Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

News (et Concours!): Sortie de Dementia (Mike Testin)

Après avoir été diagnostiqué de démence, un vétéran est forcé par sa famille, avec laquelle, il a peu de contacts, d’engager une infirmière à domicile. Il découvrira qu’elle cache un sinistre secret.
Enfin un nouveau film d'un des trublions responsable des "Contracted Phase 1&2", ça fait plaisir. Surtout que nous ici à Grim on avait plutôt bien aimé cette histoire de bouton purulent qui s'infecte un peu méchamment (surtout après rapprochement). Là, on change de registre pour basculer dans le "Misery"-like à tendance suffocante. C'est qu'il aurait voulu nous prendre aux tripes, hein Testin? (Oui je sais, elle est ignoble mais il fallait que je la sorte sous peine de périr dans des coliques atroces). En tout cas, on ne saurait trop vous conseiller cette petite perle noire qui prend son temps mais qui nous tient solidement par les parties pendant les 1h30 prévus au compteur. Mention spéciale à Gene Jones qui livre ici une prestation remarquable. C'est Ace Entertainment qui distribue le film chez nous, uniquement via les plateformes VOD pour le moment. Pour les amateurs de pomme, un petit concours vous permettant de gagner 5 pass de visionnage sur la plateforme Itunes vous est proposé. Pour participer, rien de plus simple: rendez vous sur la page Facebook de Grim, on dépose un petit j'aime pour la forme (ou pour les formes, c'est bientôt l'été) et on va laisser les réponses à ces trois questions dans les commentaires juste en dessous du statut correspondant. Hein? Les questions? Ah oui, mon traitement me joue des tours:

  1. - A quel film traitant de maladie sexuellement transmissible Mike Testin est-il associé (le bouton beurk)?
  2. - Gene Jones joue-t'il un vétéran de guerre ou un ancien tueur à gages à la retraite.
  3. - Et sinon, il fait beau chez vous?

Fin du concours le Vendredi 30 Juin 2017, tirage au sort de 5 Grimmers parmi les commentateurs et zou, un chouette film à regarder pour le week-end (sortie officielle le 29 Juin - Attention, les pass ne sont disponibles que pour l'Itunes store). On dit merci Ace Entertainment (on peut aussi déposer un petit j'aime sur leur page Facebook disponible ici, ça permet de se tenir informer) et on fonce déposer ses petites réponses (oui petites parce que les réponses sont quand même juste au dessus.. Si si, même la dernière, levez la tête..). En attendant, quelques photos issues du film et un petit lien Youtube pour se visionner la bande annonce pépère.. Elle est pas belle la vie? La bande annonce:

 

Critique: Pas un bruit (Hush) – Mike Flanagan – 2016

Synopsis:
Maddie est une jeune écrivain devenue sourde et muette après avoir attrapé une méningite lorsqu'elle était adolescente. Elle vit depuis peu recluse dans une grande maison au fond des bois afin de terminer sereinement son dernier roman. Malheureusement pour elle, un terrifiant tueur en série va jeter son dévolu sur sa demeure et elle va devoir se défendre coûte que coûte pour survivre à cette nuit qui s'annonce sanglante...

L'avis de David:
Je vous jure j'ai pas fait exprès... J'en entends déjà certains "Il n'a d'yeux que pour ce réalisateur, il a des actions chez Flanagan, tout ça pour gratter un cocktail".. Mais non mais non, je vous arrête! C'est en déambulant nonchalamment sur Netflix que je suis tombé sur ce "Pas un bruit" qui m'a interloqué et que j'ai donc regardé dans la foulée avant de me rendre compte lors du générique final qu'il s'agissait ENCORE d'un film de Mike Flanagan ("Ouija, les origines", "Before I wake", "Absentia"). Décidément très prolifique dans le genre que nous aimons, le gus s'attaque cette fois à l'exercice périlleux du Home-Invasion. Autant le dire tout de suite, tout ou presque a déjà été tenté dans le domaine et il serait fort étonnant qu'on arrive encore à nous surprendre avec cette recette. Du coup, notre touche à tout cinéphile décide d'ajouter un peu de piment à la sauce en rendant son héroïne sourde et muette. Alors? Ça marche? Oui, mais pas forcément pour les raisons imaginées au départ. L'efficacité va primer ici sur l'originalité et c'est bien devant une péloche sévèrement burnée que l'on se retrouve, aucun doute n'est permis. Flanagan met curieusement un peu de côté le handicap de Maddie (qui deviendra une force le temps d'une scène clé) et ne se sert finalement que très peu de ses autres sens aiguisés comme des couperets, restant prudemment sur un sentier balisé, presque convenu, mais diablement efficace. Le film est court (une petite heure vingt au compteur) mais la tension ne faiblit pas, grâce notamment à un tueur sadique particulièrement retors qui prendra un malin plaisir à faire mijoter notre piégée malentendante. Très peu de personnages interagissent avec nos deux protagonistes mais les scènes fortes s’enchaînent sans faiblir et c'est bien la première fois que je peux dire que Flanagan s'est un poil lâché sur le gore. Gorges tranchées ou transpercées (avec geysers de sang à la clé), tête explosée et surtout LA scène qui fait mal quand on la regarde: un éclatage de main à coups de pieds qui fera ressembler celle-ci à une oeuvre de Dali tant les doigts finiront asymétriques et en escalier (sincèrement la scène m'a piqué la rétine). La réalisation est comme toujours ultra efficace, les acteurs très bons (mention spéciale à Kate Siegel qui campe une sourde-muette particulièrement déterminée) et quelques scènes arrivent tout de même à nous prendre à rebrousse-poil (Maddie qui "perd" une vie et le tueur qui se sert d'un cadavre comme d'une marionnette pour frapper à la porte sont d'un glauque absolu). Malin. Au rayon des petites choses qui fâchent, on notera quelques trous scénaristiques ou réactions incohérentes des personnages et un classicisme qu'on aurait aimé voir écarté au profit de la singularité de l'héroïne. Autre déception, on ne saura rien sur le tueur et ses motivations, dommage. Bref, pas de quoi fouetter un chat, qui ne le sera pas d'ailleurs puisque c'est à peu près le seul à sortir indemne du machin...

Encore une réussite de Mike Flanagan qui nous prouve qu'il excelle dans à peu près tous les sous-genres de l'horreur. Après les fantômes et les mauvais esprits, il jette son dévolu sur une histoire de tueur fou pas piquée des hannetons. Un excellent moment à ne pas passer en famille, tendu, âpre et violent qui met définitivement du baume au cœur de l'amateur d'horreur cinéphilique. Amis Grimmers de tous bords, vous pouvez y aller les yeux fermés (ça changera), parole de scout mort.

Critique: Before I wake – Mike Flanagan – 2016

Synopsis:
Un jeune couple dévasté après le décès accidentel de leur fils décide de devenir parents à nouveau en adoptant un jeune garçon. Tout semblait bien se passer jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que des choses étranges se passent lorsqu'il s'endort. Ses rêves (mais ses cauchemars aussi) semblent prendre forme dans la réalité...

L'avis de David:
"Ahhhhhh jeune Flanagan.. La chance s'envole, l'esprit s'décolle mais il nous reste la picole".. Ok, j'aurais pu choisir meilleure introduction que cette strophe lâchée par un poète cuité tout juste sorti d'un cocktail, mais Tom m'en aurait voulu et en plus je l'aime bien moi Bryan Brown.. Bref, revenons à nos papillons et faisons l'apologie de ce réalisateur novateur maniant la caméra comme personne et réussissant à chaque fois à transformer la pellicule en or, quel qu’en soit le sujet. Après un "Ouija, les origines" de très haute volée qui avait réussi à nous coller les poils jusque dans le dos, Mike Flanagan remet le couvert et se tourne vers le drame intimiste à tendance fantastico-horrifique.. Parce que oui, nous ne sommes pas vraiment devant un film d'horreur, pas complètement en tout cas. Distribué par Netflix chez nous à grand renfort d'affiche dégoulinante et inquiétante, "Before I wake" trompe son monde et même si certains passages montrent bien la maîtrise du bonhomme dans l'art de nous faire changer de couche plus souvent qu'à l'habitude, l'essentiel n'est pas là, pas cette fois. Thomas Jane et Kate Bosworth font bien le job et donnent la réplique à un Jacob Tremblay ("Oppression") tantôt inquiétant, tantôt franchement touchant. Parce que oui, c'est là que la substantielle moelle tient toute sa saveur. L'histoire nous plonge littéralement dans l'univers de ce gamin perturbé en nous entraînant dans un tourbillon d'émotions qui va peu à peu nous empêcher de discerner le vrai du faux. Tout ça jusqu'à un final au twist déchirant, d'une tristesse immense, qui en plus de vous laisser sur le cul vous remplira d'une mélancolie qui en deviendrait presque apaisante. La métaphore avec les papillons est à ce propos d'une intelligence rare; colorés au début, symbolisant la vie, et devenant noirs lors de la progression du mal. Le tout est filmé avec une grande sensibilité et l'utilisation de certains effets propulsent quelques plans au panthéon du genre. Une musique tout aussi magnifique termine d'achever le pauvre spectateur venu trouver bonheur et on peut vraiment se demander comment on faisait avant Flanagan (avec les "Dans le noir","Annabelle" et consorts Blumesques). Pourtant, tout n'est pas totalement parfait. Le rythme, même si le film ne prétend pas envoyer la sauce à coups de grosse caisse et d'effets digitaux, aurait parfois gagné à être accéléré et certains passages raccourcis, mais je chipote. Quelques facilités auraient également pu être évitées, deux trois trous scénaristiques et un monstre qu'on aurait pu rendre encore plus effrayant (même si après avoir vu la fin on se rend compte qu'il arbore la pire des apparences, tellement familière...); rien de grave en somme mais un poil pubien ou pas bien qui empêche le film de venir se classer comme le tout meilleur de son auteur.

Encore une petite perle à ajouter au palmarès d'un réalisateur qui décidément les aligne. Un peu film d'horreur, un peu effrayant, terriblement touchant et laissant un goût de mélancolie après sa vision, "Before i wake" vaut largement le détour pour quiconque voudrait voir quelque chose de différent, de plus intime qu'à l'accoutumée. Bravo jeune Flanagan, vous l'avez fait. On dit souvent que pour devenir riche il ne faut rien offrir; et pourtant vous faites tout l'inverse (loi de Coglin)...