Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Le rituel – David Bruckner – 2017

Synopsis:
Quatre amis décident de partir en randonnée dans la campagne Suédoise afin de se retrouver. L'un d'eux se blesse et force le reste du groupe a couper au travers d'une forêt afin de rejoindre rapidement leur gîte. En s'enfonçant dans les ténèbres des lieux, ils vont très vite se rendre compte que quelque chose de maléfique semble les suivre.. et de près...

L'avis de David:
Et boum, encore un ovni tout droit sorti du catalogue du désormais célèbre Vidéo-Club Netflix.. A bien y regarder, tout semble indiquer un énième truc fauché vu mille fois directement destiné au marché de la vidéo et calibré pour occuper tant bien que mal une soirée entre potes. Et pourtant... Ce modeste film Britannique emprunte des sentiers qui n'étaient pas vraiment prévus au programme. On oscille entre l'histoire de forêt hanté par le vide ("Blair Witch Project"), le survival basique, la découverte d'un peuple qu'on sent aimer la bonne viande bien fraîche (avec de forts relents du "Village" de Shyamalow ou de "The Witch")  pour finir avec un pur film de monstre qu'on avait pas vu venir dans toute cette obscurité. Un sacré patchwork d'inspirations diverses qui fonctionne pourtant à merveille et nous balade de bout en bout jusqu'à une apothéose délivrant des effets spéciaux tout bonnement surprenants (le design du monstre [inspiré d'une divinité nordique] en plus d'être hyper original, vaut vraiment le détour). Basé en grande partie sur la psychologie de personnages fragilisés par un évènements ayant impacté leurs vies, ce premier film solo de David Bruckner ("V/H/S","The Signal") pousse les protagonistes à affronter leurs peurs les plus intimes et n'épargnera finalement que ceux qui franchiront leurs limites. Plus profond qu'il n'y parait, le scénario de ce pseudo "film de monstre" inspiré par le roman d'Adam Nevill est porté de belle manière par une brochette d'acteurs qui n'en font pas trop et bénéficient chacun d'une personnalité bien différente (comme les quatre facettes de tout ce qui retient notre "moi" intérieur et qui provoquent la peur, la vraie). Ils seront tantôt malmenés, tantôt "réconfortés" par des visions (certaines annonçant d'ailleurs une fin toute proche) balancées par le monstre dont on peut parfois remettre l'existence réelle en question. Ne serait-ce pas plutôt un combat contre eux-mêmes...? Au rayon des bonnes surprises (et sans trop spoiler), j'insisterai encore sur les effets spéciaux qui sont vraiment stupéfiants dans le dernier quart (surtout pour un budget qu'on imagine famélique) mais également sur la photo et le travail sur l'image (très grise, comme pour souligner la froideur des éléments -ou des gens-), Bruckner se montrant très généreux sur les apparitions divines de son "bâtard" de Loki. Objectivons maintenant sur ce qui ne tient pas la route, ou en tout cas pas suffisamment pour tirer le film tout en haut des cimes. L'ambiance musicale tout d'abord aurait gagné à être plus présente (même si cela contribue finalement à la froideur de l'ensemble) et certaines ellipses laisseront à n'en pas douter le spectateur sur le carreau. Le fragile équilibre entre imaginaire et réalité est parfois malmené et quelques explications supplémentaires auraient clarifié le sujet. Mais pour moi la plus grosse déconvenue sera certainement cette fin abrupte qui même si elle souligne bien la désinhibition du héros (qui n'en est pas vraiment un mais qui se reprend enfin en main et fait face au danger) aurait elle aussi mérité un peu plus d'écriture (ou en tout cas plus fine).. Dommage.

Une chose est sûre, la proposition était osée mais j'ai bien apprécié le voyage. Profond (en tout cas plus qu'il ne semble l'avouer au départ), maintenant une tension pendant les trois quarts de sa durée et offrant un dernier quart impressionnant juste ce qu'il faut, "Le rituel" sort de nulle part et sonne comme un bonbon ni trop piquant ni trop sucré. Une petite gâterie proposée par Netflix qui assurément vaut le détour (même si le chemin n'est pas sur la carte). Pas un hit, mais une bouffée d'air frais Suédois.

Critique: I wish – John R.Leonetti – 2017

Synopsis:
Clare et ses copines vivent difficilement la période du Lycée. Les cours, les amourettes et les camarades délicieusement méchantes sont autant d’embûches qui font de leur vie un enfer. Mais un étrange cadeau fait par son père va changer la donne. Une boite mystérieuse qui semble avoir la faculté d’exaucer les vœux...

L'avis de David:
Leonetti ou l'histoire du mec qui n'a rien compris. Le gus s'obstine à réaliser des films d'horreur, censés terrifier et tout et tout alors qu'il a plutôt la trempe d'un Chris Colombus ou d'un John Hugues (bon ok là j'exagère, excuse moi John). Après un Annabelle navrant, il s'attaque à la mise en boite (arf) d'une sombre histoire de malédiction autour d'un coffret qui quand on le caresse dans le sens du poil est capable d’exaucer vos souhaits les moins jolis. Mais attention devinez quoi, il demande un truc en retour... Le con. Variante du génie coincé dans sa lampe, ce Wishmaster là on ne le verra jamais mais ce n'est pas pour autant qu'il ne sera pas méchant, loin de là. Voilà, vous aurez bien compris qu'il ne faut pas s'attendre à être surpris avec cette histoire vue et revue qui ne s'écartera pas d'un chemin balisé au possible aux péripéties réglées comme du papier à musique. Alors, il reste quoi? Du gore, des mises à mort bien tordues sur fond de "Destination finale"? Que nenni... Deux trois effets chocs bazardés de ci de là dont un type qui s'assomme à mort dans une baignoire (la scène est à se pisser dessus de rire) et un accident frontal inattendu sur les dernières minutes seront les seules réjouissances au menu de ce plat décidément bien insipide. Et pourtant il y a bien un petit quelque chose à sauver de tout ce gâchis, un ingrédient déroutant qui nous fera aller au bout du visionnage sans trop utiliser le forward de la télécommande: le gars se débrouille plutôt bien concernant l'aspect comédie adolescente du bouzin.. Alors certes, on est loin d'un "American Pie" (en même temps mon petit doigt me dit que ce n'était certainement pas le but.. et qu'il n'est pas si petit aussi) mais toute la partie relationnelle entre ce groupe de filles et leurs parents/amis fonctionne plutôt bien et Clare/Larusso (vous comprendrez en la voyant) est attachante juste ce qu'il faut pour nous maintenir éveillés. Bon c'est certain, on l'oubliera, et vite en plus mais on ne souffrira pas outre mesure pour arriver au bout de l'heure et demie qui nous est proposée. Le reste du casting se débrouille comme il peut, Elisabeth Rohm fait de la figuration et Ryan Phillipe semble avoir été conservé dans le formol. Une chose est sûre en tout cas, si vous vous attendiez à mouiller la culotte, il va sérieusement falloir penser à changer de plan sous peine d'une déconvenue à la hauteur du non-talent du réalisateur. Car je le répète, rien, absolument rien ne fait peur.. Toutes les scènes censées faire monter le trouillomètre tapent à côté et pire encore, certaines risquent de déclencher un fou rire chez le spectateur qui n'en demandait pas tant. Par pudeur nous passerons sur les incohérences qui pullulent tout au long de cette histoire tout droit sortie des poubelles (on en voit beaucoup d'ailleurs dans le film, surement un signe) comme le fait que Clare continue de faire des vœux en sachant pertinemment ce qui va se produire.. Il suffisait de ranger la boite dans une boite (qui ferme celle là), jeter la clé et hop, magie, on en parlait plus (ou au pire la brûler, le bois aime pas en général). En même temps il aurait fallu meubler (sans boite) et pas sûr que le film aurait vraiment eu besoin d'exister... Un peu comme là quoi...

La boiboite hantée qui se la joue "Destination finale" du pauvre, voilà à quoi vous vous exposez si vous tentez de regarder ce nouveau film du papa de la poupée qui dit oui. Chiant si on ne s'attarde que sur la partie "horreur" et sympathique quand à son traitement des petits tracas quotidiens d'adolescents pré-pubères, le film a constamment le cul entre deux tabourets et on vérifie souvent qu'ils n'aient pas été retournés avant visionnage... Le "Jumanji" de la possession de boite... Pas banal.. Pas bon non plus.

Critique: Amityville the awakening – Franck Khalfoun – 2017

Synopsis:
Joan et ses 3 enfants emménagent dans une nouvelle maison censée les rapprocher de l’hôpital compétent pour soigner son fils James. Celui-ci est dans un état végétatif depuis plusieurs années et personne ne semble croire en sa guérison. Cependant, depuis leur arrivée, il semble peu à peu se réveiller, en même temps qu'une bien étrange présence...

L'avis de David:
Des lustres qu'on l'attendait (rien à voir avec une éventuelle lampe hantée, on nous a déjà fait le coup de l'horloge, la prochaine fois on vise le micro-ondes). Un nouvel "Amityville" réalisé par un comparse d'Aja, Franck Khalfoun (qui s'était brillamment illustré avec son remake de "Maniac") et qui au vu de la bande annonce avait tout pour venir titiller l’indétrônable épisode 2, champion de la glauque attitude (et accessoirement du changement de slip pour trouillomètre excessif). Tourné depuis au moins 2014 et toujours invisible dans notre verte contrée (mis à part en version Anglaise via un DVD ou sur Google Play Films), la casba en bois sentait le sapin. Sûrement victime de reshootings sauvages et d'une tambouille dont les Weinstein ont le secret, la peur commençait à se propager en dehors de l'écran mais pas pour les bonnes raisons. Et bien pas tout à fait. Le film a été massacré, ça on en est quasiment sûr, sa durée d'une petite heure vingt-cinq ne permettant pas de délayer tout ce qui devait être raconté à la base. Pire encore, le scénariste ratisse tellement large qu'on se retrouve avec un espèce de mashup d'à peu près tout et n'importe quoi... Pêle-mêle je citerais "Jeepers Creepers" (tous les 40 ans...), "Amityville 2, le possédé" (le garçon possédé qui se métamorphose), "Ouija, les origines" (les apparitions fugaces, le jeu avec l'obscurité), "The Haunting in Connecticut"... Ajoutez à cela une actrice principale qui quand elle n'est pas en slibard donne la réplique à une Jennifer Jason Leigh amorphe qu'on sent peu concernée et cerise sur le magot, une vieille idée moisie de film dans le film (les protagonistes s'échangent le premier "Amityville" presque sous le manteau). Khalfoun semble être passé à côté du plus important, s'imprégner de l'histoire originale tout en y apportant sa touche personnelle (un peu ce qu'avait fait Damiani en 82); il s'appuie via une introduction plutôt réussie sur le fait-divers dont tout est parti (le massacre des DeFeo) mais oublie le fan service en détruisant des passages cultes comme celui de Jodie (l'ami imaginaire de la petite Amy à laquelle Khalfoun semble ne rien avoir compris) ou en en ratant tout bonnement certains (les mouches en CGI, les jump-scares ultra prévisibles). Au rayon des réussites (petit rayon, pas de quoi faire rouler un vélo) je citerais pas mal de passages durant lesquels le spectateur est heurté par une image furtive (deux trois apparitions inquiètent vraiment), une ambiance glauque du plus bel effet ou encore une bande musicale qui chatouille nos oreilles de bien belle manière (mélange de mélodie mélancolique et de bruits sourds et inquiétants). Alors, il mérite un visionnage ce nouvel ersatz d'une franchise culte en perdition? J'ai longuement hésité à lui mettre un 3 tant j'arrive tout de même à lui trouver des qualités (en oubliant l'opportunisme fumant qui transpire de chaque recoin de la pellicule), mais la toute fin m'a définitivement fait tourner les talons. Un face à face tendu et flippant avec le démon qui se finit en eau de boudin, laissant le spectateur le râtelier dans les chaussettes et la nouille en berne face à un gâchis qui aurait mérité d'être étiré sur un bon quart d'heure supplémentaire. Finalement, l'horloge y est peut-être encore pour quelque chose...

Voilà donc une arlésienne qui nous laisse une sérieuse amertume après visionnage. Trop inspiré (comprenez un mix de beaucoup d'œuvres), trop court et semblant bien trop souvent à côté de la plaque, cet "Amityville" cuvée 2014 n'a finalement pas assez vieilli pour sa sortie en 2017. Loin du réveil attendu, on en sort plutôt avec la gueule de bois, déçu que certaines choses fonctionnent si bien et soient torpillées par un je-m'en-foutisme de tous les instants. Quel gâchis... Même Stéphane Plaza n'aurait rien pu y faire...