Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Vendredi 13 Killer Cut – Marcus Nispel – 2009

vendredi13Synopsis:
Juin 1980, Pamela Vorhees est stoppée dans sa folie meurtrière par une jeune monitrice du camp de Crystal Lake. Celle-ci est décapitée sous les yeux de son fils Jason, un jeune garçon mal-formé et attardé. Bien des années plus tard, sa colère va être réveillée par un groupe de jeunes venus camper dans les environs... Ils vont bien vite le regretter...

davidL'avis de David:
Bon ok j'ai un peu de retard.. Rien de grave, 7 ans. En même temps c'est les vacances et en plus c'est l'édition Killer Cut, jamais distribuée en France, alors on peut bien me pardonner. Oui parceque pour tout vous dire, je m'étais bien évidemment déplacé au cinéma pour voir ce remake (c'est Jason quand même) et j'en étais ressorti terriblement déçu. Trop timide, trop timoré, le PG-13 était passé par là et ça se sentait à tous les coins de pellicule (même que ça sentait sacrément fort, comme après un Chili trop corsé). Jason s'était-il embourgeoisé, avait-il perdu l’œil du tigre? On n'attendra pas Apollo pour nous le dire (non pas la fusée Mr le cosmonaute du fond..) et on se jette sur cette édition Américaine sortie quelques temps plus tard et disponible chez nous via l'import pour le vérifier avec nos petits yeux à nous (Zone All et Vostfr pour la version Uncut, version Française pour la cut). Je ne sais pas si ce sont les années qui ont passées ou l’excitation d'avoir cette galette entre les mains mais j'ai considérablement ré-évalué ce film. Le premier quart d'heure est à ce titre un véritable petit joyau. Nous présenter une joyeuse bande de jeunes prêts à tout et les voir se faire tous trucider avant l'apparition du générique (et du tchi tchi tchi.. tcha tcha tcha.. obligatoire de la série) c'était sacrément couillu. On y découvre le Jason du "Tueur du Vendredi", sac à patates inclus (bon ok, légèrement plus looké), déployant une énergie jusqu'alors inconnue dans la série. Et nom de nom qu'est-ce qu'il à l'air balaise. Les 2 mètres de Derek Mears font des merveilles et donnent une allure monolithique au tueur de Crystal Lake, impulsant une énergie qui donne l'impression qu'à chaque apparition le monstre va tout exploser sur son passage. On sent tout de suite que pour lui échapper, il va falloir courir cette fois, et vite! Quelques séquences très inspirées nous montreront notre Hockeyeur préféré sous son meilleur angle, lui conférant une attitude iconique du plus bel effet (cette contre plongée ou l'on voit Jason posté sur le toit de la maison, le regard droit devant et la machette à la main). Et le Killer cut alors, il apporte quoi concrètement? Ben un peu de sang ma bonne dame et un peu de fesses aussi. Car oui, ne nous leurrons pas, la recette d'un "Vendredi 13" réussi c'est 50% gore, 50% sexe. Pour le gros rouge qui tâche, certains meurtres valent le détour (dans cette édition je le répète) mais c'est plus leur inventivité qui est à saluer ici. A ce titre, la jeune fille "harponnée" à la machette sous le ponton du lac et la mort du pauvre quidam coincé par un piège à loups au début figurent parmi les meilleurs moments. On peut aussi citer la mise à mort de Trent, bobo exaspérant qu'on n'aspire qu'à voir souffrir, sacrément corsée et qui avait été raccourcie d'une bonne vingtaine de secondes au cinéma.. C'est bien simple, on a l'impression qu'il meurt différemment cette fois, c'est vous dire le charcutage écoeurant des censeurs (c'est eux qu'on devrait censurer tiens). Du côté des loches et des paires de fesses, pas de surprise. Deux scènes de forniquage sont bien présentes, avec encore une fois un allongement significatif de la seconde qui devient vraiment olé-olé et frise (non, pas la moustache) l'indécence. fridayFallait bien ça pour énerver notre Jason juste ce qu'il faut pour qu'il passe son trop plein sur les convives non? Au rayon des déceptions qui restent des déceptions quelque soit la version on peut citer une narration en trois parties assez inégale qui plombe un peu le rythme du film. La première partie est en fait l'introduction citée plus haut, avec un Jason sac à patates et la tête de maman Voorhees sur un autel (compilation du premier et du second film de la saga); la seconde voit l'arrivée du héros incarné par Jared Padalecki, à la recherche de sa sœur, et la découverte du fameux masque que tout le monde connait (troisième film) et enfin la troisième se rapproche plus du monstre et tente l'originalité en lui inventant des sentiments (la ressemblance de la sœur de Clay avec sa mère) et une forte propension à faire la taupe (la galerie de tunnel sous le camp). Bref, une espèce de compilation des trois premiers épisodes de la saga (ceux dans lesquels Jason est encore "humain" en fait) couplée à un pan nouveau totalement inventé cette fois. Tout ça ne fonctionne pas toujours et on ne peut que déplorer un rythme qui tombe peu à peu au fur et à mesure que le film avance (l'introduction étant vraiment la meilleure partie, juste jouissive).

Ce remake est comme le bon vin. Plus il vieillit et plus je l'apprécie. Jason n'a jamais semblé aussi en forme et fait preuve d'une dextérité et d'une force qui lui vont particulièrement bien au teint. Un bodycount huilé et distillant la mort avec la régularité d'un métronome, du sexe, des vannes pourries et une réalisation léchée font de ce film de Marcus Nispel un excellent défouloir. Attention toutefois à bien choisir l'édition Américaine "Killer Cut" sous peine de se priver des meilleurs moments et rendez-vous en Janvier 2017 pour un nouvel épisode qui sera cette fois beaucoup plus tourné vers la jeunesse du tueur. Le rendez-vous est pris Messieurs les producteurs, alors ne nous faites pas faux bon.
4s5


Critique: Tourist Trap – David Schmoeller – 1979

touristtrapSynopsis:
Cinq jeunes gens tombent en panne d'essence dans une région désertique des Etats-Unis. Alors que l'un d'entre eux part à la recherche d'une station service, les autres sont interceptés par un Hermite vivant seul dans la montagne et semblant vouer une passion pour les mannequins de cire. Ceux-ci sont d'un tel réalisme qu'ils en sembleraient presque...vivants...

davidL'avis de David:
Véritable phénomène culte pour tout un pan générationnel biberonné aux VHS et agglutiné dans des endroits aussi obscurs que ludiques (des vidéoclubs je crois ça s'appelait..), ce "Tourist Trap" de David Schmoeller ("Puppet Master","Fou à tuer") reste une sacrée perlouse comme seules les années 80 pouvaient en produire. Imaginez plutôt: un tueur masqué aux allures de Jason (pour la carrure tout du moins) transformant ses victimes en mannequins de cire, et, cerise sur le tréteau, disposant du pouvoir de télékinésie. Oui ma bonne dame, le professeur Xavier n'a qu'à bien se tenir car notre tueur du soir (espoir?) est au contrôle des objets ce qu'un lépreux guitariste est à l'invention du gruyère. La séquence d'ouverture plante le ton et au passage plein de trucs dans la gueule d'un pauvre quidam coincé dans une porte qui n'en demandait pas tant. Téléphone qui sonne alors que le fil est coupé, mannequins qui se mettent à bouger, Tatayet a décidément tous les talents et utilise son ciboulot comme une véritable arme de destruction massive. C'est Chuck Connors qui endosse ce rôle peu banal accompagné d'une future James Bond Girl en devenir, Tanya Roberts, aussi courte vêtue qu'un nain avec des Santiags. Sacré casting donc, appuyé par un autre virtuose mais musical cette fois (bien que les nains parfois ça peut péter aussi), le dénommé Pino Donaggio ("Carrie au bal du diable", "Hurlements") qui signe ici une partoche tantôt inquiétante tantôt grotesque, renforcant encore un peu plus l'impression de malaise se dégageant du film. Chaque note nous ramène à une ambiance de fête foraine, de maison de poupées contrastant quasi en permanence avec la folie meurtrière de Slauser qui traque littéralement ses victimes avec l'espoir d'en faire ses marionnettes. touristtrap4Le film contient son lot de scènes flippantes et même si le rythme semble s’essouffler aux trois quarts, le final vient bien heureusement rattraper la donne, parfois plombée par un excès de zèle qui pourrait presque faire sourire. Ben oui, l'idée de la Télékinésie était bonne, mais pousser le concept aussi loin désamorce presque totalement son impact sur le spectateur. Le tueur peut tout faire, tout bouger, tout contrôler et bien vite on n'y croit plus. Autre défaut flagrant de ce slasher, l'excès d'inspiration dont il fait preuve tel un chinois qui aurait photocopié une basket. L'ambiance lorgne furieusement vers le "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper (Le tueur ressemble comme deux gouttes de sang à Leatherface), ça flirte allègrement avec "La maison de cire" et le final bascule joyeusement dans l'hommage au "Maniac" de William Lustig. Certes, on a connu pires références, mais tout de même. Rien de rédhibitoire je vous rassure, juste l'impression qu'en levant un peu le pied le réalisateur aurait pu accoucher d'un pur petit bijou de terreur. En tout cas, Schmoeller réussit son entrée dans le monde de l'horreur et assumera pleinement son amour pour les poupées via le célèbre "Puppet Master" qui sortira quelques années plus tard.

Fleuron des Vidéoclubs à l'époque bénie ou tout le monde y allait de son slasher, "Tourist Trap" alias "Le piège" chez nous, a un peu vieilli. Trop inspiré, trop généreux et voulant trop bien faire en allant trop loin (la télékinésie) il n'en reste pas moins un bon film qui offre quelques sympathiques moments de frissons et une ambiance bizarre qui arrive parfois à nous mettre dans l'inconfort... C'est déjà pas mal non?
3s5


Critique: Halloween – Rob Zombie – 2007

halloween_robzombieSynopsis:
Pour Michael Myers, 10 ans, tout va basculer cette nuit du 31 Octobre. Raillé par ses camarades de classe à cause du travail de stripteaseuse de sa mère, violemment harcelé par son beau-père alcoolique, il va revêtir un masque de latex et commettre l'irréparable. Dès lors interné dans un hôpital psychiatrique, il se mure dans un silence de mort. 17 ans plus tard, il s'échappe de celui-ci et commence à décimer toutes les personnes ayant le malheur de croiser sa route..

davidL'avis de David:
Réaliser un remake n'est déjà pas chose facile (en plus de ne pas être toujours utile) mais s'attaquer en plus à un mythe comme le "Halloween" de Big John, fallait vraiment avoir un pet au casque. Et c'est Rob Zombie qui va se coller le coup de pelle, pile entre les deux yeux. Faut dire que le gonz était déjà sacrément barré à la base; "La maison des 1000 morts" avait déjà vaillamment posé les fondations de son immense talent, "The devil's rejects" lui, a terminé de monter le mur. Un road-movie ultra violent et ultra transgressif, véritable pépite du cinéma de genre qui envoyait bouler à 100 mètres à peu près toute la production horrifique de l'époque. On imaginait déjà donc le pire (mais qui serait en fait le meilleur) pour ce retour en grâce de Michael Myers sur nos écrans. Et bien que nenni, le chevelu énervé va se tenir plutôt à carreau et nous offrir une vision assez tranquille des origines du mythe. Toute la première partie sera exclusivement consacrée à la jeunesse du croque-mitaine en devenir et va gentiment poser les bases. La description peu flatteuse de sa famille est déjà un choc. Bye bye le gentil petit couple propre sur lui que l'on peut apercevoir dans le film de Carpenter, les Myers nouvelle génération piquent un peu la rétine. Une maman stripteaseuse qui fait ce qu'elle peut pour s'en sortir, un mari alcoolo violent et injurieux tout juste bon à rester affalé dans son canapé (William Forsythe impérial) et une sœur chaudasse du cul qui se fout de tout, voilà l'archétype parfait de la famille en roue libre qui sert de cadre à notre jeune tueur en herbe. Ajoutez une pincée de connards pour l’emmerder bien comme il faut à l'école et vous obtenez la couscoussière explosive la plus bouillante depuis "Les sous-doués passent le bac". Bref, comme prévu le pétage de plombs arrive et presque tout le monde passe gentiment à la casserole avant que Michael ne se retrouve enfermé dans une jolie pièce doublée toute blanche (viens mettre la chemise..). Toute cette première partie est vraiment intéressante, dans son approche tout d'abord, "humanisant" le personnage culte crée par Carpenter et Debra Hill mais aussi dans la violence psychologique qu'elle dégage. Halloween-rob-zombie-211246_600_401Exit le gamin possédé par le mal et impossible à tuer, Myers est désormais le résultat d'une faillite familiale évidente ayant entraîné une déconstruction totale de l'individu. Et c'est à partir de là que le bas blesse. La deuxième partie du film rentre dans le rang et semble coller presque au plan près à l'oeuvre originale. Le tout devient un peu plus plan-plan, presque ennuyeux parfois et même si le talent du bonhomme est toujours bien visible (la mise en scène est de haute volée) le soufflé a tendance à retomber. Une succession de meurtres violents, certains repris intégralement de la version de 1978, mais sans réel génie. On sent bien qu'avoir les frères Weinstein à la production a du étouffer quelque peu les ardeurs de Zombie et c'est bien dommage. Carte blanche sur tout ce qui n'existait pas (la jeunesse de Michael, son passé) mais on ne touche surtout pas au patrimoine horrifique de ce siècle. A noter que Rob aurait déclaré vouloir faire deux films au départ; l'un basé exclusivement sur la jeunesse du monstre et l'autre qui aurait été un remake. Idée abandonnée rapidement par les producteurs. Ceci explique surement les deux parties bien distinctes du film et le fait qu'on se retrouve avec un résultat en demi-teinte, tantôt émerveillés par tant de maîtrise du réalisateur tantôt blasés en se demandant ce qu'aurait pu donner la partie slasher si le gus avait vraiment eu les coudées franches. Mais ne vous méprenez pas, l'ensemble reste bien nerveux, ultra violent (Myers ne fait vraiment pas dans la dentelle, aidé par la carrure impressionnante de Tyler Mane) bourré de "gueules" familières à Zombie et qui font le job (Danny Trejo, Brad Dourif, Malcom McDowell, Clint Howard, Udo kier ou encore Richard Lynch) et carrément plaisant à regarder. Une suite sera même commise toujours par la même équipe deux ans plus tard, suite très controversée qui divisera les fans (voir qui en horripilera certains) tout en allant encore beaucoup plus loin dans la violence graphique.

"Halloween" version Rob Zombie est un remake intéressant. Très loin d'égaler le chef d'oeuvre de Carpenter, il parvient tout de même à faire monde honorable et oscille entre le très réussi (la jeunesse de Myers) et le moyen (la seconde partie trop "plan plan"). La photo est magnifique, la réalisation solide et le tout permet tout de même de passer un bon moment. Quelle joie de retrouver notre croque-mitaine au meilleur de sa forme (il a une gueule folle!). Ne boudons donc pas notre plaisir et savourons juste simplement ce remake bien moins mauvais qu'on n'aurait pu l'imaginer en attendant le nouveau 31 de monsieur Zombie qui ne devrait plus trop tarder à débarquer.
4s5