Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Alien Covenant – Ridley Scott – 2017

Synopsis:
L'équipage du vaisseau Covenant fait route vers une planète lointaine avec à son bord toute une colonie d'humains prêts à découvrir un nouveau jardin d'Eden. En chemin, ils captent un étrange message semblant venir d'un endroit proche et qui serait possiblement un véritable paradis. Mais ce qu'ils vont y découvrir va certainement plus se rapprocher de l'enfer que d'un quelconque havre de paix favorisant une reconstruction.

L'avis de David:
Après un "Prometheus" à l'ambiance plutôt réussie mais au rythme quelque peu soporifique (on aime ou on aime pas, ça ne se discute pas), Sir Scott se devait de nous proposer une suite qui en plus d'apporter sa pierre à l'édifice devait envoyer un peu de lourd. Et il en est capable le bougre, même si ses dernières productions essayent vainement de nous faire croire le contraire ("Exodus"..ouch..). En plus, j'ai fait l'erreur d'attendre avant de m'empiffrer de ce nouvel opus ce qui a eu pour effet de me faire lire un paquet de trucs sur le bouzin; et ça ne sentait pas la fleur. Bref, c'est désabusé que je me suis lancé dans le visionnage et que je vais essayer de vous livrer mes (pauvres) impressions. D'abord, je dois dire que j'ai trouvé le film absolument magnifique. Les décors sont splendides, certaines scènes homériques et l'ambiance poisseuse qu'on espérait retrouver est bien là. Ça commence plutôt bien. L'histoire, même si elle est calquée plan par plan sur celle de l'"Alien" originel, se suit sans déplaisir (je ne vais pas me lancer dans un procès d'intentions à base de "ils n'ont rien inventé" ou "sous le soleil, rien de nouveau", ça n’emmerde) et jusqu'à l'arrivée sur la terre promise je dois avouer avoir été happé par cette indécente proposition. Comme prévu, les cons se font infecter connement et ramènent au vaisseau un petit énergumène super énervé qui a dû abuser de la poudre blanche qui fait rigoler (légère variante tout de même, le truc sort par le dos plutôt que par le ventre.. faut s'arrêter là par contre, sinon le troisième épisode va choper un classement X et les acteurs de sacrées crises d'hémorroïdes). Trucages à l'avenant, créatures bien foutues, effets gores un peu plus présents qu'à l'accoutumée, y a bon! Je sens que je vais aimer ce plaisir coupable qu'on est en train de me servir dans un joli plat en argent, même si il est déjà mâché, voir même prédigéré. La séquence de sauvetage parachève le tout et envoie une bonne dose de pâté de campagne, Ridley maniant le spectaculaire avec aisance et fluidité. Mais diable pourquoi ne pas s'être arrêté là? Sans déconner, à ce stade le film était déjà plié pour tout le monde (chacun se faisant son idée sur la thématique de création qu'on venait de lui asséner), alors pourquoi nous remettre une couche dans le vaisseau avec un combat final qu'on aurait vraiment préféré ne pas voir... Trente minutes calquées sur le huitième passager avec en bonus une empoignade finale sentant fort les pieds de James Cameron (Ok on remplace le robot chargeur par une grue... les pinces y sont en tout cas), mais version baskets après une centaine de kilomètres. Mal foutu, mou du genou et gavé de CGI hyper limites, mais qu'a t'il bien pu se passer pour que le soufflé retombe à ce point?.. On a donc droit à un déambulage sans intérêt dans le vaisseau à la recherche de quenottes, une baston entre lui et une Ripley du pauvre à peine camouflée, le tout saupoudré d'effets foireux avec incrustations calamiteuses en sus (pourtant le reste était vraiment superbe, surtout les décors). Et c'est sans compter le twist final qu'on avait vu venir à la vitesse de la lumière... Heureusement y a encore un peu de gore (ahhh la douche) pour venir nous sortir de notre léthargie mais difficile de comprendre les motivations de ce final sans génie qui prolonge artificiellement le film en lui plombant une aile qui n'en demandait pas tant..

Covenant n'est pas le ratage que j'avais pu imaginer; j'ai même pris un réel plaisir à suivre les trois quarts de son aventure. Mais quelle déception que ces trente dernières minutes qui ne servent à rien si ce n'est à rallonger une sauce qui perd de sa saveur. On récapitule: pas d'imagination (Ridley ne réinvente rien et pioche à droite à gauche dans la mythologie de ses films), une tout de même savoureuse première partie et une fin en forme de non recevoir font de cet opus un honnête divertissement sans plus d'ambition.

Critique: Life origine inconnue – Daniel Espinosa – 2017

Synopsis:
A bord d'une station spatiale internationale, des astronautes font une découverte majeure pour l'humanité: une forme de vie extra-terrestre venant de Mars. En poussant les recherches ils vont se rendre compte que cette curieuse créature est bien plus intelligente qu'il n'y parait..

L'avis de David:
J'avais tellement entendu parlé de ce "Life" (en bien en plus) que j'étais une nouvelle fois l’œil au taquet, prêt à affronter une nouvelle créature "Alienesque" ou mieux encore "The Thingesque" (oui je sais ça n'existe pas mais je m'en fous). C'est donc casqué et chaussé de mes plus belles bottes que j'ai enfourné la galette magique en espérant y découvrir une fève bien vivante et surtout bien décidée à tout bouffer sur son passage. Bon, c'est long.. Plus c'est long plus c'est bon il parait, donc tenons bon la barre et gardons nos espoirs de visionnage de série B décomplexée avec moult bestioles baveuses plongeant leurs tentacules dans à peu près tout ce qu'elles trouvent. Au taquet je vous dis, au taquet.. Tiens, Ryan Reynolds fait de la figuration (courte en plus), étonnant, via une scène plutôt tendue avec une bébête qu'on pourrait qualifier d'inquiétante (car à la fois mignonne et sacrément dangereuse). C'est filmé propre, bien cadré (j'aime cette impression d'être totalement retourné et de ne plus savoir quand ce qu'on voit est à l'horizontal ou non), les acteurs jouent à peu près bien (mis à part Gyllenhall qui semble se faire autant chier que nous de bout en bout); mais c'est long quand même non? On a déjà vu ça mille fois ("Alien","Creepozoïds" et consorts), le scénario tient sur 10 lignes et on ne peut guère plus compter que sur l'action débridée pour faire le show. J'ai déjà dit que c'était long? Je n’emmerde un peu là.. Comme promis il va évoluer le monstre, ça va quand même pas rester une méduse à tentacules de la taille d'une grosse tortue? Au moins les trucages en CGI passent pas trop mal (mis à part le sang qui fait vraiment tâche pour le coup), ce qui n'est pas le cas du temps perdu en blabla et autres tentatives de se débarrasser du bigorneau sauvage. Sans déconner, on dirait que l'ensemble des plans ont été doublés, voir triplés dans leur durée.. Comme un Gif mal réglé qui mettrait une plombe à délivrer une animation qui n'en demandait pas tant. Ah, ça y est, la créature s'énerve un peu.. On est loin des cauchemars de Giger ou pire encore de ceux de Rob Bottin pour une chose qui était elle aussi d'origine inconnue. Non mais c'est naze! Un vieux poulpe moisi filmé par un paresseux encore accroché à sa branche dont le doigt serait coincé sur le bouton "slow motion". C'est pas possible, je dois être dans un mauvais soir. La toute fin du film relèvera le niveau avec un nihilisme assez fort et un twist que je n'avais pas vu venir (en même temps j'étais tellement groggy de sommeil que ceci explique cela) mais quelle déception tout de même... D'origine j'aime la vie, mais là...

Point de nanar jubilatoire à la violence décomplexée venu donner du plaisir au adeptes que nous sommes, ici on aura plutôt affaire à un truc qui se prend au sérieux, tente de philosopher parfois et fini par manquer sa cible. Long, chiant et proposant une créature insipide sans génie, ce "Life" restera un mauvais ersatz du "Alien" de Scott. Trop lisse, trop long et surtout trop balisé, seules les toutes dernières images parviendront à tirer leur épingle du jeu (et sauver un peu la note, salée comme l'océan). Déçu.

Critique: Clown – Jon Watts – 2017

Synopsis:
La fête d'anniversaire de Jack est sur le point d'être gâchée par l'annulation du clown venu amuser ses convives. Heureusement, son père Kent trouve un costume de clown dans la cave d'une maison qu'il est en train de vendre et décide de le remplacer. Malheureusement pour le gentil papa, le costume trimballe avec lui une monstrueuse malédiction...

L'avis de David:
Tourné en 2014 (si on ne compte pas le court réalisé en 2010), sorti aux states en 2016 (avec une grosse polémique qui collait Eli Roth à la réalisation pour éviter de parler de Jon Watts que personne ne connaissait.. le même Watts qui vient de nous sortir le nouveau Spiderman...comme quoi le cirque ça mène à tout.) et enfin chez nous en 2017.. L'accouchement de ce gros bébé à nez rouge s'est fait non sans une certaine douleur. On ne va pas tourner en rond autour du pot à chocolat, c'est clairement un heureux événement, on peut célébrer. Le mythe du Clown est totalement réinventé. Le bonhomme rigolard et bedonnant est transformé en monstre vivant dans la neige (d'où son nez rouge et tuméfié) qui serait en fait une sorte de créature Hermite se terrant dans une grotte et dévorant les enfants des villages alentours pour se nourrir. Ça c'est fait (sans jeu de mot; les fans du King comprendront). Là c'est la peau de la bestiole qui devient un zouli costume et qui une fois enfilé devient votre seconde peau. Vous êtes en train de vous dire que c'est du total n'importe quoi, hein avouez? Et bien attendez d'en parler au pauvre Kent qui a voulu bien faire et qui se retrouve avec quelques changements hormonaux des plus désagréables. Le film nous propose d'ailleurs de suivre pas à pas cette métamorphose de l'homme en monstre, gueuleton de mômes à l'appui. Parce que oui, s'il y a bien une chose qui frappe dans ce film, c'est qu'il ne se refuse rien. Le clown est méchant, vraiment méchant et il a un appétit d'ogre. Lorsque le premier gosse se fait transpercer par une scie circulaire, on se dit que le réalisateur n'a vraiment pas froid aux yeux (ou qu'il est bricoleur, c'est selon); au troisième englouti avec crachage des os encore couverts de barbaque on ne se pose plus la question... Cette légende n'est clairement pas là pour rigoler et c'est tant mieux. On découvre donc peu à peu cet agitateur de soirées carnivores et le côté sombre qui submerge Kent en même temps que se grime (movies?) son visage blanchâtre évoquant d'abord une grande tristesse (Pierrot?) avant de devenir proprement terrifiant. C'est sûrement là que ce situe la morale si il fallait en trouver une: A force d'essayer de se mettre en scène, de paraître quelqu'un que nous ne sommes pas, d'amuser la galerie pour attirer l'attention sur soi, on finit par devenir sa propre ombre. Bon trêve de psychologie à deux balles, le film tient la route et nous apporte exactement ce que nous étions venus chercher: un monstre bien méchant (et bien foutu, incarné par le maestro Eli Roth himself dans son dernier stade de transformation), du gore juste ce qu'il faut (quelques séquences valent le coup d’œil) et une mise en scène carrée qui sert parfaitement le propos (avec quelques clins d’œil plutôt bien sentis comme le visage qui se dissout à la toute fin qu'on croirait sorti du "Evil Dead" de Raimi). On pourrait lui reprocher un léger passage à vide aux trois quarts (le massacre des gosses c'est rigolo mais ça n'apporte pas grand chose et fait traîner le truc en longueur. On aurait préféré encore plus d'étapes de la transformation) et un final un peu expédié mais je pinaille. Cette chouette série B a au moins le mérite de ne pas pisser plus loin que son fut et nous propose une bonne séance d'horreur à l'ancienne sans fioritures; et franchement c'est déjà pas si mal.

Clown est une excellente surprise pas drôle du tout pour le coup. Un film de monstre à l'ancienne porté de bien belle manière avec juste ce qu'il faut là ou il faut. Jon Watts a donc bien fait d'insister ("Clown" était un court-métrage au départ) et nous offre un très bon moment plein de frissons en attendant le "Ça" de Muschietti. On espérerait presque qu'il revienne à ses premières amour une fois l'aventure du monte en l'air terminée. Allez Jon, tu veux bien encore essayer de nous faire peur? Parceque nous on aime!