Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Resident evil chapitre final – Paul WS Anderson – 2016

Synopsis:
Alice est désormais la seule survivante de la bataille de Washington. Elle va devoir retourner dans le Hive à Raccoon City afin de combattre les dernières forces d'Umbrella Corporation. Aidée par un petit groupe de guerriers, elle va tout tenter pour mettre un terme à ce cauchemar (merci pour nous)...

L'avis de David:
Et une purge de plus pour Anderson qui n'en finit décidément plus de creuser; à ce rythme il devrait bientôt croiser l'Event Horizon, Lucifer qui prend un bain de lave avant de finir gentiment la tête dans le noyau terrestre à se friser les bouclettes. Je suis bon public, je vous jure que je suis bon public. Mais là, j'ai longuement hésité entre les pleurs et les rires.. Ou l'inverse d'ailleurs... Déjà que les précédents volets ne volaient pas très haut (ha ha), rien ne laissait présager un redressement de barre de dernière minute. Anderson n'a rien compris au jeu vidéo, ça c'est un fait. Etant moi même un joueur de la première heure des Resident Evil, je n'ai jamais pu comprendre comment on pouvait couler à ce point une histoire qui proposait pourtant une matière de départ simple mais diablement efficace. La transition avec le cinéma semblait évidente mais non, il a fallu nous rajouter de tout un peu partout sans oublier de bien édulcorer le goût pour que les moins de 13 ans puissent savourer aussi leur bonbon tout plein de sucre. Que les dents leur tombe à ces mécréants. Bref, je ne vais pas épiloguer (juste espérer que le reboot calé sur le récent Resident Evil 7 et produit par James Wan vienne sauver le monde), revenons à nos moutons vérolés et voyons un peu ce qui cloche ou ne cloche pas dans ce chapitre soit disant final. Déjà, Anderson est malade, c'est presque sûr. A voir comment sa caméra est devenue épileptique, je ne vois pas d'autre explication (a moins qu'une bonne grosse hémorroïde.. ou un cours de danse Africaine improvisé à même le set; mais dans ce cas fallait éteindre la caméra hein..). Le mec a voulu profiter de l'effet "Greengrass" mais en accentuant encore le mouvement (paye ta coke); autant vous dire que passées les 20 premières minutes (et les 20 comprimés d'aspirine qui vont avec) on s'habitue mais non, en fait on s'habitue pas. Deuxième flatulence gênante (et odorante) remarquée au visionnage, Paulo a mis en route la pompe à cerveaux. Ben oui, on retrouve pèle-mêle: le plagiat de sa propre série (le "Extinction" de Mulcahy, certainement le moins raté du lot) avec un début désertique à la Mad-max et une colorimétrie jaune-ocre qui donne chaud, un gros camion tout customisé qui semble tout droit sortir de "Fury Road" justement, des bastons à l'aveugle façon "Le livre d'Eli" et même une analyse de la situation avec pause incorporée qu'on devine délicatement suggérée lors du visionnage d'"Equalizer" d'Antoine Fuqua.. Pas joli joli tout ça. N'oublions pas de citer une Mila pas Jojovitch car jouant comme un manche de pioche (mention spéciale à l'émotion qu'elle fait passer en faisant trembloter sa lèvre inférieure), un scénario complètement crétin qui s’emmêle les pinceaux à sa propre lecture (le clone du clone du clone qui vient tuer l'original, fallait oser) et une batterie de CGI bien craignos qui assurent le spectacle avec gros monstres volants (hein?!), zombies en mode "World war Z" et chiens des enfers à la dentition encore sacrément efficace (complètement ratés au passage). Et n'attendez pas un gros monstre baveux en guise de clou du spectacle, il n'y en aura pas (à peine un recyclage du monstre volant du début en toute fin du métrage).La nasitude complète. Il y a pourtant bien une scène qui nous a redonné l'espoir, une incursion dans une sorte de boucherie dégueulasse et bien glauque, remplies de corps suspendus à des crochets.. On y aperçoit même un bout de tronçonneuse. Immédiatement on se dit qu'un énorme boucher démoniaque va débarquer et qu'on est en face du seul moment de grâce du film (tant pis, ça fait tellement de bien qu'on est prêt à pardonné un peu). Et ben non, patatras, c'est un vieux monstre numérique calqué sur celui de "Feast" de Gulager qui débarque.. La loose on vous dit. On notera un autre recyclage honteux avec la fameuse scène des lasers du premier volet, permettant à Jovovitch de sauter dans tous les sens en faisant des figures. Seul point positif, le film est un poil plus gore que les autres et nous assène même un broyage de gosse du plus bel effet (fallait au moins ça pour se faire pardonner). A non, j'en vois un autre de point positif.. C'est théoriquement le dernier (théoriquement on a dit)...

On s'y attendait mais cet ultime opus confirme l'indigestion provoquée par cette série entamée en 2002. Mal filmé, mal joué, mal écrit, bourré ras la gueule d'incohérences en tout genre, la recette pouvait encore être digérée après deux ou trois services. Au bout de la sixième assiette, la repeinte des murs est assurée. On espère finalement que le reboot prévu pour l'année prochaine sera sous de meilleures auspices et qu'il saura surtout revenir à l'essence même de ce qui a fait le succès du jeu-vidéo: la peur.
 

Critique: Tales of Halloween – Bousman/Marshall/McKee/.. – 2015

Synopsis:
La nuit d'Halloween est propice à la déambulation de ghoules et autres démons dans notre monde, se mélangeant à nous et tentant de piéger les plus vulnérables. Voici donc dix histoires racontées par dix réalisateurs différents qui prennent vie au travers de ce folklore macabre.

L'avis de David:
Le genre des "films à sketchs" n'est pas un genre qui a la vie facile. Entre les ténors du genre frôlant le génie pur ("Creepshow","Trick'r Treat","From a whisper to a scream") et les pires bouses innommables ("Creepshow 3"), difficile de se faire une petite place au soleil. Ce modeste "Tales of Halloween" y parvient pourtant en créant la surprise là où on ne l'attendait plus vraiment. Première constatation: sacrée brochette de réalisateurs! Darren Lynn Bousman ("Saw 2","Saw 3","Mother's Day"), Niel Marshall ("The Descent","Dog Soldiers"), Mike Mendez ("Gravedancers"), Lucky McKee ("Masters of Horror","May") mènent la danse aux côtés d'Axelle Carolyn, Adam Gierasch, Andrew Kasch, Dave Parker, Ryan Schifrin, John Skipp et Paul Solet. Ouf, j'espère n'avoir oublié personne! Et c'est sans compter les caméos de réalisateurs cultes comme John Landis, Mick Garris, Stuart Gordon ou encore Adam Marcus qui semblent s'être bien amusés en prêtant leurs trognes à certains protagonistes de ces mini fables horrifiques. Bref, du lourd. Attention, autant être clair tout de suite, on est loin des chef-d'oeuvre cités tout en haut mais l'essentiel est là: une passion de tous les instants qui anime l'ensemble et une envie de donner le maximum transpirant par tous les pores de la pellicule. L'esprit très "années 80" est ancré dans chaque plan, tout comme le plaisir de suivre ces histoires inégales, certes, mais diablement amusantes. On aura donc le droit pêle-mêle à de vilains tueurs bien moches et bien énervés (mention spéciale à celui qui affronte un extra-terrestre.. Original, marrant et ultra gore), des lutins monstrueux très joueurs (le segment avec John Landis, un des meilleurs), des citrouilles qui gobent tout sur leur passage ou même des sorcières fâchées toutes rouges avec des doigts fourchus; le tout saupoudré d'une bonne dose d'ambiance festive et de décors "Halloween style" qui vous donnent l'impression de feuilleter un bon numéro d'"Il est minuit l'heure des sorcières".. Vous reconnaîtrez bon nombre de bobines parmi les acteurs et tous semblent dans le ton. Même les enfants sont à l'honneur avec un segment particulièrement glauque rappelant à bien des égards des fleurons comme "De si gentils petits monstres" ou "Les tueurs de l'éclipse". Le tout est réalisé avec goût (fraise?) et se tient bien, baignant dans une ambiance festive plus qu'agréable. N'oublions pas de mentionner les effets spéciaux super efficaces (très peu de CGI à l'horizon ou alors vraiment discrets) réalisés à l'ancienne et faisant la part belle au gros gore qui tâche. Amateurs de resinet de tripes et de boyaux vous allez être servis, et copieusement. Éventrations, décapitations multiples et variées, découpages en tout genre.. Réjouissant. Et il y a même un segment qui parle d'un fantôme "Grim" ("Grim grinning ghost", je vous met au défi de ne pas sursauter pendant le visionnage), c'est pas la classe ça?

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu un film à sketchs aussi bon. Généreux, sans complexes et surtout martelant à chaque plan son amour du genre, "Tales of Halloween" est à ranger juste entre le mythique "Trick'R treat" et le cultissime "Creepshow". Un très bon moment, sans prise de tête, qui aurait largement mérité une sortie dans nos vertes contrées (mais il est dispo chez tonton Netflix hein).

Critique: Before I wake – Mike Flanagan – 2016

Synopsis:
Un jeune couple dévasté après le décès accidentel de leur fils décide de devenir parents à nouveau en adoptant un jeune garçon. Tout semblait bien se passer jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que des choses étranges se passent lorsqu'il s'endort. Ses rêves (mais ses cauchemars aussi) semblent prendre forme dans la réalité...

L'avis de David:
"Ahhhhhh jeune Flanagan.. La chance s'envole, l'esprit s'décolle mais il nous reste la picole".. Ok, j'aurais pu choisir meilleure introduction que cette strophe lâchée par un poète cuité tout juste sorti d'un cocktail, mais Tom m'en aurait voulu et en plus je l'aime bien moi Bryan Brown.. Bref, revenons à nos papillons et faisons l'apologie de ce réalisateur novateur maniant la caméra comme personne et réussissant à chaque fois à transformer la pellicule en or, quel qu’en soit le sujet. Après un "Ouija, les origines" de très haute volée qui avait réussi à nous coller les poils jusque dans le dos, Mike Flanagan remet le couvert et se tourne vers le drame intimiste à tendance fantastico-horrifique.. Parce que oui, nous ne sommes pas vraiment devant un film d'horreur, pas complètement en tout cas. Distribué par Netflix chez nous à grand renfort d'affiche dégoulinante et inquiétante, "Before I wake" trompe son monde et même si certains passages montrent bien la maîtrise du bonhomme dans l'art de nous faire changer de couche plus souvent qu'à l'habitude, l'essentiel n'est pas là, pas cette fois. Thomas Jane et Kate Bosworth font bien le job et donnent la réplique à un Jacob Tremblay ("Oppression") tantôt inquiétant, tantôt franchement touchant. Parce que oui, c'est là que la substantielle moelle tient toute sa saveur. L'histoire nous plonge littéralement dans l'univers de ce gamin perturbé en nous entraînant dans un tourbillon d'émotions qui va peu à peu nous empêcher de discerner le vrai du faux. Tout ça jusqu'à un final au twist déchirant, d'une tristesse immense, qui en plus de vous laisser sur le cul vous remplira d'une mélancolie qui en deviendrait presque apaisante. La métaphore avec les papillons est à ce propos d'une intelligence rare; colorés au début, symbolisant la vie, et devenant noirs lors de la progression du mal. Le tout est filmé avec une grande sensibilité et l'utilisation de certains effets propulsent quelques plans au panthéon du genre. Une musique tout aussi magnifique termine d'achever le pauvre spectateur venu trouver bonheur et on peut vraiment se demander comment on faisait avant Flanagan (avec les "Dans le noir","Annabelle" et consorts Blumesques). Pourtant, tout n'est pas totalement parfait. Le rythme, même si le film ne prétend pas envoyer la sauce à coups de grosse caisse et d'effets digitaux, aurait parfois gagné à être accéléré et certains passages raccourcis, mais je chipote. Quelques facilités auraient également pu être évitées, deux trois trous scénaristiques et un monstre qu'on aurait pu rendre encore plus effrayant (même si après avoir vu la fin on se rend compte qu'il arbore la pire des apparences, tellement familière...); rien de grave en somme mais un poil pubien ou pas bien qui empêche le film de venir se classer comme le tout meilleur de son auteur.

Encore une petite perle à ajouter au palmarès d'un réalisateur qui décidément les aligne. Un peu film d'horreur, un peu effrayant, terriblement touchant et laissant un goût de mélancolie après sa vision, "Before i wake" vaut largement le détour pour quiconque voudrait voir quelque chose de différent, de plus intime qu'à l'accoutumée. Bravo jeune Flanagan, vous l'avez fait. On dit souvent que pour devenir riche il ne faut rien offrir; et pourtant vous faites tout l'inverse (loi de Coglin)...