Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Amityville the awakening – Franck Khalfoun – 2017

Synopsis:
Joan et ses 3 enfants emménagent dans une nouvelle maison censée les rapprocher de l’hôpital compétent pour soigner son fils James. Celui-ci est dans un état végétatif depuis plusieurs années et personne ne semble croire en sa guérison. Cependant, depuis leur arrivée, il semble peu à peu se réveiller, en même temps qu'une bien étrange présence...

L'avis de David:
Des lustres qu'on l'attendait (rien à voir avec une éventuelle lampe hantée, on nous a déjà fait le coup de l'horloge, la prochaine fois on vise le micro-ondes). Un nouvel "Amityville" réalisé par un comparse d'Aja, Franck Khalfoun (qui s'était brillamment illustré avec son remake de "Maniac") et qui au vu de la bande annonce avait tout pour venir titiller l’indétrônable épisode 2, champion de la glauque attitude (et accessoirement du changement de slip pour trouillomètre excessif). Tourné depuis au moins 2014 et toujours invisible dans notre verte contrée (mis à part en version Anglaise via un DVD ou sur Google Play Films), la casba en bois sentait le sapin. Sûrement victime de reshootings sauvages et d'une tambouille dont les Weinstein ont le secret, la peur commençait à se propager en dehors de l'écran mais pas pour les bonnes raisons. Et bien pas tout à fait. Le film a été massacré, ça on en est quasiment sûr, sa durée d'une petite heure vingt-cinq ne permettant pas de délayer tout ce qui devait être raconté à la base. Pire encore, le scénariste ratisse tellement large qu'on se retrouve avec un espèce de mashup d'à peu près tout et n'importe quoi... Pêle-mêle je citerais "Jeepers Creepers" (tous les 40 ans...), "Amityville 2, le possédé" (le garçon possédé qui se métamorphose), "Ouija, les origines" (les apparitions fugaces, le jeu avec l'obscurité), "The Haunting in Connecticut"... Ajoutez à cela une actrice principale qui quand elle n'est pas en slibard donne la réplique à une Jennifer Jason Leigh amorphe qu'on sent peu concernée et cerise sur le magot, une vieille idée moisie de film dans le film (les protagonistes s'échangent le premier "Amityville" presque sous le manteau). Khalfoun semble être passé à côté du plus important, s'imprégner de l'histoire originale tout en y apportant sa touche personnelle (un peu ce qu'avait fait Damiani en 82); il s'appuie via une introduction plutôt réussie sur le fait-divers dont tout est parti (le massacre des DeFeo) mais oublie le fan service en détruisant des passages cultes comme celui de Jodie (l'ami imaginaire de la petite Amy à laquelle Khalfoun semble ne rien avoir compris) ou en en ratant tout bonnement certains (les mouches en CGI, les jump-scares ultra prévisibles). Au rayon des réussites (petit rayon, pas de quoi faire rouler un vélo) je citerais pas mal de passages durant lesquels le spectateur est heurté par une image furtive (deux trois apparitions inquiètent vraiment), une ambiance glauque du plus bel effet ou encore une bande musicale qui chatouille nos oreilles de bien belle manière (mélange de mélodie mélancolique et de bruits sourds et inquiétants). Alors, il mérite un visionnage ce nouvel ersatz d'une franchise culte en perdition? J'ai longuement hésité à lui mettre un 3 tant j'arrive tout de même à lui trouver des qualités (en oubliant l'opportunisme fumant qui transpire de chaque recoin de la pellicule), mais la toute fin m'a définitivement fait tourner les talons. Un face à face tendu et flippant avec le démon qui se finit en eau de boudin, laissant le spectateur le râtelier dans les chaussettes et la nouille en berne face à un gâchis qui aurait mérité d'être étiré sur un bon quart d'heure supplémentaire. Finalement, l'horloge y est peut-être encore pour quelque chose...

Voilà donc une arlésienne qui nous laisse une sérieuse amertume après visionnage. Trop inspiré (comprenez un mix de beaucoup d'œuvres), trop court et semblant bien trop souvent à côté de la plaque, cet "Amityville" cuvée 2014 n'a finalement pas assez vieilli pour sa sortie en 2017. Loin du réveil attendu, on en sort plutôt avec la gueule de bois, déçu que certaines choses fonctionnent si bien et soient torpillées par un je-m'en-foutisme de tous les instants. Quel gâchis... Même Stéphane Plaza n'aurait rien pu y faire...

Critique: Annabelle 2 Création – David F. Sandberg – 2017

Synopsis:
Traumatisés par la mort de leur fille, un fabricant de poupées et sa femme accueillent chez eux une bonne sœur et les pensionnaires d'un orphelinat dévasté. Peu à peu, les jeunes filles vont découvrir qu'une des poupées de la collection semble possédée par un démon terriblement dangereux...

L'avis de David:
Le premier volet de cette nouvelle série instaurée par les "Conjuring" & co m'avait clairement laissé de bois (le marbre c'est plus cher). Un bois froid, lisse, même mon nez n'est pas parvenu à prendre une taille raisonnable (pourtant le mensonge était comme le film, sur-vendu). Alors on en pense quoi de cette suite qui n'en est pas une puisqu'elle est censée se passer avant. Est-ce qu'on voit le premier coup de rabot sur la tronche décrépie de la rouquine surnommée lèvres de feu (sans dec c'est quoi ce maquillage de merde)? N'en déplaise à Hulk Hogan, la tapineuse de la caisse à jouet s'en sort plutôt pas trop mal cette fois, et ça mérite d'être souligné. Ben oui, mix improbable entre un bilboquet et une barbie gonflée à l'acide hyaluronique (propulsé à l'aide d'une pompe à vélo et je ne vous dis pas où se trouve la valve), ce n'était pas gagné pour Annabelle d'arriver à nous faire peur. Mais le réalisateur ne s'est pas pris les pieds dans le tapis et l'a sacrifiée au profit d'un démon bien plus convaincant. La poupée se trouve donc reléguée au second plan avec quelques apparitions qui nous suffisent bien, l'essentiel des effets chocs venant de son "propriétaire" semblant être plutôt turbulent (ils auraient mieux fait de lui confisquer ça lui aurait fait les pieds). Oui, si on veut vraiment être critique jusqu'au bout, on a souvent l'impression de se retrouver devant un copier/coller des précédents succès du genre ("Ouija 2" ou "Conjuring 2") avec une photo conférant une ambiance assez similaire et quelques effets faciles discrètement transformés (l'homme tordu qui sera incarné ici par un épouvantail -tout de même assez réussi-, la possession de l'enfant par le démon vue mille fois...). Rien de bien original donc, rien de génial non plus, mais une vraie volonté de bien faire et un spectacle qui respire l’honnêteté et l'amour du travail bien fait. Certaines scènes sont bien plus réussies que d'autres et tirent le tout vers le haut comme ces doigts retournés délicatement qui vont vous faire grincer des dents à coup sûr; comme je l'ai dit plus haut, le démon est très réussi, à l'ancienne, avec dents pointues et cornes soignées, parvenant même à nous coller une sacrée frousse dans une séquence mémorable (ah ces yeux qui s'illuminent dans l'obscurité)... A l'instar du précédent film de Sandberg ("Dans le noir"), l'obscurité joue un rôle prépondérant et on ressent parfaitement la menace vicelarde tapie dans l'ombre, rampant vers nous la bave aux lèvres. Sur le plan technique, le film est bien emballé, plutôt bien joué et se suit vraiment sans aucun déplaisir même si on est blasé de toutes ces productions formatées qui s’enchaînent depuis quelques années. Le scénario fait le minimum syndical (avec pas mal d'allers-retours qui ne servent finalement à rien) mais une fois la bobine terminée, ce n'est pas ce qu'on retient et ça c'est forcement bon signe. Vu le nombre de bouses purulentes qui éclaboussent nos écrans et nos yeux ces derniers temps (à ce rythme les lunettes 3D seront bientôt remplacées par des lunettes de soudure, voir le casque intégral quand la gastro visuelle est trop forte), on ne va pas faire la fine bouche lorsqu'un réal obtient un bon résultat avec un matériau de merde (réchauffée en plus).. 

Voilà donc une sympathique suite qui a au moins le mérite d'exister sans provoquer de fortes douleurs rectales à celui qui la visionne; ça fonctionne bien, la dose de frissons recommandée est bien présente et même si on n'atteint pas de sommets, le plaisir est suffisant pour contenter une audience venue chercher quelques sensations fortes. Une suite dispensable mais tout à fait recommandable.

Critique: The Autopsy of Jane Doe – André Øvredal – 2016

Synopsis:
Tommy Tilden et son fils, Médecins légistes, se voient confier le cas de "Jane Doe" (nom désignant une personne sans identité), une femme morte de manière bien mystérieuse. L'autopsie, qui devait être une formalité, va se révéler de plus en plus troublante tout au long d'une nuit qui pourrait bien être la dernière..

L'avis de David:
Et vlan, revoilà le spectre du film que tout le monde a aimé et qui plane au dessus de ma tête comme un pigeon constipé depuis 3 semaines. Vais-je encore me prendre une omelette de caille en plein visage ou la peur daignera-t'elle enfin me titiller les orteils de la même manière que pour les autres spectateurs qui semblent avoir été terrifiés au gré des projections (du film hein, on oublie le pigeon là). Même Stephen King, très en vogue en ce moment, a semble-t'il dû être accompagné pour assister à la séance, c'est dire. Après avoir chassé les trolls à coups de boulettes saveur caca, le réalisateur au nom de meuble s'attaque donc à la possession diabolique et nous vend un truc qui promet des révélations plus ou moins flippantes sur une nana bizarre que personne ne semble connaitre. Pas mal. Bon j'ai déjà une petite réclamation complètement insignifiante et surtout qui ne sert absolument rien mis à part peut-être à me soulager en libérant ma connerie: pourquoi diable avoir traduit un titre Anglais par un titre Anglais..? Passons, et intéressons nous au nerf de la guerre, celui qui frétille à la seule évocation d'une porte qui claque, toujours prêt à nous dresser les poils les uns contre les autres. Le début commence plutôt bien; des personnages intéressants, bien joués et un joli emballage qui met l'eau à la bouche (générique top sur fond d'autopsie bien crado, musique qui claque et morgue filmée amoureusement appuyée par une photo de toute beauté). Raaaahhh, je vais aimer là c'est quasi sûr, en tout cas ça part très bien. Les phénomène bizarres commencent à survenir et tout semble monter crescendo jusqu'à un véritable déferlement de... ben rien justement. Comment ça, qu’ouïe-je? Dans quel étagère? On va vous épargner un suspense inutile tout de suite. Mis à part apprendre que c'est une sorcière (et on se demande bien comment, le héros semblant avoir fait tourner la roue des réponses toutes faites juste avant), vous ne saurez quasiment rien sur cette "Jane Doe" qui parait pourtant bien revancharde. Rien, nada, peau de balle. Le scénario a sûrement dû être écrit sur un coin de table (au sens propre comme au sens figuré) et le réalisateur n'essaye même pas de nous faire passer ce bout de bois indigeste en l'agrémentant de sursauts bien sentis ou d'apparitions fantomatiques à glacer le sang; non... Juste des zombies à la con, des péripéties à la con et surtout des incohérences à la pelle/con (le mec qui se casse 72 côtes et qui continue à courir comme un dératé). N'attendez rien non plus de la fin, vous n'aurez droit qu'à un vulgaire twist éventé comme les dessous de bras de Freddy lors du lavage hebdomadaire de son pull à rayures et rien de plus.. On se fout de tout et surtout de nous. Aucun cheminement, des personnages qui ne servent à rien, une histoire inexistante et des frissons qui ne dépasseront pas le frétillement d'un pet un soir de gastro, absolument tout est réuni pour qu'encore une fois je me fasse un maximum d’ennemis tant le film semblait avoir été apprécié par le plus grand nombre. On sauvera juste deux trois effets gores à l'ancienne ça et là mais guère plus. Bref, je dois décidément avoir des goûts de chiotte et présenter un penchant pour le sadomasochisme tant je m'obstine à y croire à chaque fois (et à chaque fois c'est la dégringolade). Promis pour la prochaine je me sélectionne un bon Z rital qui tâche; ça me donnera au moins l'occaz de me marrer...

Je me suis encore une fois excité tout seul dans mon coin pour hériter au final d'un pétard mouillé aussi vide que mon compte en banque après le passage du trésor publique. Quelle déception. Un néant abyssal qui ne sert absolument à rien mis à part tuer 1h26 de votre temps de vie à grands coups de bistouri dans la rétine. En tout cas moi, les incontournables, demain j'arrête...