Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Leatherface – J.Maury/A.Bustillo – 2017

Synopsis:
Lizzy est une jeune infirmière qui débute dans un hôpital psychiatrique pour adolescents ultra-violents. Lors d'une évasion, elle se fait kidnapper par 4 d'entre eux et va vivre une véritable descente aux enfers. Recherchés par un policier avide de vengeance, l'un des ados va peu à peu glisser vers la folie, frappé de plein fouet par des événements atroces qui feront de lui celui que l'on surnommera "Leatherface".

L'avis de David:
Maudit je suis. Maudit car je suis encore bien parti pour dire du bien d'un film dont beaucoup ont dit du mal.. C'est pas ma faute en même temps, j'ai aimé. Pardon. Alors oui on va se le dire tout de suite comme ça se sera fait: cet opus sort complètement du carcan des "Massacre à la tronçonneuse" habituels (8ème opus quand même); il en sort tellement qu'on a parfois du mal à reconnaître les codes qu'on nous a formaté à attendre inlassablement (on pourrait presque dire que ce n'est pas un "Massacre à la tronçonneuse"). Et bien c'est tant mieux, na! Je vais volontairement mettre le premier de côté tellement il est culte (à jamais dans mon cœur et dans mes yeux de cinéphile) et sa suite tellement elle est kiffante; pour le reste, on embarque pour ce road-movie prenant, jamais chiant, plutôt malin et en tout cas sacrément rentre dedans! Premier constat, la photo est superbe. Ses tons ocres et sa colorimétrie brûlée reflètent bien un Texas suintant et pourtant d'une froideur implacable (d'autant plus fort que le tournage a eu lieu en Bulgarie). Le Mad-duo sait toujours tenir une caméra, ça aussi on en est sûr. Le film alterne les plans "posés" avec ceux plus "agités" (mention spéciale au mini zoom focale sur le Shérif qui abat une proie lors d'une poursuite dans une clairière -sublime-) tout en restant toujours lisible ce qui ne nuit jamais à la compréhension de l'action. Et de l'action il va y en avoir car même si c'est court (1h30), le tout va à cent à l'heure et ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer. Le film tire sa force de sa construction, les événements allant crescendo, partant d'une cavale sanglante jusqu'à une mise en abîme cauchemardesque clôturée par un véritable bain de sang. Les acteurs sont eux aussi impeccables avec une mention toute particulière pour Sam Strike qui réussit le tour de force de passer du garçon gentil et charismatique au pire des monstres rempli d'une violence presque incontrôlable (son regard est vraiment flippant dans le dernier quart et sa transformation prodigieuse). Les amateurs de gore seront également servis copieusement avec quelques belles giclées bien rouges (décapitation à la tronçonneuse, corps percé de part en part avec le même ustensile, crâne fracassé...) ainsi que deux trois clins-d’œil bien sentis (Grand-père possédait déjà un sacré skill au marteau!); soyons honnêtes, le film est trash, très trash même et ajoute à une violence déjà bien présente (voir même omniprésente au cœur même de l'intrigue) quelques scènes qui vont vous mettre sacrément mal à l'aise (la coucherie nécrophile ira jusqu'aux haut-le-cœur et devrait rester dans les annales.. sans jeu de mots). Une violence graphique sûrement voulue pour coller à l'ambiance de la saga mais pas que selon moi. Quoi de plus violent que le passage d'un adolescent à l'âge adulte, à la maturité, encore plus quand il s'agit d'un gaillard défiguré (joli coup de poker d'ailleurs, je vous mets au défi de ne pas vous faire avoir concernant l'identité de notre tronçonneur préféré) adepte du transformisme extrême. Joli métaphore donc, beaucoup plus prononcée lorsque l'on voit la fin alternative qui n'a malheureusement pas été gardée par les producteurs (mais présente sur les bonus du Blu-ray) qui nous montre un Leatherface prenant connaissance de son corps, de ses attributs, et faisant de son engin coupant une extension de sa virilité. On pourrait tout juste déplorer une durée trop juste avec une dernière partie chez les Sawyer (là on retrouve nos marques et toute la démesure qui caractérise cette gentille petite famille bien propre sur elle) qui aurait mérité une bonne vingtaine de minutes supplémentaires.. Mais bon, je ne ferais pas la fine bouche, le pâté est bon, goûtu, et tant pis si je suis le seul à avoir pris un pied d'enfer devant cette péloche dont je n'attendais pas tant..

Violent (très), trash (très aussi) mais aussi diablement intelligent dans sa mise en place, cette pré-quelle censée raconter la jeunesse de notre boucher préféré nous sort de notre zone de confort et parvient à surprendre aussi bien les fans les plus aguerris que les petits nouveaux vierges de toute référence. Revers de la médaille, certains auront l'impression d'avoir été bernés, dépossédés de leur franchise tant adorée (mais devenue tellement prévisible).. Tant pis, c'est tellement bon et ça fait tellement de bien que pour moi la sauce a pris et j'en prendrai d'ailleurs volontiers une autre assiette. Miam!

Critique: The monster – Bryan Bertino – 2016

Synopsis:
Une mère et sa fille devant faire route ensemble alors qu'elles se détestent, croisent le chemin d'une créature féroce qui les attaque en pleine nuit au beau milieu d'une forêt. Kathy et Lizzy vont devoir lutter pour combattre ce monstre qui semble bien décidé à les emporter toutes les deux.

L'avis de David:
Vendu un comme un film de monstre à l'ancienne (je ne sais pas pourquoi mais la jaquette du DVD Français me fait énormément penser au "Prophecy" de Frankenheimer), ce nouveau film du réalisateur du plutôt bon "The strangers" avait tout pour plaire. Un gros monstre plein de dents, une forêt perdue dans la nuit noire, deux héroïnes obligées de passer outre leurs différents pour survivre, une musique minimaliste qui pose une ambiance à la fois morbide et mélancolique, bref, du très convenu mais du roots qui promettait une jolie baston sans fioritures. Un mariage de peur et d'attaques bourrines comme il en fleurissait dans nos chères années 80. Sauf que là on a confié l'organisation de la cérémonie à un pseudo Lars Von trier essayant tant bien que mal de copier la fameuse rhétorique chère à Fulci (qui est vraiment le monstre?) à grand coups de dialogues chiants, d'attente interminables et de pseudo caractérisation à base de flashbacks métaphoriques qui nous en collent plein le dos à la vitesse d'un lapin sous viagra. Néanmoins, le film n'est pas dénué de points positifs. C'est bien filmé, ça on ne peut pas le nier. Le cadre est très propre, l'action toujours lisible, la photo (sombre) fait le job et certains plans bercés par quelques notes au piano nous embarquent dans un voyage destination nulle part (les accords semblent raisonner dans la nuit, comme si l'obscurité n'avait pas de fin). Le monstre fait également parti des très bonnes surprises et même si on sent que le budget a dû être sacrément serré (c'est un costume plutôt qu'une animatronique complexe) son design claque et les apparitions finales font vraiment bien le job. Mais le problème est là.. Il va falloir patienter jusqu'au final. Ça peut être très long 1h25... Surtout quand on nous abreuve d'allégories maladroites censées nous faire comprendre que la violence envers les enfants est un monstre, que l'alcool nous rend monstrueux ou encore lorsqu'on essaye de nous faire croire que ce qui nous fait le plus peur c'est ce qu'on ne voit pas (encore une); tu m'étonnes, surtout quand on a pas le choix et qu'il faut bien faire avec le budget qu'on a. Trop de suggestion tue la suggestion encore plus quand on a pris une sacrée lampée de suggestion, verbale celle là, juste avant. Bertino nous gave donc de vide, transpose son monstre à tous les maux de la terre, le tout en essayant de faire passer ça pour de l'intimisme au lieu de nous divertir. Pour un film de monstre qui se dit "à l'ancienne", c'est ballot et particulièrement hors sujet. Alors oui, la fin nous explique que le film a un cœur et que tout fini par s'arranger, qu'on grandit grâce à ce que l'on vit.. Mouais mouais. Moi j'ai passé l'âge...

Quand on vous vend un truc bien terroir, à l'ancienne, et qu'on se retrouve devant un film qui essaye de se la jouer intellectuel version bas du front, forcément on est déçu. Reste quelques plans sympas, un monstre bien fait (mais qu'on voit trop peu) et un final qui nous sort un peu de notre torpeur pour sauver "The monster" du naufrage. La prochaine fois Bryan, concentre toi sur ton monstre ou sur une monstrueuse tranche de vie; mais n'essaye surtout pas de mélanger les deux, ça file la gueule de bois...

Critique: Amityville the awakening – Franck Khalfoun – 2017

Synopsis:
Joan et ses 3 enfants emménagent dans une nouvelle maison censée les rapprocher de l’hôpital compétent pour soigner son fils James. Celui-ci est dans un état végétatif depuis plusieurs années et personne ne semble croire en sa guérison. Cependant, depuis leur arrivée, il semble peu à peu se réveiller, en même temps qu'une bien étrange présence...

L'avis de David:
Des lustres qu'on l'attendait (rien à voir avec une éventuelle lampe hantée, on nous a déjà fait le coup de l'horloge, la prochaine fois on vise le micro-ondes). Un nouvel "Amityville" réalisé par un comparse d'Aja, Franck Khalfoun (qui s'était brillamment illustré avec son remake de "Maniac") et qui au vu de la bande annonce avait tout pour venir titiller l’indétrônable épisode 2, champion de la glauque attitude (et accessoirement du changement de slip pour trouillomètre excessif). Tourné depuis au moins 2014 et toujours invisible dans notre verte contrée (mis à part en version Anglaise via un DVD ou sur Google Play Films), la casba en bois sentait le sapin. Sûrement victime de reshootings sauvages et d'une tambouille dont les Weinstein ont le secret, la peur commençait à se propager en dehors de l'écran mais pas pour les bonnes raisons. Et bien pas tout à fait. Le film a été massacré, ça on en est quasiment sûr, sa durée d'une petite heure vingt-cinq ne permettant pas de délayer tout ce qui devait être raconté à la base. Pire encore, le scénariste ratisse tellement large qu'on se retrouve avec un espèce de mashup d'à peu près tout et n'importe quoi... Pêle-mêle je citerais "Jeepers Creepers" (tous les 40 ans...), "Amityville 2, le possédé" (le garçon possédé qui se métamorphose), "Ouija, les origines" (les apparitions fugaces, le jeu avec l'obscurité), "The Haunting in Connecticut"... Ajoutez à cela une actrice principale qui quand elle n'est pas en slibard donne la réplique à une Jennifer Jason Leigh amorphe qu'on sent peu concernée et cerise sur le magot, une vieille idée moisie de film dans le film (les protagonistes s'échangent le premier "Amityville" presque sous le manteau). Khalfoun semble être passé à côté du plus important, s'imprégner de l'histoire originale tout en y apportant sa touche personnelle (un peu ce qu'avait fait Damiani en 82); il s'appuie via une introduction plutôt réussie sur le fait-divers dont tout est parti (le massacre des DeFeo) mais oublie le fan service en détruisant des passages cultes comme celui de Jodie (l'ami imaginaire de la petite Amy à laquelle Khalfoun semble ne rien avoir compris) ou en en ratant tout bonnement certains (les mouches en CGI, les jump-scares ultra prévisibles). Au rayon des réussites (petit rayon, pas de quoi faire rouler un vélo) je citerais pas mal de passages durant lesquels le spectateur est heurté par une image furtive (deux trois apparitions inquiètent vraiment), une ambiance glauque du plus bel effet ou encore une bande musicale qui chatouille nos oreilles de bien belle manière (mélange de mélodie mélancolique et de bruits sourds et inquiétants). Alors, il mérite un visionnage ce nouvel ersatz d'une franchise culte en perdition? J'ai longuement hésité à lui mettre un 3 tant j'arrive tout de même à lui trouver des qualités (en oubliant l'opportunisme fumant qui transpire de chaque recoin de la pellicule), mais la toute fin m'a définitivement fait tourner les talons. Un face à face tendu et flippant avec le démon qui se finit en eau de boudin, laissant le spectateur le râtelier dans les chaussettes et la nouille en berne face à un gâchis qui aurait mérité d'être étiré sur un bon quart d'heure supplémentaire. Finalement, l'horloge y est peut-être encore pour quelque chose...

Voilà donc une arlésienne qui nous laisse une sérieuse amertume après visionnage. Trop inspiré (comprenez un mix de beaucoup d'œuvres), trop court et semblant bien trop souvent à côté de la plaque, cet "Amityville" cuvée 2014 n'a finalement pas assez vieilli pour sa sortie en 2017. Loin du réveil attendu, on en sort plutôt avec la gueule de bois, déçu que certaines choses fonctionnent si bien et soient torpillées par un je-m'en-foutisme de tous les instants. Quel gâchis... Même Stéphane Plaza n'aurait rien pu y faire...