Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Paranormal Activity Ghost Dimension – G.Plotkin – 2015

Synopsis:
Bon, des gens achètent une maison (superbe au passage) dans laquelle il s'est passé des trucs pas très clairs (voir obscurs). Le gentil petit couple trouve des VHS planquées dans un coin et décide de les visionner (tant qu'à faire). A cet instant, tout va basculer et feu leur magnétoscope va propager une hantise démoniaque dans toute la maison..(Niak Niak).

L'avis de David:
Bon, je crois avoir volontairement attendu le 5ème volet pour démarrer le visionnage de cette série me semblant aussi moisie qu'un bout de parmesan posé depuis 1972 sur le rebord d'une fenêtre, mais je me suis peut-être planté. Il m'avait semblé lire ça et là qu'il était un poil meilleur que les autres (un poil de cul alors) et puis l'accroche "Pour la première fois, vous allez voir les phénomènes" me faisait halluciner. Ben oui, les gars de la com avouaient juste poliment qu'avant il n'y avait strictement rien à voir.. Très très fort. En même temps, après avoir vu ce machin, je me suis dit que finalement ils auraient pu nous laisser le bandeau sur les yeux qu'on y aurait presque gagné (on aurait au moins bien dormi sans être réveillé toutes les 10 minutes par des flashs lumineux aussi nazes qu'inutiles). Sans déconner (enfin si, on va quand même un peu le faire), 1h30 de vide intersidéral, de plafond qui fait caca (ceux qui l'ont vu comprendront), d'effets numériques dégueulasses, le tout mené par des acteurs aussi expressifs qu'un réverbère éteint un soir d'éclipse fallait oser. Un con errant.. Pardon, incohérent de bout en bout, filmé avec les bras dans le dos, scénarisé par une palourde à qui on aurait greffé une main (gauche en plus, du coup on est au moins sûr que c'est pas elle qui a filmé), les superlatifs me manquent (saine et normale réaction, je suis soulagé). Les laxatifs eux, ne sont même pas nécessaires. Tu m'étonnes qu'elle est pas normale l'activité du soir, se faire chier pendant plus d'une heure devant un truc qui ne sert absolument à rien, faut vraiment être maso. L'histoire n'a absolument rien à raconter et essaye tant bien que mal de nous refourguer une énième possession démoniaque avec exorcisme et tout le toutim (oui oui, carrément) et touche le fion/fond pratiquement en permanence.. L'arrivée du prêtre creuse encore un peu jusqu'à ce qu'on finisse par trouver de l'eau via un final avec moults objets qui volent, gros spectre que l'on capture en le collant sous un draps (comme moi le matin), poitrine transpercée en CGI par un vieux poulpe en manque de beignets de crabe (les amateurs comprendront mais ne passeront pas l'éponge pour autant) et dénouement à moitié ouvert qui essaye de se la jouer méchant méchant mais qui se trouve être au moins aussi inoffensif qu'un couteau sans lame face à un saucisson sec (vous pouvez respirer).. Une ressemblance flagrante avec le "REC" de Balagueró/Plaza mais sans la classe ni le talent et des portes qui claquent pour surprendre le spectateur (faut se renouveler un peu les gars, ou éviter les courants d'air, c'est selon) viennent clore un tableau déjà bien chargé qui m'aura convaincu de ne surtout jamais me pencher sur les épisodes précédents.. Un adage disait assez subtilement que "Quand on est mort, on est mort, et on ne s'en rend même pas compte. C'est pour les autres que c'est difficile". Pour les films cons c'est presque pareil.

Tout pourri. Voilà la seule chose qui me vient à l'esprit après le visionnage fastidieux de ce "truc" bricolé par des amateurs en mal de brouzoufs. On est en permanence dans l'attente de descendre d'un étage dans la médiocrité, et le pire c'est que c'est exactement ce qui se passe.. Et ce n'est pas l'embauche de la doublure de Mario qui va changer la donne (voir photo ci-dessus). Un seul conseil, switchez...

 

Critique: Evil Dead 3, Army of darkness – Sam Raimi – 1992

Synopsis:
Après avoir crée un trou dans l'espace temps lors de son combat contre le mal, Ash se retrouve projeté en l'an 1300. Il se retrouve face au roi Arthur et doit à tout prix retourner à son époque. L'alchimiste du royaume lui propose une solution liée au Necronomicon -le livre des morts- mais qui n'est pas sans risques... Comme de bien entendu, Ash va gaffer...

L'avis de David:
Fort du succès du simili-remake de son film phare "Evil Dead" et décidément en vogue après la sortie de "Darkman", Sam Raimi revient en force quelques années plus tard pour nous offrir une nouvelle vision de son univers démoniaque. Laissant de côté l'aspect gore et cradingue si cher aux deux premiers opus (surtout au premier d'ailleurs, le deuxième glissant déjà gentiment vers le loufoque macabre), il choisit de traiter son histoire comme un dessin-animé live partant dans tous les sens, explorant toutes les facettes d'une mythologie démoniaque et maniant désormais un humour digne d'un Tex Avery sous amphétamines (à la manière de "Mort sur le gril"). Grooovy! Le simple fait de déplacer le cadre de cette fable démono-horrifique au temps des chevaliers va contribuer à laisser une bonne partie du fan service en carafe et aurait pu signer l'arrêt de mort de la saga.. Mais c'était sans compter sur le talent de Raimi qui parvient à faire prendre à son héros un virage de type 180 degrés, lui conférant un caractère égoïste et vicelard qui le suivra désormais avec un succès sans cesse grandissant (l'excellentissime série "Ash vs Evil Dead"). Bref, Ash is back, avec sa main tronçonneuse, sa chance du débutant et ça va déménager. D'ailleurs il aimerait bien lui, pouvoir repartir rapidement dans notre époque fleurissante pleine de marketing et de futilités existentielles. Chez prix bas, les prix sont bas, et on souhaiterait qu'ils le restent! Mais plutôt que de réciter une incantation salvatrice, notre héros incisif va encore une fois faire sa tête de con; en se trompant dans la formule, il aide le Necronomicon à libérer les forces du mal et à déclencher une guerre qu'il va devoir mener jusqu'à la victoire. AshLes hostilités étant ouvertes, le florilège d'âneries et de situations cocasses peut enfin commencer. Combat contre un démon dans un puits putride, attaque de "mini-lui" à coups de fourchette dans le fondement, baston contre son double démoniaque ("accouché" à grand renfort de déformations faciales et corporelles totalement délirantes) et clou du spectacle: l'armée des morts, tout fémurs dehors, qui affronte l'armée d'Arthur et ses humains. Alors oui, le film a un peu vieilli (même si les effets spéciaux tantôt latex/prothèses tantôt image par image ont un charme fou), l'apport des versions HD n'est pas forcément à son avantage (certains trucages à l'ancienne passent moins bien comme des ficelles qui deviennent visibles) mais nom de dieu quel pied! Bruce Campbell assume parfaitement son rôle de personnage de dessin-animé, enchaînant les chutes mortelles et les situations rocambolesques à tour de bras (enfin, avec un seul de bras); la galerie de monstres inhérentes à tout Evil Dead qui se respecte et l'humour ravageur de l'ensemble finissent de faire le job ce qui nous fait passer une petite heure vingt-cinq le sourire aux lèvres emprunt de béatitude (pour la version Européenne tout du moins, le director's cut présent sur le Bluray totalise lui 1h36 au compteur). Je récapitule: pour peu que l'on sache à l'avance ce qu'on est venu chercher et surtout qu'on ne soit pas hermétique à un humour déjanté réservé jusqu'ici à l'univers du Cartoon, ce troisième opus ravira vos papilles visuelles avec son culot "monstre" et son jusqu'au boutisme assumé. Un lâchage de bride en forme de gros bordel hystérique qui fut synonyme d'échec commercial pour Raimi et qui le forcera ensuite à rentrer dans le rang des productions plan-plan Hollywoodiennes (non sans une grosse pincée de talent quand même). La toile était tissée..

Destroy, hors-norme, fun, voilà ce qui caractérise le mieux cet "Army of Darkness" de haute volée. On ne retrouvera ce degré de folie que bien des années plus tard via une série dédiée à notre héros con et mégalo. Pas mon préféré (le premier, même réalisé avec des bouts de ficelle, m'avait décollé une sacrée baffe dans la gueule) mais pas le naveton parfois injustement annoncé, cet épisode chevaleresque mérite clairement que l'on s'y attarde. Une bouffée d'air frais dans un monde de brutes.

 

Critique: Ouija 2, les origines – Mike Flanagan – 2016

ouija2Synopsis:
Los Angeles 1965. Une veuve élève seule ses deux filles après la mort de son mari. Afin de gagner un peu d'argent, elle monte de toutes pièces des séances de spiritisme censées soulager les gens qui viennent la voir. Au cours de l'une d'elles, un esprit démoniaque va entrer dans leur maison.. et tout faire pour ne plus la quitter..

davidL'avis de David:
Exceptionnel. Voilà le premier mot qui me vient en repensant à l'expérience vécue au visionnage de ce film sur grand écran. Et pourtant c'était très loin d'être gagné. Une suite anecdotique d'un film anecdotique ("Ouija" assez mauvais d'ailleurs) adoubé d'une communication somme toute légère qui pourrait faire croire à un DTV qui se serait trompé de canal.. Bref, ça partait bancal quand même. Le film démarre, ambiance années 60, période pleine de charme, bande sonore géniale et cadrages qui laissent à penser que Flanagan est tout sauf un débutant. Et puis on est peu à peu happé dans cette histoire de spiritisme à milles lieux des "Conjuring" et consorts, captivé par cette histoire que le réalisateur prend le temps de nous raconter; ses personnages sont clairement définis, font preuve d'une psychologie plutôt aboutie et participent donc à donner une âme au film. Là ou un James Wan nous submergerait d’effets compliqués et de plans alambiqués, Mike Flanagan choisit la simplicité et distille l'angoisse par petites touches terriblement efficaces. Ce n'est que lors de la seconde moitié du métrage que les choses vont s'emballer et nous flanquer une frousse de tous les diables. J'essaye de contenir mes émotions pour ne pas trop en dire, mais sincèrement, je n'ai pas été aussi effrayé devant un film depuis au moins une bonne quinzaine d'années (certains frissons sont même à comparer à ceux procurés par l'"Exorciste" de Friedkin, à qui une scène rend d'ailleurs hommage). J'ai décollé de mon siège au moins une bonne dizaine de fois et à chaque fois avec l'impression de m'être sacrément bien fait banané. Mais ce n'est pas le pire. Non, le pire c'est la petite Lulu Wilson qui campe une possédée comme on en a plus vu depuis des lustres. ouija-2Chacune de ses apparitions va vous faire couler la sueur dans le creux du dos et je peux vous assurer que vous n'êtes pas prêt d'oublier son petit visage au sourire bloqué et aux yeux vitreux. Et là encore le maître mot est "simplicité" avec un maquillage et des effets ultra simples mais qui vous retournent le cerveau. Mais "Ouija 2" est aussi un film de fan pour les fans. Flanagan le saupoudre d'hommages plus ou moins appuyés à certains ténors du genre qui ne manqueront pas de faire mouche auprès des passionnés. On pense de suite à l'"Exorciste" bien sûr mais aussi à la poésie morbide du grand Lucio Fulci, "La maison près du cimetière" bénéficiant d'un immense clin d’œil avec son docteur fou charcutant des corps dans le sous-sol de la maison (le décor ressemble d'ailleurs à s'y méprendre à celui de Freudstein). L'affrontement final, véritable train fantôme cinématographique, vous réserve quelques rebondissements de haute volée qui lui confèrent une tension de tous les instants rendant ce démon proprement terrifiant, VRAIMENT terrifiant (et faisant passer la none de James Wan pour une danseuse du Crazy Horse sur le retour). Le fin mot de l'histoire, glauque à souhait, fait office de cerise sur le McDo et même la toute dernière image du film se permet un nihilisme total laissant une petite part d'imaginaire au spectateur déjà bien malmené. Stupéfiant. Stupéfiant de voir qu'à l'heure actuelle, le talent peut encore prendre le dessus sur le pognon et le dieu marketing. Brillant jeune Flanagan, vous avez bien mérité votre cocktail...

"Ouija 2" est très certainement LE film d'horreur de cette année (minimum) et consacre instantanément Mr Flanagan Grim-réalisateur en chef. Une entrée fracassante au panthéon des tous meilleurs et un spectacle prompt à coller la mort aux plus endurcis. Si vous le pouvez, foncez voir cette perle sur un grand écran et dans une salle noire, les sensations n'en seront que décuplées. Top de l'année en tout cas!
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