Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Graduation day – Herb Freed – 1981

Synopsis:
Un mystérieux tueur semble prendre pour cible les étudiants d'une université lors d'une compétition de course sur 200m (promis je n'invente rien); université qui fut par le passé le théâtre de la mort d'une étudiante précisément lors de cette course. Le tueur connaissait-il la victime (warf), cherche-t'il à la venger (même si c'était un accident, le con)?..

L'avis de David:
A l'époque bénie de la sortie des premiers "Vendredi 13" (et avec le succès qu'on leur connait), nombre de jardiniers ont voulu savoir si l'herb était plus verte ailleurs (non non, y a pas de faute, juste une vanne à deux balles), chiper sa part du gâteau, bref, produire un slasher histoire de marcher dans les pas du patron (et engranger des brouzoufs par la même occasion). Les mecs rivalisaient d'ingéniosité en essayant de transposer le mythe du tueur d'ados dans à peu près toutes les situations de la vie quotidienne. Il y a eu les camps de vacances (facile je vous l'accorde), les bals de fin d'année, le théâtre, le train fantôme, les rêves (là c'était fort) et... et... la course sur 200m; ben ouais. Toutes les scream-queens de l'époque passaient leur temps à courir dans tous les sens (sûrement parce qu’elles avaient un gros moche avec une hache au popotin en même temps) autant les mettre en compétition. Tous en survêtement et direction la piste d'athlétisme, ça va transpirer dans les slibards. Bon pas trop en fait, il va plutôt falloir prévoir quelques litrons de café tellement le truc est mou et soporifique. 1h00 de dialogues insipides et de situations toutes plus cocasses les unes que les autres (comment il pourrait en être autrement avec un pitch pareil), 20 minutes de gros plans sur les popotins de coureuses en short qui se changent, se rasent (!) ou forniquent avec le premier venu et 10 minutes de meurtres aussi gores qu'une émission culinaire avec Maïté. Sacré programme qui va nécessiter quelques stéroïdes pour être supporté. On est pourtant sur une production Troma (Rated R en plus) qui nous avait habitués à bien mieux dans le genre ("Girls school screamers","Mother's Day" ou encore "Christmas Evil"). Si au moins on avait matière à se marrer, mais même pas, le film arborant un style premier degré du plus mauvais goût (ça se prend au sérieux sans en avoir les moyens) qui l'empêche de s'assumer comme le slasher gore grivois qu'il devrait être. Enfin gore, soyons lucides.. Une poignée de meurtres à se mettre sous la dent et pas un seul ne vous fera renvoyer vos carbonaras de la veille. Un timide coup de couteau hors-champ avec une zouli traînée de sauce tomate, un cou en plastique transpercé par une pointe, une tête coupée surpeinte en blanc qui donne l'impression que le cou du mec a explosé tellement il a sniffé de coke coupée à la nitroglycérine... C'est pas vraiment la joie. Reste un charme propre aux années 80 qui titillera la corde sensible des nostalgiques, Christopher George (à peine remis de ses "Frayeurs" Fulciesques) qui ne sert à rien mais fait le job, du cocasse sans le vouloir (matez moi le petit extrait qui doit traîner quelque part à droite) et un twist final qui relève un peu le niveau avec sa glauquitude assumée (même si on retrouvera l'idée bien mieux exploitée un an plus tard dans "Happy Birthday to you").. Insuffisant pour passer un agréable moment mais juste assez pour se remémorer ces chouettes années qui semblaient bien plus amusantes dans nos souvenirs. Merde, vous croyez qu'on vieilli et qu'on fera bientôt partie de la secte des vieux cons grincheux qui n'aiment rien? Bon tant pis (imaginez trois petites notes électroniques sur ce début de phrase), je relance la galette on verra si je change d'avis.. Galette au passage de très bonne facture, aussi bien pour le film dispo en VOST et VF que pour le packaging très réussi de l'ensemble, on n'en attendait pas moins de Uncut movies qui nous soigne à tous les coups (et ceux là ils sont permis).

Encore un slasher tout droit sorti de la période bénie des Jason et consorts qui aurait mieux fait d'y rester. C'est mou, chiant, pas marrant et surtout pas gore pour un sou. Reste un charme qui pourra titiller les plus nostalgiques (ou les fans d'athlétisme) et un achat obligatoire pour les collectionneurs avides d'inédits sulfureux désirant compléter leur DVDthéque. Les autres, vous êtes prévenus...

Critique: Pas un bruit (Hush) – Mike Flanagan – 2016

Synopsis:
Maddie est une jeune écrivain devenue sourde et muette après avoir attrapé une méningite lorsqu'elle était adolescente. Elle vit depuis peu recluse dans une grande maison au fond des bois afin de terminer sereinement son dernier roman. Malheureusement pour elle, un terrifiant tueur en série va jeter son dévolu sur sa demeure et elle va devoir se défendre coûte que coûte pour survivre à cette nuit qui s'annonce sanglante...

L'avis de David:
Je vous jure j'ai pas fait exprès... J'en entends déjà certains "Il n'a d'yeux que pour ce réalisateur, il a des actions chez Flanagan, tout ça pour gratter un cocktail".. Mais non mais non, je vous arrête! C'est en déambulant nonchalamment sur Netflix que je suis tombé sur ce "Pas un bruit" qui m'a interloqué et que j'ai donc regardé dans la foulée avant de me rendre compte lors du générique final qu'il s'agissait ENCORE d'un film de Mike Flanagan ("Ouija, les origines", "Before I wake", "Absentia"). Décidément très prolifique dans le genre que nous aimons, le gus s'attaque cette fois à l'exercice périlleux du Home-Invasion. Autant le dire tout de suite, tout ou presque a déjà été tenté dans le domaine et il serait fort étonnant qu'on arrive encore à nous surprendre avec cette recette. Du coup, notre touche à tout cinéphile décide d'ajouter un peu de piment à la sauce en rendant son héroïne sourde et muette. Alors? Ça marche? Oui, mais pas forcément pour les raisons imaginées au départ. L'efficacité va primer ici sur l'originalité et c'est bien devant une péloche sévèrement burnée que l'on se retrouve, aucun doute n'est permis. Flanagan met curieusement un peu de côté le handicap de Maddie (qui deviendra une force le temps d'une scène clé) et ne se sert finalement que très peu de ses autres sens aiguisés comme des couperets, restant prudemment sur un sentier balisé, presque convenu, mais diablement efficace. Le film est court (une petite heure vingt au compteur) mais la tension ne faiblit pas, grâce notamment à un tueur sadique particulièrement retors qui prendra un malin plaisir à faire mijoter notre piégée malentendante. Très peu de personnages interagissent avec nos deux protagonistes mais les scènes fortes s’enchaînent sans faiblir et c'est bien la première fois que je peux dire que Flanagan s'est un poil lâché sur le gore. Gorges tranchées ou transpercées (avec geysers de sang à la clé), tête explosée et surtout LA scène qui fait mal quand on la regarde: un éclatage de main à coups de pieds qui fera ressembler celle-ci à une oeuvre de Dali tant les doigts finiront asymétriques et en escalier (sincèrement la scène m'a piqué la rétine). La réalisation est comme toujours ultra efficace, les acteurs très bons (mention spéciale à Kate Siegel qui campe une sourde-muette particulièrement déterminée) et quelques scènes arrivent tout de même à nous prendre à rebrousse-poil (Maddie qui "perd" une vie et le tueur qui se sert d'un cadavre comme d'une marionnette pour frapper à la porte sont d'un glauque absolu). Malin. Au rayon des petites choses qui fâchent, on notera quelques trous scénaristiques ou réactions incohérentes des personnages et un classicisme qu'on aurait aimé voir écarté au profit de la singularité de l'héroïne. Autre déception, on ne saura rien sur le tueur et ses motivations, dommage. Bref, pas de quoi fouetter un chat, qui ne le sera pas d'ailleurs puisque c'est à peu près le seul à sortir indemne du machin...

Encore une réussite de Mike Flanagan qui nous prouve qu'il excelle dans à peu près tous les sous-genres de l'horreur. Après les fantômes et les mauvais esprits, il jette son dévolu sur une histoire de tueur fou pas piquée des hannetons. Un excellent moment à ne pas passer en famille, tendu, âpre et violent qui met définitivement du baume au cœur de l'amateur d'horreur cinéphilique. Amis Grimmers de tous bords, vous pouvez y aller les yeux fermés (ça changera), parole de scout mort.

Dossier N°16 : ça c’est passé EP7 – Le poupetier de Novgorod


Episode 7Le poupetier de Novgorod
Date ou période: Arrêté en 2011
Lieu: Novgorod, Russie
Film inspiré: "La maison de cire" de Jaume Collet-Serra

Même si le film de Jaume Collet-Serra a été réalisé bien avant cette sordide affaire, on ne peut que constater les étranges similitudes entre cet homme entouré de poupées de chair et les deux frangins un peu barges de ce Slasher tout à fait recommandable (également remake de l'excellent "L'homme au masque de cire" réalisé en 1953). Bon, lui il n'a pas Paris Hilton dans sa collection...

Anatoly Moskvin (01-09-1966) est un universitaire comme les autres et suit des études de langues qui le mèneront à devenir Professeur (il en parlait 13 couramment), puis Traducteur et même Journaliste. Son enfance demeurait sans histoires à un détail près: participant à l'enterrement d'une petite fille de 11 ans, le cortège des adultes présents l'obligèrent à embrasser le visage de la morte en signe de dernier hommage. Poser ses lèvres sur le front cireux du petit cadavre agira comme une sorte de déclic mais ce n'est qu'à l'âge adulte que les pulsions en résultant se rappelleront à lui. Après avoir obtenu ses premiers diplômes universitaires, il développa une forme d'admiration pour les cimetières, les rites funéraires, l'occulte et la mort en général. Il passera une bonne partie de sa vie isolé, préférant rester aux côtés de ses parents, reclus dans son monde sans jamais rencontrer l'âme sœur (il est présumé vierge).
De 2005 à 2007, de graves profanations eurent lieu dans certains cimetières de la région. Moskvin travaillait alors à répertorier les morts pour un ouvrage édité par Alexei Yesin, "Necrologies"; sa fascination pour le morbide l'aura même poussé à passer la nuit directement dans ces lieux de repos éternel, allant même jusqu'à dormir dans un cercueil préparé resté ouvert. La police l'interrogera plusieurs fois (à cause de soupçons de vol et de vandalisme) mais sans pouvoir lui reprocher quoi que ce soit, faute de preuves. Ce n'est que lors d'une enquête un peu plus poussée sur des profanations dans le cimetière de Novgorod (en 2011) que les enquêteurs finirent par découvrir le pot aux roses. Anatoly Moskvin détenait pas moins de 29 corps dans son garage et dans son habitation. Même si le nombre de défunts n'approchait "que" la trentaine, il était soupçonné d'avoir profané au moins 150 tombes dans les environs (ainsi qu'aux alentours de Moscou). Il détenait également bon nombre de photos et de vidéos morbides (des corps désintégrés ou des cercueils ouverts) qui ne pourront malheureusement pas être reliés aux cadavres retrouvés. Lorsqu'il choisissait un corps, il le badigeonnait de sel et de Bicarbonate de Soude afin qu'il sèche (une technique de momification qu'il avait apprise dans un livre), le rembourrait à l'aide de chiffons ou de vieux vêtements, l'ornait d'un masque de cire qu'il décorait au vernis à ongles et terminait son oeuvre en l'habillant à l'aide de vêtements d'enfants. Ces "poupées" momies ornaient son antre sans que personne ne se doute de quoi que ce soit (ses parents étaient absents une grande partie de l'année) tant leur aspect faisait penser à de simples jouets confectionnés par un amateur. L'apprenti embaumeur prenait le thé avec eux, fêtait leurs anniversaires, comme s'il s'agissait de la famille qu'il n'avait jamais eu. Schizophrène Paranoïaque, Moskvin fut déclaré inapte à subir son procès et interné dans un hôpital psychiatrique. Depuis, chaque année, une demande de prolongation de sa détention est formulée et acceptée dans la foulée. Les enquêteurs l'auditionnèrent afin de comprendre ses motivations et se rendirent à l'évidence qu'il était tout bonnement fasciné par les enfants morts tout en étant persuadé qu'il pourrait leur rendre la vie grâce à la magie noire. Il communiquait avec les cadavres et leur demandait si ils souhaitaient être "ramenés" parmi les vivants (aucune tombe n'aurait été ouverte sans le consentement de son occupant). Bien souvent, s'allonger sur la sépulture lui permettait d'entendre ce que lui disait le défunt. Ce n'est que durant les dernières années (ce rituel aurait duré pendant près de 20 ans selon ses aveux) qu'il préféra rapporter les corps chez lui, convaincu qu'il serait plus facile de les entendre si ils n'étaient plus enterrés. Ils les disposaient donc confortablement et passait la nuit allongé près d'eux, tendant l'oreille. Pour lui, répondre aux appels des enfants suppliciés semblait plus important que d'obéir à la loi. Son internement serait toujours d'actualité de nos jours. Annabelle, tu ferais mieux de te planquer...