Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Clown – Jon Watts – 2017

Synopsis:
La fête d'anniversaire de Jack est sur le point d'être gâchée par l'annulation du clown venu amuser ses convives. Heureusement, son père Kent trouve un costume de clown dans la cave d'une maison qu'il est en train de vendre et décide de le remplacer. Malheureusement pour le gentil papa, le costume trimballe avec lui une monstrueuse malédiction...

L'avis de David:
Tourné en 2014 (si on ne compte pas le court réalisé en 2010), sorti aux states en 2016 (avec une grosse polémique qui collait Eli Roth à la réalisation pour éviter de parler de Jon Watts que personne ne connaissait.. le même Watts qui vient de nous sortir le nouveau Spiderman...comme quoi le cirque ça mène à tout.) et enfin chez nous en 2017.. L'accouchement de ce gros bébé à nez rouge s'est fait non sans une certaine douleur. On ne va pas tourner en rond autour du pot à chocolat, c'est clairement un heureux événement, on peut célébrer. Le mythe du Clown est totalement réinventé. Le bonhomme rigolard et bedonnant est transformé en monstre vivant dans la neige (d'où son nez rouge et tuméfié) qui serait en fait une sorte de créature Hermite se terrant dans une grotte et dévorant les enfants des villages alentours pour se nourrir. Ça c'est fait (sans jeu de mot; les fans du King comprendront). Là c'est la peau de la bestiole qui devient un zouli costume et qui une fois enfilé devient votre seconde peau. Vous êtes en train de vous dire que c'est du total n'importe quoi, hein avouez? Et bien attendez d'en parler au pauvre Kent qui a voulu bien faire et qui se retrouve avec quelques changements hormonaux des plus désagréables. Le film nous propose d'ailleurs de suivre pas à pas cette métamorphose de l'homme en monstre, gueuleton de mômes à l'appui. Parce que oui, s'il y a bien une chose qui frappe dans ce film, c'est qu'il ne se refuse rien. Le clown est méchant, vraiment méchant et il a un appétit d'ogre. Lorsque le premier gosse se fait transpercer par une scie circulaire, on se dit que le réalisateur n'a vraiment pas froid aux yeux (ou qu'il est bricoleur, c'est selon); au troisième englouti avec crachage des os encore couverts de barbaque on ne se pose plus la question... Cette légende n'est clairement pas là pour rigoler et c'est tant mieux. On découvre donc peu à peu cet agitateur de soirées carnivores et le côté sombre qui submerge Kent en même temps que se grime (movies?) son visage blanchâtre évoquant d'abord une grande tristesse (Pierrot?) avant de devenir proprement terrifiant. C'est sûrement là que ce situe la morale si il fallait en trouver une: A force d'essayer de se mettre en scène, de paraître quelqu'un que nous ne sommes pas, d'amuser la galerie pour attirer l'attention sur soi, on finit par devenir sa propre ombre. Bon trêve de psychologie à deux balles, le film tient la route et nous apporte exactement ce que nous étions venus chercher: un monstre bien méchant (et bien foutu, incarné par le maestro Eli Roth himself dans son dernier stade de transformation), du gore juste ce qu'il faut (quelques séquences valent le coup d’œil) et une mise en scène carrée qui sert parfaitement le propos (avec quelques clins d’œil plutôt bien sentis comme le visage qui se dissout à la toute fin qu'on croirait sorti du "Evil Dead" de Raimi). On pourrait lui reprocher un léger passage à vide aux trois quarts (le massacre des gosses c'est rigolo mais ça n'apporte pas grand chose et fait traîner le truc en longueur. On aurait préféré encore plus d'étapes de la transformation) et un final un peu expédié mais je pinaille. Cette chouette série B a au moins le mérite de ne pas pisser plus loin que son fut et nous propose une bonne séance d'horreur à l'ancienne sans fioritures; et franchement c'est déjà pas si mal.

Clown est une excellente surprise pas drôle du tout pour le coup. Un film de monstre à l'ancienne porté de bien belle manière avec juste ce qu'il faut là ou il faut. Jon Watts a donc bien fait d'insister ("Clown" était un court-métrage au départ) et nous offre un très bon moment plein de frissons en attendant le "Ça" de Muschietti. On espérerait presque qu'il revienne à ses premières amour une fois l'aventure du monte en l'air terminée. Allez Jon, tu veux bien encore essayer de nous faire peur? Parceque nous on aime!

Critique: The Bye Bye man – Stacy Title – 2017

Synopsis:
Trois étudiants amis depuis l'enfance décident d’emménager ensemble dans une vieille maison pleine de charme. Ils vont très vite découvrir qu'un horrible secret se cache dans ses entrailles et qu'ils auraient mieux fait de dire... Non je ne le dirais pas...

L'avis de David:
Là pour le coup je suis vraiment bien embêté.. Ben oui, faut pas que j'en parle.. Et puis faut pas que j'y pense non plus. C'est pratique tiens pour écrire un papier sur le machin. A croire que les scénaristes ont fait exprès de pondre cette légende pour éviter de se manger des critiques négatives. "Hin hin hin, les cons, comme ça ils pourront pas dire que notre Bye Bye man c'est du caca!". Merde, je l'ai dit.... Ahhhhrgh, je sens déjà son haleine fétide se rapprocher de mes nasaux. Ah non ça c'est la personne juste derrière moi mais elle aussi je ne dois pas prononcer son nom (je suis déjà dans la bouse jusqu'au cou, on va éviter de pencher la tête). Bon, apparemment il ne se passe rien... Cette légende urbaine s'approcherait-elle d'un vent abyssal croisé avec une flatulence de mammouth qui se serait gavé de brocolis la veille? Ce qui est sûr en tout cas c'est qu'ils ne se sont pas foulés pour nous la sortir la colique. Une pauvre histoire mixée avec des morceaux de "It Follows" (fallait pas, vraiment, on n'en aurait pas parlé promis..), "Les griffes de la nuit" (la maison de Freddy ressemble comme deux gouttes d'eau à celle-ci et que dire de l'allure du croquemitaine qui lui empreinte un bon paquet de similitudes) et avec à peu près tout ce qui s'est fait dans le genre depuis une bonne vingtaine d'années ("Wishmaster" avec son cabot, "Boogeyman" avec son...lit); on ne peut pas dire qu'on nage en pleine originalité. Si encore le traitement était efficace, on passerait l'éponge, mais même pas. La réalisation est plan-plan au possible, les acteurs jouent comme des truelles (mention spéciale à Carrie Anne Moss qui semble sortie de la matrice après un méchant bug et qui nous offrira quelques mimiques/répliques hilarantes, même si je suis à peu près sûr que ce n'était pas voulu -- ah le clin d’œil--), on a même droit à des caméos improbables comme celui de Leigh Whannell, Doug Jones (ah non lui c'est le Bye Bye man) ou encore Faye Dunaway (je les confonds toujours, heureusement qu'elle a les cheveux longs). Le bidule finira de nous achever avec des effets spéciaux qu'on préfère imaginer parodiques tant ils touchent le fond de la médiocrité numérique. Sans déconner, le chien en gif animé fallait vraiment abandonner l'idée si c'était pour avoir un rendu pareil. Un vrai médor un peu grimé aurait bien mieux donné le change que ce machin tout pixelisé animé avec un obscur shareware qui trainait sur le disque dur d'un technicien. La loose se niche dans l'os, tout le monde le sait bien (oula la, bye bye l'humour). Soyons franc du collier, il ne reste pas grand chose à cette histoire de croquemitaine pour terroriser le chaland.. Tout au plus une ou deux scènes bondissantes (vous savez les jumpscares) qui feront effet sur les plus alcoolisés d'entre nous et un ou deux effets gores mignonnets (le crâne éclaté de la bibliothécaire, hop je balance) pas trop ternis par des CGI en carton. Même pas un Neo en collants cuir noir pour nous lancer un lapin nain à la figure, tant pis s'il n'est pas tout blanc (ça dépend s'il a croisé un ours avant en fait). Reste Morphéus qui nous a refilé la mauvaise pilule et qui du coup nous a collé un sacré bad trip... Y a qu'à voir la tronche de Trinity à la fin (et là on fait un énorme clin d’œil bien gras avec du caca au coin)...

On ne va pas y aller par quatre chemins, un seul suffira: c'est mauvais, très mauvais. Le plus triste c'est qu'on ne peut pas s'empêcher d'imaginer ce que ça aurait pu donner avec plus de moyens mais surtout avec plus de conviction. Reste une malédiction bien mollassonne qui pourra se laisser voir pour les plus indulgents (ou ceux qui veulent se marrer un bon coup) mais qu'on oubliera à la vitesse du moustique en chaleur (et c'est quand il se pose sur tes parties que tu comprends que la violence ne résout pas tout).

Dossier N°16 : ça c’est passé EP7 – Le poupetier de Novgorod


Episode 7Le poupetier de Novgorod
Date ou période: Arrêté en 2011
Lieu: Novgorod, Russie
Film inspiré: "La maison de cire" de Jaume Collet-Serra

Même si le film de Jaume Collet-Serra a été réalisé bien avant cette sordide affaire, on ne peut que constater les étranges similitudes entre cet homme entouré de poupées de chair et les deux frangins un peu barges de ce Slasher tout à fait recommandable (également remake de l'excellent "L'homme au masque de cire" réalisé en 1953). Bon, lui il n'a pas Paris Hilton dans sa collection...

Anatoly Moskvin (01-09-1966) est un universitaire comme les autres et suit des études de langues qui le mèneront à devenir Professeur (il en parlait 13 couramment), puis Traducteur et même Journaliste. Son enfance demeurait sans histoires à un détail près: participant à l'enterrement d'une petite fille de 11 ans, le cortège des adultes présents l'obligèrent à embrasser le visage de la morte en signe de dernier hommage. Poser ses lèvres sur le front cireux du petit cadavre agira comme une sorte de déclic mais ce n'est qu'à l'âge adulte que les pulsions en résultant se rappelleront à lui. Après avoir obtenu ses premiers diplômes universitaires, il développa une forme d'admiration pour les cimetières, les rites funéraires, l'occulte et la mort en général. Il passera une bonne partie de sa vie isolé, préférant rester aux côtés de ses parents, reclus dans son monde sans jamais rencontrer l'âme sœur (il est présumé vierge).
De 2005 à 2007, de graves profanations eurent lieu dans certains cimetières de la région. Moskvin travaillait alors à répertorier les morts pour un ouvrage édité par Alexei Yesin, "Necrologies"; sa fascination pour le morbide l'aura même poussé à passer la nuit directement dans ces lieux de repos éternel, allant même jusqu'à dormir dans un cercueil préparé resté ouvert. La police l'interrogera plusieurs fois (à cause de soupçons de vol et de vandalisme) mais sans pouvoir lui reprocher quoi que ce soit, faute de preuves. Ce n'est que lors d'une enquête un peu plus poussée sur des profanations dans le cimetière de Novgorod (en 2011) que les enquêteurs finirent par découvrir le pot aux roses. Anatoly Moskvin détenait pas moins de 29 corps dans son garage et dans son habitation. Même si le nombre de défunts n'approchait "que" la trentaine, il était soupçonné d'avoir profané au moins 150 tombes dans les environs (ainsi qu'aux alentours de Moscou). Il détenait également bon nombre de photos et de vidéos morbides (des corps désintégrés ou des cercueils ouverts) qui ne pourront malheureusement pas être reliés aux cadavres retrouvés. Lorsqu'il choisissait un corps, il le badigeonnait de sel et de Bicarbonate de Soude afin qu'il sèche (une technique de momification qu'il avait apprise dans un livre), le rembourrait à l'aide de chiffons ou de vieux vêtements, l'ornait d'un masque de cire qu'il décorait au vernis à ongles et terminait son oeuvre en l'habillant à l'aide de vêtements d'enfants. Ces "poupées" momies ornaient son antre sans que personne ne se doute de quoi que ce soit (ses parents étaient absents une grande partie de l'année) tant leur aspect faisait penser à de simples jouets confectionnés par un amateur. L'apprenti embaumeur prenait le thé avec eux, fêtait leurs anniversaires, comme s'il s'agissait de la famille qu'il n'avait jamais eu. Schizophrène Paranoïaque, Moskvin fut déclaré inapte à subir son procès et interné dans un hôpital psychiatrique. Depuis, chaque année, une demande de prolongation de sa détention est formulée et acceptée dans la foulée. Les enquêteurs l'auditionnèrent afin de comprendre ses motivations et se rendirent à l'évidence qu'il était tout bonnement fasciné par les enfants morts tout en étant persuadé qu'il pourrait leur rendre la vie grâce à la magie noire. Il communiquait avec les cadavres et leur demandait si ils souhaitaient être "ramenés" parmi les vivants (aucune tombe n'aurait été ouverte sans le consentement de son occupant). Bien souvent, s'allonger sur la sépulture lui permettait d'entendre ce que lui disait le défunt. Ce n'est que durant les dernières années (ce rituel aurait duré pendant près de 20 ans selon ses aveux) qu'il préféra rapporter les corps chez lui, convaincu qu'il serait plus facile de les entendre si ils n'étaient plus enterrés. Ils les disposaient donc confortablement et passait la nuit allongé près d'eux, tendant l'oreille. Pour lui, répondre aux appels des enfants suppliciés semblait plus important que d'obéir à la loi. Son internement serait toujours d'actualité de nos jours. Annabelle, tu ferais mieux de te planquer...