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Critique: The Autopsy of Jane Doe – André Øvredal – 2016

Synopsis:
Tommy Tilden et son fils, Médecins légistes, se voient confier le cas de "Jane Doe" (nom désignant une personne sans identité), une femme morte de manière bien mystérieuse. L'autopsie, qui devait être une formalité, va se révéler de plus en plus troublante tout au long d'une nuit qui pourrait bien être la dernière..

L'avis de David:
Et vlan, revoilà le spectre du film que tout le monde a aimé et qui plane au dessus de ma tête comme un pigeon constipé depuis 3 semaines. Vais-je encore me prendre une omelette de caille en plein visage ou la peur daignera-t'elle enfin me titiller les orteils de la même manière que pour les autres spectateurs qui semblent avoir été terrifiés au gré des projections (du film hein, on oublie le pigeon là). Même Stephen King, très en vogue en ce moment, a semble-t'il dû être accompagné pour assister à la séance, c'est dire. Après avoir chassé les trolls à coups de boulettes saveur caca, le réalisateur au nom de meuble s'attaque donc à la possession diabolique et nous vend un truc qui promet des révélations plus ou moins flippantes sur une nana bizarre que personne ne semble connaitre. Pas mal. Bon j'ai déjà une petite réclamation complètement insignifiante et surtout qui ne sert absolument rien mis à part peut-être à me soulager en libérant ma connerie: pourquoi diable avoir traduit un titre Anglais par un titre Anglais..? Passons, et intéressons nous au nerf de la guerre, celui qui frétille à la seule évocation d'une porte qui claque, toujours prêt à nous dresser les poils les uns contre les autres. Le début commence plutôt bien; des personnages intéressants, bien joués et un joli emballage qui met l'eau à la bouche (générique top sur fond d'autopsie bien crado, musique qui claque et morgue filmée amoureusement appuyée par une photo de toute beauté). Raaaahhh, je vais aimer là c'est quasi sûr, en tout cas ça part très bien. Les phénomène bizarres commencent à survenir et tout semble monter crescendo jusqu'à un véritable déferlement de... ben rien justement. Comment ça, qu’ouïe-je? Dans quel étagère? On va vous épargner un suspense inutile tout de suite. Mis à part apprendre que c'est une sorcière (et on se demande bien comment, le héros semblant avoir fait tourner la roue des réponses toutes faites juste avant), vous ne saurez quasiment rien sur cette "Jane Doe" qui parait pourtant bien revancharde. Rien, nada, peau de balle. Le scénario a sûrement dû être écrit sur un coin de table (au sens propre comme au sens figuré) et le réalisateur n'essaye même pas de nous faire passer ce bout de bois indigeste en l'agrémentant de sursauts bien sentis ou d'apparitions fantomatiques à glacer le sang; non... Juste des zombies à la con, des péripéties à la con et surtout des incohérences à la pelle/con (le mec qui se casse 72 côtes et qui continue à courir comme un dératé). N'attendez rien non plus de la fin, vous n'aurez droit qu'à un vulgaire twist éventé comme les dessous de bras de Freddy lors du lavage hebdomadaire de son pull à rayures et rien de plus.. On se fout de tout et surtout de nous. Aucun cheminement, des personnages qui ne servent à rien, une histoire inexistante et des frissons qui ne dépasseront pas le frétillement d'un pet un soir de gastro, absolument tout est réuni pour qu'encore une fois je me fasse un maximum d’ennemis tant le film semblait avoir été apprécié par le plus grand nombre. On sauvera juste deux trois effets gores à l'ancienne ça et là mais guère plus. Bref, je dois décidément avoir des goûts de chiotte et présenter un penchant pour le sadomasochisme tant je m'obstine à y croire à chaque fois (et à chaque fois c'est la dégringolade). Promis pour la prochaine je me sélectionne un bon Z rital qui tâche; ça me donnera au moins l'occaz de me marrer...

Je me suis encore une fois excité tout seul dans mon coin pour hériter au final d'un pétard mouillé aussi vide que mon compte en banque après le passage du trésor publique. Quelle déception. Un néant abyssal qui ne sert absolument à rien mis à part tuer 1h26 de votre temps de vie à grands coups de bistouri dans la rétine. En tout cas moi, les incontournables, demain j'arrête...

Critique: C.H.U.D. – Douglas Cheek – 1984

Synopsis:
En 1977, le très sérieux New York Times fait état d'une colonie de SDF vivant dans les tunnels sous la ville. Des rumeurs signaleraient que ces mêmes tunnels seraient devenus un lieu de choix pour certains industriels peu scrupuleux afin d'y déposer leurs déchets toxiques. Peu à peu, des disparitions inquiétantes attisent la curiosité d'un inspecteur et du responsable d'un foyer pour sans abris.

L'avis de David:
Oui je sais ce que vous allez me dire. La nostalgie empeste toute cette critique tellement fort qu'on la sent même sur les onglets d'à côté... C'est pas totalement faux. C.H.U.D. ("Cannibale Humanoïde Usurpateur Dévastateur" ou plus trivialement "Cradoquerie Humaine Ultra Déformée *et moche *et cannibale *et moche") distille ce doux parfum des années 80; l’insouciance, les dérives gores, la musique synthétique, les dialogues parfois totalement à côté de la plaque (d’égout?).. Une recette qui fonctionne chez moi à fond les ballons et fait automatiquement grimper le capital sympathie d'à peu près n'importe quel film. Bon, ne nous fâchons pas. Les acteurs (malgré un paquet de trognes connues comme John Heard, Daniel Stern ou encore John Goodman l'espace de quelques minutes) font ce qu'ils peuvent mais sont souvent à la limite du potache (le flic dont la femme a disparu et qui finalement ne montre un poil d'énervement que sur la fin..), le rythme est plombé par un tronçon central rempli de blabla et d'aller-retours totalement inutiles, certaines incohérences sont au moins aussi dévastatrices que les créatures du titre et pourtant... On ne s'ennuie pas (ou pas trop en tout cas). Le sujet (qui égratigne frontalement l'Amérique de Reagan) a le mérite d'être encore "presque" d'actualité et les créatures (même si elles ont fatalement vieillies et qu'elles n'interviennent que tardivement dans l'histoire) font toujours leur petit effet à grand coup d'appel de phares (un clignement d’œil et l’électricité de tout le quartier devait être à plat). Le gore n'est pas en reste avec quelques découpages/dépeçages à l'ancienne (le réalisateur ayant tout de même une fâcheuse tendance à nous montrer surtout le résultat plus que l’exécution) et la tension est assurée au travers d'une poignée de scènes dont celle de l'attaque dans l'appartement (la séquence introductive du petit garçon qui joue devant la porte de la cave juste avant l'arrivée des monstres fait toujours mouche). On ne passera également pas sous silence l'excellente bande musicale typée années synthé et soulignant avec brio la glauquitude de certains plans. Bref, pas grand chose à en dire mais 33 ans après le truc passe toujours comme un bon burger bien gras qu'on arrive tout de même à digérer avec le sourire. Il y a peu, Rob Zombie avait montré de l'intérêt pour nos SDF atomiques dévoreurs de chair humaine et semblait même disposé à réaliser un remake. Très curieux de voir quelle sera sa vision de la chose et si le contexte siéra encore à merveille à notre belle époque bio (c'est marrant, avec le nucléaire et le changement climatique, je suis convaincu que oui.. C'est mon troisième petit doigt qui me le dit). A noter que le film avait remporté le prix du meilleur film fantastique, lors du Festival international du film fantastique de Bruxelles en 1985 (bon ok, ils avaient dû sacrément charger en moules et en Kriek). Petite anecdote qui n'engage que moi; les différentes affiches du film arborent toutes un look "troma" assez évident mais sûrement rien à voir avec le fait que notre ami "Toxic Avenger" devait débarquer sur les écrans quelques mois plus tard (une vague histoire de mec transformé par des déchets toxiques je crois.. Rien à voir je vous dit).

C.H.U.D. fait vraiment partie des péloches mésestimées que je ne peux pas m'empêcher d'aimer, même 30 ans après (des trucs comme "Humongous" ou encore "Mausoléum" pour ne citer qu'eux. Pas très bons mais tellement délicieux). C'est comme quand on va au fast-food. On sait qu'on risque l'indigestion (dans le meilleur des cas) mais on ne peut pas s'empêcher de se sentir bien quand on mord dedans.

Cours Court dans le passage, le temps passe si vite…

Au hasard d'une boite de réception, mon chemin a croisé celui de Fabien Montagner qui m'a gentiment proposé un petit voyage dans le temps en embarquant dans son court-métrage "Le passage". Il nous propose de suivre Faustine, une adolescente un peu solitaire, à qui il va arriver deux trois bricoles lors de la promenade dominicale de Médor (en fait il s'appelle Max mais c'était moins rigolo). Elle va se retrouver bien malgré elle (Max étant l'individu à blâmer; mais si,vous vous rappelez Médor?) happée dans un gouffre spatio-temporel et confrontée à quelques fantômes du passé. Je n'en dirais pas plus mais sachez que le tout est emballé avec un talent certain, joué de bien belle manière par une brochette d'acteurs convaincus et convaincants (Cindy Colpaert "Nos jours Heureux", Vernon Dobtcheff "Indiana Jones 3", Pierre Hatet,Fanny Capretta, Philippe Orel et Rainer Sievert). La lumière est belle, certains plans vous rappelleront quelques grandes envolées (j'adore les pigeons/colombes qui s'enfuient au claquement d'un dialogue de la scène précédente) et le final vous réserve même une petite touche poético-morbide (le tout sur fond de conflit de génération) du meilleur goût. Bref, pas besoin de tergiverser, Max ou Médor on s'en fout, l'essentiel étant de visionner cette petite perle que vous devriez trouver juste en dessous..