Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: The Void – Jeremy Gillespie – 2017

Synopsis:
Lors d'une patrouille de routine, l'officier Daniel Carter trouve un jeune homme blessé sur le bord de la route. Couvert de sang, celui-ci semble sérieusement avoir besoin de soins; Carter le conduit donc à l’hôpital. Peu après son arrivée, le personnel du centre commence à se transformer en créatures monstrueuses. L'officier va prendre la tête d'un groupe de rescapés et tenter de survivre à une nuit qui s'annonce cauchemardesque.

L'avis de David:
Étrange croisement que ce film mitigé cochon d'inde, sorte d'ovni mélangeant le survival au film de monstre, en rajoutant une large louche d'horreur avec quelques "marcheurs" décharnés et une espèce de pseudo gourou tout rouge bien décidé à peler la tronche de tout le monde. Étrange (oui je sais je l'ai déjà dit), mais diablement efficace puisqu'on est littéralement happé par le récit dès que les ennuis commencent (c'est à dire très vite). Plein d'effluves diverses sont venues se rappeler à mes narines à la vision de cette série B culottée. "Hellraiser" bien sûr (je ne spoilerai pas mais l'analogie est évidente), "The thing" de Dieu Carpenter avec ses monstres visqueux et difformes mais aussi "L'au delà" de l'autre Dieu Fulci (la scène de la morgue avec les morts qui se relèvent m'y a furieusement fait penser) ou encore l'oeuvre de Lovecraft et ses tentacules sortant de tous les orifices. Gavés de références jusqu'à la moelle, "The Void" ne fait jamais tâche et malgré un budget qu'on imagine rachitique (ou en tout cas pas loin d'égaler celui de la cantoche d'un Bruckheimer), se permet de nous asséner un paquet de scènes gores sacrément impressionnantes (et toutes réalisés en live, comprenez sans numérique ou presque). Même les monstres (nombreux) sont réussis et affichent un niveau de dégueulasserie qui faisait cruellement défaut aux dernières productions du genre. Alors, on le tient notre film de monstre du 21ème siècle? Oui et non, le tout n'étant pas exempt de défauts quand même. La réalisation est le poste qui pèche le plus dans cet océan de bonnes intentions. Pourquoi se priver de filmer de bons gros monstres bien baveux vous me direz, il vaut mieux les plonger dans la pénombre.. Mais si, pour la sacro-sainte peur ma bonne dame. Résultat, le premier monstre (qu'on DEVINE sublime, ce qui est d'autant plus rageant) n'est que très peu visible, le pompon revenant à l'immense machin de la fin qui ne se verra montré que par petits bouts, ce qui fout une bonne partie de l'effet en l'air.. Au rayon déconfiture on citera aussi un scénario ultra light qui se permet en plus de nourrir des séances de blabla totalement futiles qui de toute façon ne vous apprendront rien. Bon ok, j'avoue, je ne peux pas être vraiment méchant envers un truc aussi respectueux d'une période tellement chère à mon cœur. Accusez moi d'excès de nostalgie si vous voulez mais même si les défauts sont bien là, le tout est suffisamment user-friendly pour me mettre dans sa poche. Au moins on ne s'ennuie pas et certaines scènes envoient vraiment le stock de tripailles à la gueule du spectateur; rien que pour ça le film mérite toute ma bienveillance... Tant pis si le tournant pris en fin de bobine aurait mérité une chicane supplémentaire pour éviter la sortie de route et l'enlisement de l'intrigue.

Gentillet et respectueux jusqu'au bout des ongles, "The void" sait aussi se montrer méchant quand il s'agit d'aligner les monstruosités baveuses et dégoulinantes (et certainement odorantes aussi mais ça on pourra pas vérifier). Dommage qu'il se prennent les pattes dans le maquis en oubliant de nous montrer ses créatures plus en détail (qui semblaient pourtant superbes), faisant du coup reposer son succès sur un scénario bancal qui n'en demandait pas tant. Malgré tout un bon divertissement gore qui ne franchira pourtant pas les portes de la postérité des films qui en ont dans le pantalon (culotté donc, pas burné).. 

Critique: Graduation day – Herb Freed – 1981

Synopsis:
Un mystérieux tueur semble prendre pour cible les étudiants d'une université lors d'une compétition de course sur 200m (promis je n'invente rien); université qui fut par le passé le théâtre de la mort d'une étudiante précisément lors de cette course. Le tueur connaissait-il la victime (warf), cherche-t'il à la venger (même si c'était un accident, le con)?..

L'avis de David:
A l'époque bénie de la sortie des premiers "Vendredi 13" (et avec le succès qu'on leur connait), nombre de jardiniers ont voulu savoir si l'herb était plus verte ailleurs (non non, y a pas de faute, juste une vanne à deux balles), chiper sa part du gâteau, bref, produire un slasher histoire de marcher dans les pas du patron (et engranger des brouzoufs par la même occasion). Les mecs rivalisaient d'ingéniosité en essayant de transposer le mythe du tueur d'ados dans à peu près toutes les situations de la vie quotidienne. Il y a eu les camps de vacances (facile je vous l'accorde), les bals de fin d'année, le théâtre, le train fantôme, les rêves (là c'était fort) et... et... la course sur 200m; ben ouais. Toutes les scream-queens de l'époque passaient leur temps à courir dans tous les sens (sûrement parce qu’elles avaient un gros moche avec une hache au popotin en même temps) autant les mettre en compétition. Tous en survêtement et direction la piste d'athlétisme, ça va transpirer dans les slibards. Bon pas trop en fait, il va plutôt falloir prévoir quelques litrons de café tellement le truc est mou et soporifique. 1h00 de dialogues insipides et de situations toutes plus cocasses les unes que les autres (comment il pourrait en être autrement avec un pitch pareil), 20 minutes de gros plans sur les popotins de coureuses en short qui se changent, se rasent (!) ou forniquent avec le premier venu et 10 minutes de meurtres aussi gores qu'une émission culinaire avec Maïté. Sacré programme qui va nécessiter quelques stéroïdes pour être supporté. On est pourtant sur une production Troma (Rated R en plus) qui nous avait habitués à bien mieux dans le genre ("Girls school screamers","Mother's Day" ou encore "Christmas Evil"). Si au moins on avait matière à se marrer, mais même pas, le film arborant un style premier degré du plus mauvais goût (ça se prend au sérieux sans en avoir les moyens) qui l'empêche de s'assumer comme le slasher gore grivois qu'il devrait être. Enfin gore, soyons lucides.. Une poignée de meurtres à se mettre sous la dent et pas un seul ne vous fera renvoyer vos carbonaras de la veille. Un timide coup de couteau hors-champ avec une zouli traînée de sauce tomate, un cou en plastique transpercé par une pointe, une tête coupée surpeinte en blanc qui donne l'impression que le cou du mec a explosé tellement il a sniffé de coke coupée à la nitroglycérine... C'est pas vraiment la joie. Reste un charme propre aux années 80 qui titillera la corde sensible des nostalgiques, Christopher George (à peine remis de ses "Frayeurs" Fulciesques) qui ne sert à rien mais fait le job, du cocasse sans le vouloir (matez moi le petit extrait qui doit traîner quelque part à droite) et un twist final qui relève un peu le niveau avec sa glauquitude assumée (même si on retrouvera l'idée bien mieux exploitée un an plus tard dans "Happy Birthday to you").. Insuffisant pour passer un agréable moment mais juste assez pour se remémorer ces chouettes années qui semblaient bien plus amusantes dans nos souvenirs. Merde, vous croyez qu'on vieilli et qu'on fera bientôt partie de la secte des vieux cons grincheux qui n'aiment rien? Bon tant pis (imaginez trois petites notes électroniques sur ce début de phrase), je relance la galette on verra si je change d'avis.. Galette au passage de très bonne facture, aussi bien pour le film dispo en VOST et VF que pour le packaging très réussi de l'ensemble, on n'en attendait pas moins de Uncut movies qui nous soigne à tous les coups (et ceux là ils sont permis).

Encore un slasher tout droit sorti de la période bénie des Jason et consorts qui aurait mieux fait d'y rester. C'est mou, chiant, pas marrant et surtout pas gore pour un sou. Reste un charme qui pourra titiller les plus nostalgiques (ou les fans d'athlétisme) et un achat obligatoire pour les collectionneurs avides d'inédits sulfureux désirant compléter leur DVDthéque. Les autres, vous êtes prévenus...

Série TV: Stranger Things Saison 1 – Duffer Brothers – 2016

Synopsis:
Un soir de Novembre 1983, un jeune garçon prénommé Will disparaît aux alentours de la petite ville de Hawkins. Sa mère, convaincue qu'il se cache et qu'il est toujours en vie, le cherche sans relâche. Son frère sa bande de copains et le chef de la police vont peu à peu unir leurs forces afin de le trouver et vont découvrir de bien vilaines choses jusqu'ici dissimulées par le département de l'énergie du gouvernement...

L'avis de David:
Du temps. Oui j'ai mis du temps à entamer cette série dont tout le monde parlait depuis quelques temps (justement). A la ramasse Grim, comme d'habitude vous me direz, et vous seriez méchant mais tellement dans le ton. Et puis je ne suis pas vraiment série moi, je l'avoue... Mis à part les "Masters of Horror", "Fear itself", "Les contes de la Crypte", "La quatrième Dimension", "Walking Dead"... Ah merde, en fait je suis un peu série quand même finalement... Bon bref, j'ai mis le temps à démarrer mais une fois la machine lancée un tout petit weekend m'aura suffit à visionner les 8 épisodes de cette première saison qui restera dans mon cœur. Tout respire l'hommage à cette période que j'adule tant: les sweats criards, les synthés retentissants (mention spéciale à Kyle Dixom et Michael Stein qui nous offrent une bande son électro de toute beauté), l'avènement de "Star Wars", John Carpenter, les films d'aventures fantastiques de Spielberg, John Carpenter (je l'ai déjà dit?)... Tout, je dis bien tout, nous replonge dans cet âge doré qui nous allait si bien. "Stranger Things" est une de ces rares séries qui parvient à vous accrocher, à développer des essors narratifs carrés, des personnages dessinés et ce sans jamais vous ennuyer. Tout repose sur la gestion méticuleuse d'une multitude de fils conducteurs (les acteurs de l'histoire sont nombreux), véritable chemin de croix traçant l'histoire peu à peu sans jamais nous perdre et surtout en nous laissant nous attacher à chacune de ces bobines à notre rythme. Une gageure. Ajoutez à cela une pincée de paranormal (une grosse pincée hein, genre bien généreuse), de la SF, un gros monstre tout baveux (et sacrément bien foutu) et des clin d’œils à la pelle (surtout pas l'inverse) à des perles comme "Alien" (un agent s'appelle O'Bannon), "Les Goonies" ou encore "Stand by me" (si vous essayez encore d'inverser pour la vanne gore juste avant laissez tomber). Si on pousse un peu plus loin l'analyse, on remarquera les uniformes des policiers de Hawkins, semblables à ceux d'Amity Island dans "Les dents de la mer" ou encore la police de caractère du titre qui était celle utilisée pour tous les romans de Stephen King sortis dans les années 80 (et je ne parle même pas des affiches des films de Carpenter et Raimi). On s'amuse, on pleure, on rit mais on est pas au pays d'une blonde à couettes et ce mélange délicat d'émotions diverses fonctionne à plein régime sans jamais nous laisser sur le carreau. Les acteurs sont bons avec une mention spéciale à la bande de copains, immédiatement attachants, et à la toute jeune Millie Bobby Brown qui illumine le cadre à chacune de ses apparitions. Au rayon des effets à sensations, le job est une nouvelle fois bien fait avec un mélange CGI/Prothèses suffisamment propre pour ne pas nous crever un œil (sans la pelle cette fois). Au rayon des déceptions on ne déterrera pas grand chose du monde à l'envers; Winona Ryder qui en fait peut-être un poil trop dans l'hystérie par moment mais ce serait vraiment pour chipoter. La seule vraie raison de pleurnicher se trouve être l'arrivée du générique final qui sonne le glas d'une première saison riche en émotions qui nous en aura fait voir de toutes les couleurs.

"Stranger Things" est une véritable déclaration d'amour aux années 80. Netflix nous propose là un véritable petit bijou qui va titiller la corde sensible des nostalgiques que nous sommes mais pas que.. Tout le monde trouvera son compte dans cette farandole sucrée/salée mélangeant les genres avec un brio et une facilité qui forcent le respect. Vite, la saison 2 (31 Octobre 2017 aux dernières nouvelles) ..