Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: A cure for life – Gore Verbinski – 2017

Synopsis:
Lockhart est un jeune cadre aux ambitions affirmées qui rêve de gravir les échelons de son entreprise de placements financiers. Il est envoyé en mission pour retrouver son ancien patron parti en Suisse suivre une cure de remise en forme. Piégé à demeure, il va découvrir toutes les spécificités du traitement mis en place par l'inquiétant docteur propriétaire des lieux...

L'avis de David:
Bon, les pirates qui officient dans les Caraïbes, moi c'est pas trop mon truc; je suis plutôt Pina Colada et farniente au creux d'un bon hamac. Ça tombe bien car même si on reste en terrain aquatique, l'ami Verbinski nous propose cette fois un rafraîchissement plus en phase avec les aspirations de la maison; et c'est diablement bon. D'abord parceque c'est à l'opposé de tout ce que nous propose Hollywood au rayon horreur depuis bien des années. Stylé, gavé de plans absolument magnifiques, oscillant en permanence entre une réalité froide et aseptisée et un conte macabre parfois dérangeant, ce "Cure for life" ne laisse pas indifférent. Critique au vitriol de la société d'aujourd'hui qui encense les financiers sans scrupules et laisse mourir ses anciens dans de véritables mouroirs, le réalisateur n'y va vraiment pas avec le dos de la cuillère. Culotté, ou pas d'ailleurs, s'affranchissant des bonnes manières, il enchaîne les nus à l'écran sans aucune pudicité, provoque le spectateur en effleurant des thèmes tels que l'inceste ou le viol et se lâche complètement dans une poignée de scènes trash qui font mal par où elles passent (les phobiques des dents passez votre chemin)... Mais ce qui laisse d'abord pantois en regardant ce film, c'est cette ambiance qui nous enserre, nous embarque (la musique, lyrique, sublime, n'y est pas étrangère) et nous tient jusqu'au bout des 2h26 d'une intrigue dont on veut absolument connaitre le dénouement. Les acteurs jouent juste (et sont à l'opposé des stéréotypes habituels), l'histoire se tient et mis à part une ou deux incohérences (le bidon d'essence à la fin qui apparaît comme par magie) le tout forme un met terriblement délicieux jusqu'à la dernière miette. Et quelle miette.. Le final grandiose et apocalyptique enchaîne les références de malade ("The Burning" de Tony Maylam qui partage le plan de mise à mort de son grand méchant ou même "La maison près du cimetière" et sa dégringolade d'escalier menant à un sous-sol d'éternité -surtout que là aussi les méchants pourraient se ressembler-). Ajoutez à cela une grosse inspiration qu'on sent émaner du jeu-vidéo "Bioshock" et vous obtenez un film presque sur-réaliste. Gothique, hors des balises Hollywoodiennes, cette cure de jouvence à la fois romantique et violente (dans ses actes mais aussi dans son propos et sa dénonciation de nos travers d'égoïstes notoires) est une véritable bouffée d'air frais qui laisse admirateur face au travail d'orfèvre réalisé par Gore Verbinski. Inespéré et tellement unique qu'il en devient magique.

Visuellement renversant et pétri d'éléments de réflexion sur la nature humaine, ce nouvel essai du réalisateur de "Pirates des Caraïbes" saborde le tout conventionnel du cinéma horrifique et apporte une aura à la fois belle et dérangeante à un genre qui en manque cruellement ces derniers temps (marre des copiés/collés sans saveur). Aimé ou détesté, apprécié ou subi, "A cure for life" ne laissera en tout cas personne indifférent; c'est bien ce qui caractérise les œuvres majeures non?

Critique: Happy Birthdead – Christopher Landon – 2017

Synopsis:
Teresa, une jeune lycéenne désinvolte et très centrée sur elle-même, succombe à une terrible agression en allant à une soirée. Un mystérieux tueur l'attaque et la tue brutalement. Cependant, cette tragédie se répète puisqu'elle est condamnée à revivre inlassablement la même journée... Juste avant de mourir à nouveau...

L'avis de David:
Réaliser un slasher de nos jours relève de l'exploit. Un réussi bien entendu, la sombre bouse étant elle relativement aisée de conception. Certains y arrivent plutôt pas mal (le "Hush" de Flanagan), d'autres moins.. Bien décidé à s'éloigner de la prairie et de la petite maison qui y figurait, Christopher Landon (fils de Michael, et oui) opte pour un mélange des genres afin de faire prendre la mayonnaise. Certains ont abouti à une exquise sauce qui passait toute seule ("Scream" de Craven ou encore "Stitches" en poussant le potard de la parodie bien à fond) et d'autres chopèrent une chiasse dont seuls quelques uns arrivent à se relever (surtout que plus c'est vert, plus ça colle). Bref, le gus tartine son film d'une couche d'humour léger post-adolescent, d'une poignée de scènes inquiétantes mettant son tueur en avant (bien joué le masque de bébé, ça fonctionne du tonnerre) et termine le tout à grosses louches de boucles spatio-temporelles qu'un Bill Murray n'aurait franchement pas reniées. Malin. Et ça marche! Le film, même si il démarre timidement (les deux ou trois premiers rembobinages font craindre un truc longuet et sans intérêt) parvient à capter l'attention et brouille juste assez les pistes pour nous faire saliver et espérer un dénouement digne de ce nom. Marie aurait été fière de toi (surtout après un mémorable "Happy Birthday to me"), chapeau (comme papa). Le film, même si il démarre timidement (les deux ou trois premiers rembobinages font craindre un truc longuet et sans intérêt) parvient à capter l'attention et brouille juste assez les pistes pour nous faire saliver et espérer un dénouement digne de ce nom. Tiens, j'ai l'impression d'avoir déjà lu ça quelque part... Sûrement l'ail qui n'était pas frais. Au rayon des mises à mort (ben oui, un slasher sachant s'lâcher est un slasher qui fait gicler la barbaque), pas grand chose à se mettre sous la dent à part deux trois coups de couteau (bien placés je vous rassure) et quelques affrontements assez violents. Au rayon des mises à mort (ben oui, un slasher sachant s'lâcher est un slasher qui fait gicler la barbaque), pas grand chose à se mettre sous la dent à part deux trois coups de couteau (bien placés je vous rassure) et quelques affrontements assez violents; Raaaaahhhhhhh... Adeptes du gros gore qui tâche, ce n'est pas le film qu'il vous faut. Par contre si vous voulez passer un excellent moment, tiraillé entres des scènes assez inquiétantes (certaines apparitions du tueur donneraient presque la chair de poule) et une quête de la révélation finale qui devrait vous occuper un moment, alors là vous avez frappé à la bonne porte. Adeptes du gros gore qui tâche, ce n'est pas le film qu'il vous faut.... Merde, ça recommence... Faut que je me dépêche de finir. Au rayon des (minis) déceptions, on pourra noter une réalisation sans panache (mais propre) et quelques longueurs (surtout au début) mais le charisme des personnages rattrape pour une fois le coup et l'arrivée du générique final nous laissera entre la satisfaction d'avoir trouvé le tueur avant l'heure ou la surprise d'une révélation qui semblait pourtant évidente, surtout qu'on n'aura eu de cesse de nous la mettre sous notre gros nez qui coule. "Bis repetita placent" qui disaient..  

Slasher préformaté qui aurait pu sentir la naphtaline, "Happy Birthdead" est finalement une très bonne surprise en plus d'un savoureux gâteau sur lequel les bougies n'ont pas eu le temps de couler. Fun, bien écrit, bien joué (ça c'est très rare dans le domaine) et assénant un final diablement ingénieux, cet ovni réalisé par Christopher Landon mérite amplement que vous vous y attardiez, vous ne devriez pas être déçus. Allez zou, on souffle bien fort (sans les postillons) et on fait un vœu..

Critique: Jigsaw – The SPIERIG Brothers – 2017

Synopsis:
5 personnes d'horizons différents se réveillent piégés dans une salle remplie de scies meurtrières. Leur Kidnappeur leur a apparemment préparé un petit jeu auquel ils vont devoir participer malgré eux et qui pourrait leur coûter la vie. Jigsaw serait de retour d'entre les morts et retrouve ses bonnes vieilles habitudes...

L'avis de David:
Certainement désireux d'éviter les jeux de mots sur ce huitième épisode (après la boucherie "Saw 6" et le fashion "Saw 7", difficile de faire mieux), revoilà donc une énième suite à la saga instaurée par James Wan et leigh whannell re-titrée cette fois-ci sobrement pour l'occasion "JigSaw". Que nous ont donc concocté nos prolifiques scénaristes pour ce nouvel opus? Encore un maboul qui imite son idole, un fils (la fille s'est déjà fait) caché sorti d'un chapeau ou bien John Kramer himself qui se serait recollé le carafon à la glue ou qui aurait carrément insufflé son âme directement dans la petite poupée cycliste qui se marre tout le temps (l'EPO devait plus être très fraîche). Je vais tâcher de vous laisser la surprise même si je suis super tenté de balancer que c'est un peu un mix de tout ça (ok sauf la poupée...et le fils caché). Mais non je n'ai rien dit, on se calme! De toute façon je n'ai pas parlé du final capillotracté qui aurait fait pousser des cheveux à Kojak en lui tirant sur les poils pubiens (qui sont pubiens d'ailleurs; si si, relisez..). Bref, cette fois ce sont les frêres Spierig qui s'y collent ("Undead" ou "Daybreakers" pour ne citer qu'eux) et on peut tout de suite dire que ce n'est pas si mauvais que ça pouvait en avoir l'air. Un bon point. Le film est très correctement réalisé et perd ce côté riche téléfilm qui se dégageait des deux ou trois derniers volets (avec une photographie plutôt jolie d'ailleurs). L'ambiance est là, la musique (ré-arrangée pour l'occasion) est très sympa et souligne le glauque de certaines situations et tout roule presque sans encombres. On va tout de suite mettre de côté le doublage Français absolument atroce qui donne l'impression que le principal protagoniste (un médecin légiste tout droit sorti d'un "Esprits criminels" ou consorts.. Enfin lui il rentre quand on sort, il est très joueur..) récite son texte de manière linéaire.. Ça pique sacrément les oreilles et n'aide pas à l'immersion... On oubliera aussi tout le côté convenu de l'affaire qu'on a vraiment l'impression d'avoir vu mille fois et cette fin complètement con qui nous ramène dix ans en arrière.. Mais, au fait, il y a bien un aspect de ce "Saw 8" dont on a pas parlé et qui pourtant maintient la série sous respirateur depuis au moins le second épisode.. Le gore. Ben oui, Jigsaw c'est son truc les pièges tordus qui font bien mal et qui éclaboussent l'écran à grand renfort de tripailles caoutchouteuses (ou pire, numériques). J'avais entendu dire que celui-ci était bien plus sage sur le sujet (avec même des exécutions hors-champs), inquiétant, surtout quand il s'agit de l'essentiel du spectacle attendu. Adeptes des tripes à la mode de Caen, rassurez vous; c'est quand même gentiment gore par moments (tête sciée en deux ou bouffée par l'acide, divers membres sectionnés bien méchamment, etc..) et c'est surtout majoritairement fait "on-set" (comprenez avec des trucages à l'ancienne). Alors, heureux?

Moins mauvais que ce qu'on pouvait craindre mais pas folichon non plus, ce huitième épisode laisse une impression mitigée. Généreux en résiné mais pas trop, bien réalisé (mais pas trop?), suffisamment distrayant pour nous faire encaisser une petite heure et demie devant les nouvelles conneries à tonton Jigsaw, les frêres Spierig font le job sans trop forcer et arrivent à nous tenir éveillés. Enfin, jusqu'à la révélation finale sacrément débile quand même (quand on a pas de twist final, et ben on en a pas, même en faisant semblant). J'ai longtemps hésité entre le deux et le trois, mais comme je suis monstrueusement feignant au point de ne pas vouloir ajouter le demi, la note en a profité la coquine..