'est bien filmé, ça on ne peut pas le nier. Le cadre est très propre, l'action toujours lisible, la photo (sombre) fait le job et certains plans bercés par quelques notes au piano nous embarquent dans un voyage destination nulle part (les accords semblent raisonner dans la nuit, comme si l'obscurité n'avait pas de fin). Le monstre fait également parti des très bonnes surprises et même si on sent que le budget a dû être sacrément serré (c'est un costume plutôt qu'une animatronique complexe) son design claque et les apparitions finales font vraiment bien le job. Mais le problème est là.. Il va falloir patienter jusqu'au final. Ça peut être très long 1h25... Surtout quand on nous abreuve d'allégories maladroites censées nous faire comprendre que la violence envers les enfants est un monstre, que l'alcool nous rend monstrueux ou encore lorsqu'on essaye de nous faire croire que ce qui nous fait le plus peur c'est ce qu'on ne voit pas (encore une); tu m'étonnes, surtout quand on a pas le choix et qu'il faut bien faire avec le budget qu'on a. Trop de suggestion tue la suggestion encore plus quand on a pris une sacrée lampée de suggestion, verbale celle là, juste avant. Bertino nous gave donc de vide, transpose son monstre à tous les maux de la terre, le tout en essayant de faire passer ça pour de l'intimisme au lieu de nous divertir. Pour un film de monstre qui se dit "à l'ancienne", c'est ballot et particulièrement hors sujet. Alors oui, la fin nous explique que le film a un cœur et que tout fini par s'arranger, qu'on grandit grâce à ce que l'on vit.. Mouais mouais. Moi j'ai passé l'âge...

Quand on vous vend un truc bien terroir, à l'ancienne, et qu'on se retrouve devant un film qui essaye de se la jouer intellectuel version bas du front, forcément on est déçu. Reste quelques plans sympas, un monstre bien fait (mais qu'on voit trop peu) et un final qui nous sort un peu de notre torpeur pour sauver "The monster" du naufrage. La prochaine fois Bryan, concentre toi sur ton monstre ou sur une monstrueuse tranche de vie; mais n'essaye surtout pas de mélanger les deux, ça file la gueule de bois...

Critique: Feast – John Gulager – 2005

feastSynopsis:
Un petit groupe de Texans passe une soirée comme les autres au fin fond d'un bar dans le désert. Leur routine va pourtant être sacrément chamboulée par l'arrivée d'une meute de créatures assoiffées de chair humaine. Échappées d'une base militaire non loin de là, elles sont bien décidées à dévorer tout ce qui passera à proximité de leurs incisives...

L'avis de David:
Et elles sont nombreuses les incisives.. Mais on y reviendra.. "Feast" est le premier d'une série de trois films réalisés par John Gulager, fils de Clu Gulager (oui oui, le Burt du cultissime et inégalé "Retour des morts-vivants (critique ici)" de Dan O'Bannon) qu'on retrouve d'ailleurs au casting (le barman). Bon le mec a aussi commis "Piranha 3DD (critique ici)" suite du remake d'Alexandre Aja qu'on appréciera plus ou moins selon notre degré d'alcoolémie... Autant dire qu'on pouvait s'attendre à un sacré carnage ou tout au moins à un vache de bordel organisé. Meuh Et bien on ne sera pas déçus! Sorte de mix entre "Une nuit en enfer" de Rodriguez et.. je sais pas en fait, "Feast" ne s’embarrasse pas d'un scénario, c'est le moins qu'on puisse dire. On est tout de suite dans le bain (de sang) et c'est tant mieux puisque c'est ce qu'on était venu chercher. On notera quand même un générique topissime avec une présentation des protagonistes façon BD et une bonne grosse dose d'humour gras pour la description de chacun; goûtu comme un beignet de la veille. Autre point positif, on ne sait jamais sur qui on va pouvoir compter tant les prétendants au poste de héros du jour se font dessouder vitesse grand V, et ça c'est chouette! Puisqu'on parlait beignet, préparez vous tout de même à le rendre tant le tout est filmé en plans serrés et bouge dans tous les sens dès que l'action s'emballe, c'est à dire souvent. En même temps, si vous voulez garder les meilleurs morceaux, serrez les dents.. Oui je sais, mais je me mets au niveau comme ça vous êtes prévenus.. Parce que oui, on rigole souvent dans "Feast", parfois involontairement (ou nerveusement c'est selon) mais fréquemment de bon cœur surtout si on aime l'humour bien lourd et ras des pâquerettes, ce qui est mon cas... Les créatures sont très bien faites, ont de la gueule et y a un max de dents dedans.. (relisez les derniers mots de plus en plus vite et vous rendrez le deuxième beignet..); et on en arrive au gros point positif de ce délire B/Z foutraque, le gore. Là, Gulager fait très fort et nous assène quelques moments bien crades qui finiront d'aller chercher le gâteau rond huilé (je voulais pas ré-écrire beignet.. ah merde je l'ai fait..) si il n'était pas déjà venu.. Vomi en pleine gueule (asticots à la clé), découpage de membres, arrachage de tête et j'en passe et des meilleures (le forniquage des monstres est bien cul-culte aussi).. L'action repeint les murs la plupart du temps et garde le cap d'un humour noir vraiment fendard (la blonde qui se casse en laissant les autres dans la merde m'a tuée..). Une bonne poilade donc, généreuse à souhait et calorique à mort, qu'on imagine tournée avec pas grand chose même si c'est produit par Wes Craven, Ben Affleck et Matt Damon... A consommer avec modération donc, mais à consommer quand même!

"Feast" est un curieux mélange tantôt savoureux, tantôt écœurant. Un gros éclair à la crème qu'on culpabilise de manger mais qu'on savoure tout de même lorsque l'on y plante nos dents (sans oublier la monstrueuse éructation qui accompagne le festin). Dommage d'avoir retenu le principe de la caméra à l'épaule rendant l'action très (trop) confuse dès que ça s'anime un peu (c'est à dire pratiquement tout le temps). On gardera donc de belles créatures au design réussi, de l'humour, du trash, du gore qui tâche juste comme il faut et on oubliera les faiblesses évidentes du film... Grim validé!
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