Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

News: Court magistral: « Les murmures du vent » de Loïc Jouenne

Après l'éminemment sympathique "Muffin" qui avait bien emballé l'ami Mike à l'époque, Loïc Jouenne revient avec un nouveau court fantastique. J'aurais même pu le présenter en parlant plus d'onirisme que de fantastique tant l'atmosphère dans laquelle il nous convie nous glisse doucement dans un chausson mélancolique, sorte de rêve éveillé qui nous berce pour un sommeil qu'on imagine le dernier. Je vous laisse bien entendu découvrir les mésaventures de cette dame qui semble cacher un lourd secret et vous invite à venir nous parler de votre ressenti car chacun pourra y trouver sa propre interprétation. Joliment filmé (très belle photo), joliment joué par l'unique actrice qui porte le film et superbement souligné par une musique juste sublime, je ne saurais que trop vous conseiller de le visionner. On attend avec impatience les débuts de Loïc dans la cour des grands tant son talent semble évident. En attendant le grand saut, faites vous plaisir (et prenez un Muffin aussi, ça fait du bien)! 

Critique: The Bye Bye man – Stacy Title – 2017

Synopsis:
Trois étudiants amis depuis l'enfance décident d’emménager ensemble dans une vieille maison pleine de charme. Ils vont très vite découvrir qu'un horrible secret se cache dans ses entrailles et qu'ils auraient mieux fait de dire... Non je ne le dirais pas...

L'avis de David:
Là pour le coup je suis vraiment bien embêté.. Ben oui, faut pas que j'en parle.. Et puis faut pas que j'y pense non plus. C'est pratique tiens pour écrire un papier sur le machin. A croire que les scénaristes ont fait exprès de pondre cette légende pour éviter de se manger des critiques négatives. "Hin hin hin, les cons, comme ça ils pourront pas dire que notre Bye Bye man c'est du caca!". Merde, je l'ai dit.... Ahhhhrgh, je sens déjà son haleine fétide se rapprocher de mes nasaux. Ah non ça c'est la personne juste derrière moi mais elle aussi je ne dois pas prononcer son nom (je suis déjà dans la bouse jusqu'au cou, on va éviter de pencher la tête). Bon, apparemment il ne se passe rien... Cette légende urbaine s'approcherait-elle d'un vent abyssal croisé avec une flatulence de mammouth qui se serait gavé de brocolis la veille? Ce qui est sûr en tout cas c'est qu'ils ne se sont pas foulés pour nous la sortir la colique. Une pauvre histoire mixée avec des morceaux de "It Follows" (fallait pas, vraiment, on n'en aurait pas parlé promis..), "Les griffes de la nuit" (la maison de Freddy ressemble comme deux gouttes d'eau à celle-ci et que dire de l'allure du croquemitaine qui lui empreinte un bon paquet de similitudes) et avec à peu près tout ce qui s'est fait dans le genre depuis une bonne vingtaine d'années ("Wishmaster" avec son cabot, "Boogeyman" avec son...lit); on ne peut pas dire qu'on nage en pleine originalité. Si encore le traitement était efficace, on passerait l'éponge, mais même pas. La réalisation est plan-plan au possible, les acteurs jouent comme des truelles (mention spéciale à Carrie Anne Moss qui semble sortie de la matrice après un méchant bug et qui nous offrira quelques mimiques/répliques hilarantes, même si je suis à peu près sûr que ce n'était pas voulu -- ah le clin d’œil--), on a même droit à des caméos improbables comme celui de Leigh Whannell, Doug Jones (ah non lui c'est le Bye Bye man) ou encore Faye Dunaway (je les confonds toujours, heureusement qu'elle a les cheveux longs). Le bidule finira de nous achever avec des effets spéciaux qu'on préfère imaginer parodiques tant ils touchent le fond de la médiocrité numérique. Sans déconner, le chien en gif animé fallait vraiment abandonner l'idée si c'était pour avoir un rendu pareil. Un vrai médor un peu grimé aurait bien mieux donné le change que ce machin tout pixelisé animé avec un obscur shareware qui trainait sur le disque dur d'un technicien. La loose se niche dans l'os, tout le monde le sait bien (oula la, bye bye l'humour). Soyons franc du collier, il ne reste pas grand chose à cette histoire de croquemitaine pour terroriser le chaland.. Tout au plus une ou deux scènes bondissantes (vous savez les jumpscares) qui feront effet sur les plus alcoolisés d'entre nous et un ou deux effets gores mignonnets (le crâne éclaté de la bibliothécaire, hop je balance) pas trop ternis par des CGI en carton. Même pas un Neo en collants cuir noir pour nous lancer un lapin nain à la figure, tant pis s'il n'est pas tout blanc (ça dépend s'il a croisé un ours avant en fait). Reste Morphéus qui nous a refilé la mauvaise pilule et qui du coup nous a collé un sacré bad trip... Y a qu'à voir la tronche de Trinity à la fin (et là on fait un énorme clin d’œil bien gras avec du caca au coin)...

On ne va pas y aller par quatre chemins, un seul suffira: c'est mauvais, très mauvais. Le plus triste c'est qu'on ne peut pas s'empêcher d'imaginer ce que ça aurait pu donner avec plus de moyens mais surtout avec plus de conviction. Reste une malédiction bien mollassonne qui pourra se laisser voir pour les plus indulgents (ou ceux qui veulent se marrer un bon coup) mais qu'on oubliera à la vitesse du moustique en chaleur (et c'est quand il se pose sur tes parties que tu comprends que la violence ne résout pas tout).

Critique: Tales of Halloween – Bousman/Marshall/McKee/.. – 2015

Synopsis:
La nuit d'Halloween est propice à la déambulation de ghoules et autres démons dans notre monde, se mélangeant à nous et tentant de piéger les plus vulnérables. Voici donc dix histoires racontées par dix réalisateurs différents qui prennent vie au travers de ce folklore macabre.

L'avis de David:
Le genre des "films à sketchs" n'est pas un genre qui a la vie facile. Entre les ténors du genre frôlant le génie pur ("Creepshow","Trick'r Treat","From a whisper to a scream") et les pires bouses innommables ("Creepshow 3"), difficile de se faire une petite place au soleil. Ce modeste "Tales of Halloween" y parvient pourtant en créant la surprise là où on ne l'attendait plus vraiment. Première constatation: sacrée brochette de réalisateurs! Darren Lynn Bousman ("Saw 2","Saw 3","Mother's Day"), Niel Marshall ("The Descent","Dog Soldiers"), Mike Mendez ("Gravedancers"), Lucky McKee ("Masters of Horror","May") mènent la danse aux côtés d'Axelle Carolyn, Adam Gierasch, Andrew Kasch, Dave Parker, Ryan Schifrin, John Skipp et Paul Solet. Ouf, j'espère n'avoir oublié personne! Et c'est sans compter les caméos de réalisateurs cultes comme John Landis, Mick Garris, Stuart Gordon ou encore Adam Marcus qui semblent s'être bien amusés en prêtant leurs trognes à certains protagonistes de ces mini fables horrifiques. Bref, du lourd. Attention, autant être clair tout de suite, on est loin des chef-d'oeuvre cités tout en haut mais l'essentiel est là: une passion de tous les instants qui anime l'ensemble et une envie de donner le maximum transpirant par tous les pores de la pellicule. L'esprit très "années 80" est ancré dans chaque plan, tout comme le plaisir de suivre ces histoires inégales, certes, mais diablement amusantes. On aura donc le droit pêle-mêle à de vilains tueurs bien moches et bien énervés (mention spéciale à celui qui affronte un extra-terrestre.. Original, marrant et ultra gore), des lutins monstrueux très joueurs (le segment avec John Landis, un des meilleurs), des citrouilles qui gobent tout sur leur passage ou même des sorcières fâchées toutes rouges avec des doigts fourchus; le tout saupoudré d'une bonne dose d'ambiance festive et de décors "Halloween style" qui vous donnent l'impression de feuilleter un bon numéro d'"Il est minuit l'heure des sorcières".. Vous reconnaîtrez bon nombre de bobines parmi les acteurs et tous semblent dans le ton. Même les enfants sont à l'honneur avec un segment particulièrement glauque rappelant à bien des égards des fleurons comme "De si gentils petits monstres" ou "Les tueurs de l'éclipse". Le tout est réalisé avec goût (fraise?) et se tient bien, baignant dans une ambiance festive plus qu'agréable. N'oublions pas de mentionner les effets spéciaux super efficaces (très peu de CGI à l'horizon ou alors vraiment discrets) réalisés à l'ancienne et faisant la part belle au gros gore qui tâche. Amateurs de resinet de tripes et de boyaux vous allez être servis, et copieusement. Éventrations, décapitations multiples et variées, découpages en tout genre.. Réjouissant. Et il y a même un segment qui parle d'un fantôme "Grim" ("Grim grinning ghost", je vous met au défi de ne pas sursauter pendant le visionnage), c'est pas la classe ça?

Il y avait bien longtemps que je n'avais pas vu un film à sketchs aussi bon. Généreux, sans complexes et surtout martelant à chaque plan son amour du genre, "Tales of Halloween" est à ranger juste entre le mythique "Trick'R treat" et le cultissime "Creepshow". Un très bon moment, sans prise de tête, qui aurait largement mérité une sortie dans nos vertes contrées (mais il est dispo chez tonton Netflix hein).