Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Watch out – Chris Peckover – 2017

Synopsis:
Dans un quartier résidentiel sans histoires, une jeune babysitter va devoir protéger un adolescent d'un cambriolage qui semble tourner en assaut meurtrier. Mais peu à peu, elle va se rendre compte que le danger ne vient pas forcément d'où elle l'attend le plus...

L'avis de David:
Mais que voilà encore une bonne petite surprise pour démarrer la nouvelle année. Sorti de nulle part, cet étrange mix entre "Maman j'ai raté l'avion","Scream" et à peu près tous les slashers des années 90 déboule sans prévenir en nous mettant une rafale de gifles en pleine tronche. Tout commençait pourtant de manière très convenue. Noël, ambiance gentillette façon comédie post eighties avec personnages caricaturaux au possible; mais bon dieu qu'est-ce qu'on est venu foutre devant ce machin qui part en fond de première sans même s’embarrasser du compte-tours. On embraye sur un home-invasion pépère, plan-plan, qui ne présage rien de bon pour la suite et là, miracle, le virage à 90 degrés... Tout ce classicisme mielleux se transforme en un truc bien méchant, écrit de main de maître avec un humour au vitriol proprement décapant. Les acteurs portent ce scénario rempli de surprises sur leurs épaules et nous entraînent avec eux dans un tourbillon d'émotions (stress, tension et agacement en tête) qui vont mettre la cocotte sous pression jusqu'à un final qui laissera sur le cul la plupart d'entre nous. Olivia Delonje (découverte dans "The visit" de Shyamalow) nous gratifie d'une prestation de babysitter blonde pas nunuche pour un sou mais c'est surtout Levi Miller ("Pan" t'es mort) qui laisse sans voix tant il arrive à exhorter nos pensées les plus noires dans un numéro de schizophrène de très haute volée (Virginia "Candyman" Madsen est aussi de la partie ce qui est de plus en plus rare de nos jours). Amateurs de sauce tomate tendance boulette et giclées bien épaisses, passez votre chemin. La plupart des exécutions sont ici plus suggérées que montrées mais on s'en fout, croyez-moi. Ce qui prime c'est cet enchaînement de catastrophes qui entraînent petit à petit nos protagonistes vers un point de non retour à l'issue désespérée. D'ailleurs, puisqu'on en parle, ne partez surtout pas lors du générique de fin... Petite séquence post générique au programme, qui finira de vous clouer au siège pour votre compte. La réalisation est propre, tout se tient et rien ne vient nous sortir de ce méga coup de trique que personne n'avait vu venir. Je sais, je me répète mais je n'avais pas vu de script aussi intelligent depuis bien longtemps. On en sort rincé, mais heureux. En ces temps de fête, cette proposition de remplacement à la guimauve et aux bons sentiments fait un bien fou par où elle passe. Je n'en dirais pas plus, au risque d'éventer une intrigue qui n'en demande pas tant, mais sachez juste que vous allez en prendre pour votre grade.

Petite critique (pour ne rien spoiler sans le faire exprès, ce serait gâché, autant le faire exprès) mais grande bobine que cet ovni mélangeant les genres avec brio et nous cueillant comme des bleus là où on ne l'attendait pas. Malin, très malin, le film file comme une flèche, sans temps morts et se permet même un twist comme on en fait plus. Entre la bûche et le foie gras (ou l'inverse) c'est que du bonheur.

Critique: The Babysitter – McG – 2017

Synopsis:
Cole est un jeune garçon renfermé et souvent victimisé par les autres. Il n'y a guère que Bee, sa baby-sitter, qui arrive à le faire sortir de sa coquille tout en le protégeant d'éventuelles agressions extérieures. Lors d'un week-end avec celle-ci et profitant de l'absence de ses parents, il va entreprendre d'en savoir un peu plus sur sa confidente garde du corps. Ce qu'il va découvrir va définitivement le sortir de sa zone de confort...

L'avis de David:
Ce qu'il y a de bien avec Netflix, c'est qu'on peut traîner au milieu de quantité de bouzins dont on se fout éperdument et comme ça en un claquement de doigts, en choisir un pour finir sa soirée.. Le regarder d'un œil distrait, en faisant poliment autre chose, histoire de passer le temps. C'est exactement ce que j'avais prévu de faire avec ce "Babysitter" d'un certain McG, coupable d'un "Terminator Renaissance" que j'avais plutôt apprécié à l'époque, et qui s'essaye ici au slasher branché décidemment bien à la mode en ce moment. Et bien figurez vous que c'est l'exact opposé que j'ai découvert au bout de ma télécommande ce soir là. Quelle surprise! Et surtout quelle bonne surprise! 45 minutes d'un pseudo "American Pie" piétinant allègrement un grand nombre d’œuvres diverses et {a}variées ("Stranger Things" prends cher l'espace d'une scène) et tout le reste au format "Maman j'ai raté l'avion" version trash; drôle, bourré de clins d’œil faits à tout un pan de l'horreur cinématographique (ahhhhh la musique de Vendredi 13 fredonnée par un des protagonistes lors d'une poursuite), filmé au petits oignons et solidement interprété (pour une fois même le gamin et la blonde du titre arrivent à être sympathiques), on atteint même l'orgasme cinématographique lors de la seconde moitié du film qui déclenche un véritable raz de marrée de gore frontal et sans concession.Sans déconner, le truc prend carrément une direction sanglante qu'on n'avait absolument pas vu venir et le plus classe c'est qu'il arrive à conserver son humour même pendant de laaaarges effusions de sang. Gorge tranchée avec geysers de sang, tête explosée au fusil à pompe (avec morceaux de cervelle projetés sur un des comédiens), œil crevé, cassage de nuque avec os apparent, j'en passe et des meilleures et cerise sur la bouteille d'eau, tout est réalisé en direct, à l'ancienne, sans avoir recours à des CGI bien dégueulasses (mais pas pour les mêmes raisons). Au rayon des reproches on peut évidemment se retrancher derrière le fait qu'on soit devant un cinéma décérébré, sexy voir sexiste (la galoche entre nana c'était pas obligé), pas original pour un sou et nous balançant méthodiquement des culs/nichons et grossièretés à peu près toutes les 3 minutes. Et bien tant pis, on s'en fout et on se rallie à ce je m'en foutisme ambiant qui de toute façon nous a fait prendre un pied d'enfer. En même temps, le mec a tout compris: quand on est venu chercher à peu près rien et qu'on ramasse un ovni gavé de tout ce qu'on aime ici à Grim, la vie est forcément belle! 

Con, sexy, méchant, méchamment drôle, sanglant jusqu'à l'os, tout est réuni pour passer un excellent moment devant ce film sorti de nulle part et qui aurait eu sacrément tort d'y rester. Que ça fait du bien de poser son cerveau, d'oublier un peu les codes habituels et de se prendre une bouffée d'air pestilentielle en pleine tronche. Mr McG, merci pour ce moment, vraiment!

Critique: Cult of Chucky – Don Mancini – 2017

Synopsis:
Nica, rescapée de la tuerie caoutchouteuse de "La malédiction de Chucky" se trouve internée dans un hôpital psychiatrique et accusée à tort  du meurtre de toute sa famille. Pensant bien faire, son médecin introduit dans les lieux une poupée brave gars d'apparence totalement inoffensive. Mais l'est-elle vraiment?... Ou va t'elle être de nouveau l'instrument de vengeance d'un Chucky plus énervé que jamais...

L'avis de David:
Cette fois c'est sûr... Je suis d'ailleurs. Bachelet m'aurait peut-être accompagné chez le boucher mais qu'on se le dise, j'ai encore apprécié un mal-aimé (et le téléphone peut pleurer je m'en fous).. Depuis sa sortie (même avant si on veut se la jouer polémique), je lis sur la toile tel l’œil de Moscou que ce septième volet des aventures de la poupée rousse serait un sombre étron qui n'aurait finalement pas dû voir le jour. Le sens du sacrifice illuminant mon âme et toujours désireux d'effectuer un bon geste face à l'adversité, c'est la fleur au fusil que j'ai enfourné la galette en croisant les doigts si fort que mes ongles sont tombés. Don Mancini, historique papa du poil de carotte mal élevé, reprend les rênes de la série et tente un retour en mode "c'est moi le patron". Hop, on casse le suspens tout de suite, mission accomplie et ravioli pour tout le monde. On retrouve donc un Chucky un chouia différent (ce qui le rend d'autant plus inquiétant à mon goût) et qui a une fâcheuse tendance à se démultiplier.. L'histoire ne casse pas trois pattes à une otarie mais ça se suit avec beaucoup de plaisir, c'est bien écrit, bien filmé et ça a le mérite de ne jamais traîner en longueur. Certaines scènes se payent même le luxe de claquer un max avec un joli hommage à une jaquette de "Phantasm" de Coscarelli (furtif mais classe). Jennifer Tilly reprend du service dans son rôle d'actrice dans le film (oui je sais, c'est con ce que je viens de dire), Fiona Dourif aussi (comme son papa à la voix d'ailleurs), celle-ci prouvant avec brio que la choisir était une excellente idée (surtout vu la tournure que prend le film dans les dix dernières minutes). Au rayon des réjouissances on pourra également citer des effets spéciaux à l'ancienne de toute beauté qui fonctionnent comme au premier jour et une avalanche de meurtres tous plus gores les uns que les autres. Tête éclatée à coups de talons, décapitation, perceuse dans l’œil, éventration avec boyaux à l'air, j'en passe et des meilleures, le tout parfaitement réalisé et mis en scène avec une certaine classe ce qui fera jubiler les amateurs de violence graphique (ok certains effets sont un poil exagérés mais c'est tellement chouette qu'on s'en fout en fait.. Surtout qu'on vous rappelle quand même qu'on discute d'une poupée qui parle..). Au rayon des déceptions je vois déjà venir les déçus de la fin qui prend pourtant la bonne direction en choisissant le côté obscur de la force mais qui en laissera forcément pas mal sur le carreau. Tant pis, on ne va pas bouder notre plaisir; c'est généreux en diable, fun, gore et ça nous propose une petite heure et demie de dézinguage à coups de poupée qui fait du bien par où sa passe. Mr Mancini, vous pouvez enquiller sur un huitième, moi à ce tarif là ma place est dors et déjà réservée.

Voilà donc un direct-to-vidéo qui fait plaisir à voir et qui nous offre pile ce qu'on était venu chercher. C'est plutôt rare de nos jours. Bien réalisé, bien foutu, suffisamment sanglant pour marquer les esprits, ce nouvel opus se pare des plus beaux ornements pour le retour de notre brave gars préféré. Allez, un petit crossover avec Pinocchio et je vous laisse imaginer le carnage; c'est bientôt Noel en plus...