Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Cours Court dans le passage, le temps passe si vite…

Au hasard d'une boite de réception, mon chemin a croisé celui de Fabien Montagner qui m'a gentiment proposé un petit voyage dans le temps en embarquant dans son court-métrage "Le passage". Il nous propose de suivre Faustine, une adolescente un peu solitaire, à qui il va arriver deux trois bricoles lors de la promenade dominicale de Médor (en fait il s'appelle Max mais c'était moins rigolo). Elle va se retrouver bien malgré elle (Max étant l'individu à blâmer; mais si,vous vous rappelez Médor?) happée dans un gouffre spatio-temporel et confrontée à quelques fantômes du passé. Je n'en dirais pas plus mais sachez que le tout est emballé avec un talent certain, joué de bien belle manière par une brochette d'acteurs convaincus et convaincants (Cindy Colpaert "Nos jours Heureux", Vernon Dobtcheff "Indiana Jones 3", Pierre Hatet,Fanny Capretta, Philippe Orel et Rainer Sievert). La lumière est belle, certains plans vous rappelleront quelques grandes envolées (j'adore les pigeons/colombes qui s'enfuient au claquement d'un dialogue de la scène précédente) et le final vous réserve même une petite touche poético-morbide (le tout sur fond de conflit de génération) du meilleur goût. Bref, pas besoin de tergiverser, Max ou Médor on s'en fout, l'essentiel étant de visionner cette petite perle que vous devriez trouver juste en dessous.. 

Critique: Tales of Halloween – Bousman/Marshall/McKee/.. – 2015

Synopsis:
La nuit d'Halloween est propice à la déambulation de ghoules et autres démons dans notre monde, se mélangeant à nous et tentant de piéger les plus vulnérables. Voici donc dix histoires racontées par dix réalisateurs différents qui prennent vie au travers de ce folklore macabre.

L'avis de David:
Le genre des "films à sketchs" n'est pas un genre qui a la vie facile. Entre les ténors du genre frôlant le génie pur ("Creepshow","Trick'r Treat","From a whisper to a scream") et les pires bouses innommables ("Creepshow 3"), difficile de se faire une petite place au soleil. Ce modeste "Tales of Halloween" y parvient pourtant en créant la surprise là où on ne l'attendait plus vraiment. Première constatation: sacrée brochette de réalisateurs! Darren Lynn Bousman ("Saw 2","Saw 3","Mother's Day"), Niel Marshall ("The Descent","Dog Soldiers"), Mike Mendez ("Gravedancers"), Lucky McKee ("Masters of Horror","May") mènent la danse aux côtés d'Axelle Carolyn, Adam Gierasch, Andrew Kasch, Dave Parker, Ryan Schifrin, John Skipp et Paul Solet. Ouf, j'espère n'avoir oublié personne! Et c'est sans compter les caméos de réalisateurs cultes comme John Landis, Mick Garris, Stuart Gordon ou encore Adam Marcus qui semblent s'être bien amusés en prêtant leurs trognes à certains protagonistes de ces mini fables horrifiques. Bref, du lourd. Attention, autant être clair tout de suite, on est loin des chef-d'oeuvre cités tout en haut mais l'essentiel est là: une passion de tous les instants qui anime l'ensemble et une envie de donner le maximum transpirant par tous les pores de la pellicule. L'esprit très "années 80" est ancré dans chaque plan, tout comme le plaisir de suivre ces histoires inégales, certes, mais diablement amusantes. On aura donc le droit pêle-mêle à de vilains tueurs bien moches et bien énervés (mention spéciale à celui qui affronte un extra-terrestre.. Original, marrant et ultra gore), des lutins monstrueux très joueurs (le segment avec John Landis, un des meilleurs), des citrouilles qui gobent tout sur leur passage ou même des sorcières fâchées toutes rouges avec des doigts fourchus; le tout saupoudré d'une bonne dose d'ambiance festive et de décors "Halloween style" qui vous donnent l'impression de feuilleter un bon numéro d'"Il est minuit l'heure des sorcières".. Vous reconnaîtrez bon nombre de bobines parmi les acteurs et tous semblent dans le ton. Même les enfants sont à l'honneur avec un segment particulièrement glauque rappelant à bien des égards des fleurons comme "De si gentils petits monstres" ou "Les tueurs de l'éclipse". Le tout est réalisé avec goût (fraise?) et se tient bien, baignant dans une ambiance festive plus qu'agréable. N'oublions pas de mentionner les effets spéciaux super efficaces (très peu de CGI à l'horizon ou alors vraiment discrets) réalisés à l'ancienne et faisant la part belle au gros gore qui tâche. Amateurs de resinet de tripes et de boyaux vous allez être servis, et copieusement. Éventrations, décapitations multiples et variées, découpages en tout genre.. Réjouissant. Et il y a même un segment qui parle d'un fantôme "Grim" ("Grim grinning ghost", je vous met au défi de ne pas sursauter pendant le visionnage), c'est pas la classe ça?

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu un film à sketchs aussi bon. Généreux, sans complexes et surtout martelant à chaque plan son amour du genre, "Tales of Halloween" est à ranger juste entre le mythique "Trick'R treat" et le cultissime "Creepshow". Un très bon moment, sans prise de tête, qui aurait largement mérité une sortie dans nos vertes contrées (mais il est dispo chez tonton Netflix hein).

Critique: Friend Request – Simon Verhoeven – 2016

Synopsis:
Laura est cool, populaire, et ce ne sont pas ses 800 amis Facebook qui vont dire le contraire. En plus, Laura est sympa, et remarque une jeune femme isolée et solitaire pendant ses cours. Elle décide de faire le premier pas et de lui parler avant de l'ajouter à ses amis virtuels...

L'avis de David:
J'avais affûté le Katana, sorti ma plus belle plume, préparé les tomates bien pourries.. Bref, tout était fin prêt pour que je puisse atomiser ce nouvel étron sorti des écuries Hollywoodiennes semblant vouloir surfer sur l'engouement porté aux réseaux sociaux par notre jeunesse actuelle. "Unfriended" étant déjà passé par là (il parait que ça fait moins mal la deuxième fois), il ne me restait plus qu'à souffrir une heure trente et à déverser ma haine critique à grand coup de vannes lourdingues et de jeux de mots ras la ceinture. La routine quoi. Et bien croyez le ou non, j'ai finalement aimé "Friend Request"... Oui je sais, je vous déçois, moi aussi en fait.. Je m'étais tellement échauffé tout seul,préparé, conditionné même que la déception fut grande. L'histoire est bonne, voir même assez étonnante (le final), la tension est palpable (surtout dans la première moitié du film) et l’héroïne (non, elle ne l'est pas elle) sorte de Jennifer Love Hewitt période "Souviens toi l'été dernier" fait le job. La réalisation est carrée et Simon Verhoeven (aucun rapport avec Paul) semble aussi à l'aise pour poser son histoire que pour nous faire pointer sous le t-shirt avec quelques séquences de flippe bien troussées juste comme il faut. Mention spéciale aux flashs gore/glauques montrant des cadavres surexposés particulièrement dérangeants. L'idée de transposer le mythe de la sorcière à l'ère de l’électronique est également très intéressant et montrer la dangerosité de se surexposer sur les réseaux sociaux (notamment en acceptant/ajoutant de parfaits inconnus) fonctionne ici à plein régime avec une Marina Mills dérangée au point de faire vraiment peur (vous ne regarderez plus vos amis virtuels de la même manière). La fameuse sorcière envoie des rillettes au travers de plusieurs séquences et excelle dans l'art de la mise à mort. Au menu: éclatage de tronche ultra-violent dans un ascenseur, égorgement, piqûres de guêpes jusqu'à la mort, les réjouissances sont variées et une fois n'est pas coutume ne sont pas aseptisées ou filmées hors champ; que du bonheur. L'idée que chaque ami qu'elle ajoute est littéralement "emporté" par la faucheuse est délicieusement savoureuse et prépare la pirouette finale qui m'a pour une fois agréablement surpris (même si il va falloir faire fonctionner votre imagination pour recoller certains morceaux). Le message socio-culturel est clair et démontre par l'effroi que le cyber-harcèlement est un vrai problème et que notre addiction aux réseaux sociaux peut très vite nous conduire dans une impasse tant nous frôlons chaque jour sans le savoir quelques personnalités sombres ne cherchant pas forcément que notre amitié (sans parler de la notion d'isolement générée par la fracture sociale du "tout connecté"). Au rayon du moins bon on citera une seconde partie plus dispensable car virant assez nettement vers un nawak grand-guignolesque au classicisme assumé et quelques jump-scares bruyants qui ne s'imposaient finalement pas vraiment (même si je dois avouer que certains sont efficaces). Impossible également de passer sous silence l'incroyable morceau figurant sur le générique final (sublime au passage).. Composé par Gary Go, "The Beginning" est une messe noire electro aux forts relents Carpenterien faisant irrémédiablement penser aux Zombies/Cannibales flicks Italiens des années 80. Joie.

"Friend Request" est un petit plaisir coupable certes imparfait mais qui fait tout de même sacrément du bien. Glauque (certains flashs mettent vraiment mal à l'aise), dérangeant, violent et maniant avec astuce les codes de notre société sur-connectée, le film de Simon Verhoeven atteint son objectif (nous divertir) et mérite amplement son visionnage. Sans prétentions mais étonnamment bon.