Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Cauchemar à Daytona Beach – Romano Scavolini – 1981

daytonaSynopsis:
Un homme mentalement perturbé et victime de terribles cauchemars morbides s'échappe d'un institut psychiatrique. Il ère dans les rues, sans but, et jette son dévolu sur d'innocentes victimes qu'il massacre pendant ses crises de démence. Son attention se porte sur une famille de Daytona Beach à qui il va faire vivre un véritable cauchemar...

davidL'avis de David:
Fer de lance des fameuses vidéos-nasties si chères aux années 80, ce "Nightmare" de Romano Scavolini est toujours très difficilement trouvable sur notre beau territoire en version non censurée. Un zouli DVD est bien sorti il y a quelques années en double programme mais le film fut expurgé de presque tout ses excès gores, le transformant en une espèce de téléfilm neutre et sans saveur. Seul moyen de mettre la main sur le Graal, la VHS qui eut l'honneur de se voir proposer le film dans sa version intégrale ou à défaut, notre ami Internet qui saura pour une fois répondre à votre soif de sang frais (ben oui, pour le coup pas moyen de faire autrement vu qu'aucun distributeur ne propose cette version). Mais est-ce que ça vaut vraiment le coup ma bonne dame? Si on s'en tient au film lui même, je suis mitigé. D'un côté on a un slasher dérangé de facture plutôt correcte et qui se suit sans déplaisir (avec une bonne touche eighties que j'apprécie tout particulièrement) et de l'autre des dialogues et une interprétation qui font très mal et feraient passer certains délires télévisuels intimes pour de l'art (Ahhhh les confessions de NT1). Les acteurs oscillent entre le lombric et le parpaing et certaines répliques ne peuvent que déclencher l'hilarité parmi une audience qui n'en demandait pas tant d'un film avec un telle réputation. Et je passerai sous silence les grosses ficelles scénaristiques du genre "en posant la question à l'ordinateur, il me dit ou se trouve le tueur" qui ne prouvent qu'une chose: le réalisateur avait déjà inventé Google avant l'heure (ou ne savait pas comment s'en sortir et s'est dit qu'il s'en foutait, ce qui est plus plausible). Scavolini se rattrape heureusement dans le glauque et instaure une ambiance poisseuse qui colle aux bonbons dont on arrive difficilement à se débarrasser (la plongée dans le quartier du sexe est à ce titre très réussie). La folie du tueur fait peur et est transcendée par le seul mec qui joue bien, Baird Stafford (dont la carrière ne décollera pas pour autant), nous offrant une composition dérangeante d'un schizophrène ayant complètement perdu pied jusqu'au point de non retour. Alors, ce "Nightmares in a damaged brain" méritait-il son interdiction (et le passage par la case prison de son distributeur Anglais)? Oui et non. daytona_beach_saviniOn pourra toujours dire que le film a vieilli et qu'on est malheureusement désormais rodés à se délecter d'atrocités bien plus trash que ce qui nous est proposé ici (il suffit de suivre les actualités) mais je dois avouer que pour certaines scènes, l'aura sulfureuse fonctionne toujours. La plongée dans les bas fonds du début dévoile quelques plans osés dont un à la limite du pornographique et le déferlement de violence final nous en donne pour notre argent. Les meurtres sont gores, très gores (colonne vertébrale défoncée au piolet en gros plan, décapitation, égorgement..) et les trucages fonctionnent encore plutôt bien (un temps attribués à Tom Savini qui ne sera finalement crédité que comme consultant). Le fameux flashback qu'on a tous vu un jour ou l'autre via une bande annonce ou une quelconque anthologie de la VHS ("Terror Tape" par exemple) est à ce titre bien gratiné et cet enfant qui tue ses parents à la hache n'y va pas avec le dos de la cuillère (en même temps ça aurait été bien plus long).. Autre élément dérangeant, mais sans intention cette fois, le masque du tueur qui attise les braises d'une actualité que l'on sait tous effrayante... Mention spéciale aussi à ses apparitions, Michael Myersiesque, le dévoilant dans un coin du cadre là ou l'attends le moins et qui font froid dans le dos. Cerise sur le plan d'eau, on aura même droit à un chouette twist final que j'avoue n'avoir absolument pas vu venir.

"Cauchemar à Daytona Beach" est une petite péloche eigthies fauchée qui remplit plutôt bien son office (pour peu que vous la trouviez dans sa version non massacrée à la tronçonneuse). Du bon gros gore bien méchant, un tueur complètement barge et sans pitié (même les mouflets y passent) et une ambiance crado qui donne envie de prendre une douche. A ranger quelque part entre les fleurons pur jus de l'époque comme "Massacre au camp d'été" (que j'adore) et un "Maniac" de Lustig par exemple (que j'adore aussi).
3s5


Critique: Meurtres à la StValentin – George Mihalka – 1981

bloodyvalentineSynopsis:
Les préparatifs pour la fête des amoureux battent leur plein dans la petite ville de Valentine's Bluff mais une vague de meurtres inexpliquée fait penser à la police locale qu'un dangereux psychopathe est de retour et semble bien décidé à semer la terreur à nouveau. Les autorités interdisent les festivités mais un petit groupe de jeunes en décide autrement et improvise une orgie dans la mine du coin. Il n'en faudra pas plus pour déchaîner la colère du terrifiant mineur assoiffé de sang...

L'avis de David:
Slasher surfant sur la vague post "Vendredi 13", ce "Meurtres à la StValentin" exploite lui le filon de la fête des amoureux (fallait bien trouver une case vacante, Noël et le Vendredi c'était déjà pris). En même temps, ce subterfuge permet au réalisateur de justifier la tonne de jeunes couples à la sexualité débridée qui va devoir passer sous la pioche de notre mineur énervé. Bien joué. Le tueur ensuite; il fallait en trouver un qui sorte de l'ordinaire, un qui ai la classe. Un mineur! Et ce n'est pas un détournement.. En voilà une idée qu'elle est bonne. Voilà donc notre pourfendeur de queutards en place, pioche à la main et masque à gaz sur la tronche (et pas l'inverse.. Ça aurait vraiment été très con..). Futé le George! D'ailleurs pour une fois ce n'est pas Steve qui s'en occupe (du mineur.. comprenne qui pourra..). On saupoudre le tout d'une légende terrifiante qui parle d'un tueur qui tue (non?!) et qui en guise d'avertissement envoie le cœur de ses victimes délicatement emballé dans une boite de chocolats de la Saint Valentin (mais comment qu'y fait pour les avertir vu qu'il leur a déjà arraché le coeur..). Le Leonidas de la bidoche, plus 300 que chocolat Belge mais bon.. On aura aussi un héros un temps suspecté, un triangle amoureux, quelques touches de second degré et des personnages caricaturaux au possible, ce qui vous en conviendrez, colle tout à fait avec les canons du genre. Au rayon des sucreries, Mihalka nous gratifie d'un décor glauque, oppressant, dont chaque couloir mal éclairé contribue à renforcer une impression de claustrophobie qui finit par vraiment peser au spectateur. Tout semble dégager du froid, de la poussière, et on a vite l'impression d'inhaler en même temps que les protagonistes des grandes bouffées de particules de charbon. Le comble étant ces couples à priori si romantiques, obligés de forniquer à l'arrache dans la suie et la bonne humeur. Surement le côté sombre de cette fête habituellement si fleur bleue. Autre passage obligé de ce genre de films: le body count. Et là pour le coup, il y a deux écoles.. Soit vous vous dégotez la version intégrale du film (le Zone 1 USA si je ne m'abuse) et vous allez assister à un paquet de meurtres dont certains ferait pâlir le Vendredi 13 de Cunningham (la pioche plantée dans la tronche du mineur et qui ressort par son œil, la fille plantée sur le tuyau d'eau chaude..), soit vous vous contentez de la version Française officielle, massacrée par la censure de l'époque et qui du coup présente un intérêt beaucoup plus limité. En gros, soit vous bouffez un bon gros rocher au beurre et au chocolat, soit vous sniffez juste l'emballage..Sans déconner, le comité de censure de l'époque savait vraiment rigoler, ou boire, tout dépend.. Le film en l'état est tout bonnement charcuté, certaines séquences semblant coupées à la serpe allant même jusqu'à donner une impression de non fini à l'ensemble. Ce très sympathique petit slasher aurait vraiment mérité meilleur traitement, parce qu’en l'état il n'a pas vraiment bonne mine... Pour ceux qui ont compris la vanne de Steve, n'hésitez pas à venir sur le Facebook de Grim nous en parler.. Parce que je crois que même moi je l'ai pas bien comprise..

Un tueur charismatique en diable, un décor suffocant, un thème bien utilisé... Ce "Meurtres à la Saint Valentin" a tout du bon film de tueur qui respire la bonne odeur des années 80. Tout, sauf la chance de ne pas avoir été épargné par une censure toujours plus sadique dans ses traitements. Un remake un tantinet moins bon (Critique ici) a même vu le jour en 2009 mais la saveur n'est pas tout à fait la même.. Si vous êtes fan de "Vendredi 13" et de ses ersatz, foncez et procurez vous le DVD Américain qui tient lui toutes ses promesses. Sinon, jetez tout de même un oeil distrait à cette sympathique série B, tout à fait apte à vous faire passer un bon moment.
3s5


Critique: Urban Explorer – Andy Fetscher – 2011

urbanSynopsis:
Quatre jeunes étudiants, aventuriers dans l'âme, décident de pratiquer "l'exploration urbaine"; technique consistant à s'introduire clandestinement dans des lieux abandonnés ou oubliés. A la recherche d'un ancien bunker du 3ème Reich, ils s'enfoncent alors dans les profondeurs du métro de Berlin. Ils vont bien vite rencontrer un curieux locataire qui va leur faire passer un très mauvais moment...

L'avis de David:
Alors, prenez un pot, mettez-y une pincée de "Creep" (Christopher Smith), une de "The  Descent" (Neil Marshall), une pointe de "Saw" (James Wan) et un soupçon de "Massacre à la tronçonneuse" (Tobe Hooper), secouez le tout bien fort et vous obtenez "Urban Explorer".. Bon la recette ne donne pas un de ces mélanges goûteux dont certains ont le secret mais plutôt un petit divertissement coupable et inoffensif, oubliable certes mais qui fera passer aux adeptes que nous sommes quelques jolis moments d'horreur. C'est déjà bien non? On retrouve donc une bande de jeunes bien cons adeptes du "je fais n'importe quoi mais si je le faisais pas ben y aurait pas de film" qui s’engouffrent dans les profondeurs du métro Berlinois. L'un d'eux va bien entendu se blesser, à la hanche (ben ouais ça c'est le côté original du truc, pour une fois c'est pas la jambe) et va avoir du mal à repartir (en même sur une hanche à part faire le poirier je vois pas..). Arrive alors de nulle part une espère de fou furieux, ancien commandant Allemand spécialisé dans l’équarrissage de soldats Américains (ce qu'il raconte sur la manière de les tuer est juste ignoble) et accessoirement doublure de René la taupe (tant il maîtrise la navigation dans les souterrains) qui va leur proposer son aide (ben voyons!). S'en suit un joyeux repas jovial et fraternel (je vous laisse imaginer ce qu'il y a dans les gamelles..) et une dérive plutôt franche et massive de notre marsupial à dents longues qui va tout faire pour remplir son garde manger. Démarre alors la partie Slasher/Survival qui va même nous gratifier de quelques scènes gores plutôt gratinées (le "déshabillage" au couteau d'un des personnages est absolument dégueulasse..). Alors oui, on n'évite pas les habituelles incohérences ou énormités (la nana qui trouve la sortie du tunnel, qui du coup fait une sieste et qui décide ensuite pour s'échapper de retourner.. dans le tunnel..) mais c'est plutôt bien filmé et l'acteur jouant le tortionnaire est très convaincant (Klaus Stiglmeier en roue libre totale, parfois vraiment flippant). Son "cannibalisme" sous-jacent finit de nous le rendre abjecte et d'en faire le parfait serial-killer, en tout cas suffisamment pour craindre chacune de ses attaques, allant crescendo dans l'horreur (même si encore une fois vous ne périrez pas d'une crise cardiaque hein, le tout étant très très convenu).

"Urban Explorer" est donc le parfait petit film sympa du Samedi soir. Un peu lent à démarrer et souffrant de quelques incohérences et maladresses, il nous offre tout de même ce que l'on était venu chercher, à savoir un dingo cannibale et une poignées de scènes gores plutôt bien troussées (surtout une vraiment mais vraiment immonde..); un film honnête, divertissant, tant qu'on le laisse à sa place et qu'on n'en espère pas trop avant de le visionner. Vous voilà prévenus..
3s5