Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Tales of Halloween – Bousman/Marshall/McKee/.. – 2015

Synopsis:
La nuit d'Halloween est propice à la déambulation de ghoules et autres démons dans notre monde, se mélangeant à nous et tentant de piéger les plus vulnérables. Voici donc dix histoires racontées par dix réalisateurs différents qui prennent vie au travers de ce folklore macabre.

L'avis de David:
Le genre des "films à sketchs" n'est pas un genre qui a la vie facile. Entre les ténors du genre frôlant le génie pur ("Creepshow","Trick'r Treat","From a whisper to a scream") et les pires bouses innommables ("Creepshow 3"), difficile de se faire une petite place au soleil. Ce modeste "Tales of Halloween" y parvient pourtant en créant la surprise là où on ne l'attendait plus vraiment. Première constatation: sacrée brochette de réalisateurs! Darren Lynn Bousman ("Saw 2","Saw 3","Mother's Day"), Niel Marshall ("The Descent","Dog Soldiers"), Mike Mendez ("Gravedancers"), Lucky McKee ("Masters of Horror","May") mènent la danse aux côtés d'Axelle Carolyn, Adam Gierasch, Andrew Kasch, Dave Parker, Ryan Schifrin, John Skipp et Paul Solet. Ouf, j'espère n'avoir oublié personne! Et c'est sans compter les caméos de réalisateurs cultes comme John Landis, Mick Garris, Stuart Gordon ou encore Adam Marcus qui semblent s'être bien amusés en prêtant leurs trognes à certains protagonistes de ces mini fables horrifiques. Bref, du lourd. Attention, autant être clair tout de suite, on est loin des chef-d'oeuvre cités tout en haut mais l'essentiel est là: une passion de tous les instants qui anime l'ensemble et une envie de donner le maximum transpirant par tous les pores de la pellicule. L'esprit très "années 80" est ancré dans chaque plan, tout comme le plaisir de suivre ces histoires inégales, certes, mais diablement amusantes. On aura donc le droit pêle-mêle à de vilains tueurs bien moches et bien énervés (mention spéciale à celui qui affronte un extra-terrestre.. Original, marrant et ultra gore), des lutins monstrueux très joueurs (le segment avec John Landis, un des meilleurs), des citrouilles qui gobent tout sur leur passage ou même des sorcières fâchées toutes rouges avec des doigts fourchus; le tout saupoudré d'une bonne dose d'ambiance festive et de décors "Halloween style" qui vous donnent l'impression de feuilleter un bon numéro d'"Il est minuit l'heure des sorcières".. Vous reconnaîtrez bon nombre de bobines parmi les acteurs et tous semblent dans le ton. Même les enfants sont à l'honneur avec un segment particulièrement glauque rappelant à bien des égards des fleurons comme "De si gentils petits monstres" ou "Les tueurs de l'éclipse". Le tout est réalisé avec goût (fraise?) et se tient bien, baignant dans une ambiance festive plus qu'agréable. N'oublions pas de mentionner les effets spéciaux super efficaces (très peu de CGI à l'horizon ou alors vraiment discrets) réalisés à l'ancienne et faisant la part belle au gros gore qui tâche. Amateurs de resinet de tripes et de boyaux vous allez être servis, et copieusement. Éventrations, décapitations multiples et variées, découpages en tout genre.. Réjouissant. Et il y a même un segment qui parle d'un fantôme "Grim" ("Grim grinning ghost", je vous met au défi de ne pas sursauter pendant le visionnage), c'est pas la classe ça?

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu un film à sketchs aussi bon. Généreux, sans complexes et surtout martelant à chaque plan son amour du genre, "Tales of Halloween" est à ranger juste entre le mythique "Trick'R treat" et le cultissime "Creepshow". Un très bon moment, sans prise de tête, qui aurait largement mérité une sortie dans nos vertes contrées (mais il est dispo chez tonton Netflix hein).

Critique: Pas un bruit (Hush) – Mike Flanagan – 2016

Synopsis:
Maddie est une jeune écrivain devenue sourde et muette après avoir attrapé une méningite lorsqu'elle était adolescente. Elle vit depuis peu recluse dans une grande maison au fond des bois afin de terminer sereinement son dernier roman. Malheureusement pour elle, un terrifiant tueur en série va jeter son dévolu sur sa demeure et elle va devoir se défendre coûte que coûte pour survivre à cette nuit qui s'annonce sanglante...

L'avis de David:
Je vous jure j'ai pas fait exprès... J'en entends déjà certains "Il n'a d'yeux que pour ce réalisateur, il a des actions chez Flanagan, tout ça pour gratter un cocktail".. Mais non mais non, je vous arrête! C'est en déambulant nonchalamment sur Netflix que je suis tombé sur ce "Pas un bruit" qui m'a interloqué et que j'ai donc regardé dans la foulée avant de me rendre compte lors du générique final qu'il s'agissait ENCORE d'un film de Mike Flanagan ("Ouija, les origines", "Before I wake", "Absentia"). Décidément très prolifique dans le genre que nous aimons, le gus s'attaque cette fois à l'exercice périlleux du Home-Invasion. Autant le dire tout de suite, tout ou presque a déjà été tenté dans le domaine et il serait fort étonnant qu'on arrive encore à nous surprendre avec cette recette. Du coup, notre touche à tout cinéphile décide d'ajouter un peu de piment à la sauce en rendant son héroïne sourde et muette. Alors? Ça marche? Oui, mais pas forcément pour les raisons imaginées au départ. L'efficacité va primer ici sur l'originalité et c'est bien devant une péloche sévèrement burnée que l'on se retrouve, aucun doute n'est permis. Flanagan met curieusement un peu de côté le handicap de Maddie (qui deviendra une force le temps d'une scène clé) et ne se sert finalement que très peu de ses autres sens aiguisés comme des couperets, restant prudemment sur un sentier balisé, presque convenu, mais diablement efficace. Le film est court (une petite heure vingt au compteur) mais la tension ne faiblit pas, grâce notamment à un tueur sadique particulièrement retors qui prendra un malin plaisir à faire mijoter notre piégée malentendante. Très peu de personnages interagissent avec nos deux protagonistes mais les scènes fortes s’enchaînent sans faiblir et c'est bien la première fois que je peux dire que Flanagan s'est un poil lâché sur le gore. Gorges tranchées ou transpercées (avec geysers de sang à la clé), tête explosée et surtout LA scène qui fait mal quand on la regarde: un éclatage de main à coups de pieds qui fera ressembler celle-ci à une oeuvre de Dali tant les doigts finiront asymétriques et en escalier (sincèrement la scène m'a piqué la rétine). La réalisation est comme toujours ultra efficace, les acteurs très bons (mention spéciale à Kate Siegel qui campe une sourde-muette particulièrement déterminée) et quelques scènes arrivent tout de même à nous prendre à rebrousse-poil (Maddie qui "perd" une vie et le tueur qui se sert d'un cadavre comme d'une marionnette pour frapper à la porte sont d'un glauque absolu). Malin. Au rayon des petites choses qui fâchent, on notera quelques trous scénaristiques ou réactions incohérentes des personnages et un classicisme qu'on aurait aimé voir écarté au profit de la singularité de l'héroïne. Autre déception, on ne saura rien sur le tueur et ses motivations, dommage. Bref, pas de quoi fouetter un chat, qui ne le sera pas d'ailleurs puisque c'est à peu près le seul à sortir indemne du machin...

Encore une réussite de Mike Flanagan qui nous prouve qu'il excelle dans à peu près tous les sous-genres de l'horreur. Après les fantômes et les mauvais esprits, il jette son dévolu sur une histoire de tueur fou pas piquée des hannetons. Un excellent moment à ne pas passer en famille, tendu, âpre et violent qui met définitivement du baume au cœur de l'amateur d'horreur cinéphilique. Amis Grimmers de tous bords, vous pouvez y aller les yeux fermés (ça changera), parole de scout mort.

Critique: Contracted Phase 1&2 – E.England/J.Forbes – 2013/15

Synopsis:
Samantha est en couple avec Nikki depuis près d'un an et demi. Lasse de l'attendre à une soirée, elle noie son chagrin dans l'alcool et se fait accoster par un inconnu qui finit par la violer. Peu à peu, d'étranges symptômes vont l'amener à penser qu'elle a été infectée par une maladie inconnue...

L'avis de David:
Découverts au hasard d'une de mes nombreuses déambulations sur Netflix, ces deux films qui pourraient n'en faire qu'un m'ont fait plutôt bonne impression. Alors oui, les virus méchants qui rendent bien malade on connait déjà et nul besoin d'extrapoler à mort pour dire que nous ne sommes pas loin d'en avoir des bien pires dans la réalité. Pour l'originalité donc, on repassera, beaucoup d'autres films sont déjà passés par là. Transmis via des relations sexuelles et faisant pourrir son hôte à une vitesse assez astronomique (environ 4 jours après incubation, c'est vous dire), le machin avait pourtant tout pour plaire. Grosses pustules bien jaunes qui explosent au moindre contact, yeux qui gonflent et deviennent aussi blonds qu'un furoncle, herpès digne d'une part de pizza quatre fromages qui vous pendrait à la lèvre, le menu des hostilités sera bien au goût des amateurs de gros gore qui tâche et fera se révulser les estomacs fragiles. Attention par contre à être bien clair tout de suite; on est à des années lumières d'autres films comme "Tanathomorphose" d'Eric Falardeau (édité chez Uncut Movies) dont le pitch est pourtant très (trop) proche mais qui nous gratifie d'une déchéance bien plus détaillée capable de faire gerber un asticot sur une bouse. Mais tout de même; les effets spéciaux restent très corrects (alors qu'on devine le budget rachitique) et on aura même une rasade de scènes gores plutôt sympathiques. Mention spéciale au deuxième opus bien plus généreux en la matière (œil pourri, une maman Zombie bien crado et quelques éruptions épidermiques assez corsées) qui semble avoir bénéficié d'une plus grosse enveloppe grâce certainement au succès de son aîné. Les deux se suivent sans déplaisir, les acteurs y croient (on a le plaisir de revoir Caroline Williams de "Massacre à la tronçonneuse 2") et l'aspect téléfilm propre à ce genre de production passe plutôt inaperçu quand on est dans le feu de l'action (une gageure). La Phase 1 semble plus lente, plus longuette, mais c'était surement nécessaire puisqu'elle sert à poser les bases de cette contamination d'un nouveau genre. Dommage que les auteurs ne soient pas allé jusqu'au bout en ayant le courage de laisser certaines questions sans réponses (ou en tout cas à l'appréciation du spectateur), cela aurait permis d'éviter l'écueil du nawak dans les 15 dernières minutes de la Phase 2 qui n'avait vraiment pas besoin de ressembler à un "Armée des 12 singes" du pauvre (sans compter que le méchant pot à virus violeur a autant de charisme qu'un rebord de table basse). On peut aussi reprocher à l'ensemble de tirer un peu trop sur la corde du slip (en plus de plagier certaines œuvres comme les "Rec" de Balaguero/Plaza) , les protagonistes ayant la fâcheuse tendance de ne voir que ce qui les intéresse (ou plutôt ce qui est écrit dans le scénario). Quand ta chérie vient pour te rouler une pelle et qu'elle a un œil rouge, un autre jaune et un herpès de la taille des Etats-Unis sur la lèvre ben tu te pose quand même quelques questions sur son état de santé. Mais ce n'est qu'un détail...

Si on aime la béchamel, ces deux petits films sortis de nulle part offrent leur lot sensations culinaires. Loin d'être mauvais tout en étant loin d'être excellents, ils vous procureront quelques sursauts de dégoût et titilleront suffisamment votre intérêt pour vous faire passer 2h30 (au total) plutôt agréables. L'essentiel étant bien entendu de ne pas en attendre plus. A noter que pour les fans, une phase 3 serait déjà en route..