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Critique: Grave encounters – The Vicious Brothers – 2011

graveencountersSynopsis:
Lance Preston et son équipe des "Grave Encounters" tournent le sixième épisode de leur émission dans l'asile psychiatrique désaffecté de Collingwood. Ils décident de se laisser enfermer pour la nuit et espèrent ramener des images terrifiantes de véritables apparitions fantomatiques. Ce qu'ils vont y découvrir va dépasser toutes leurs espérances...

davidL'avis de David:
Et ben la voilà la bonne surprise du mois (bon ok y avait aussi "Le sanctuaire")! J'avais tellement lu de critiques positives de ce truc amateur bricolé avec les moyens du bord que je me suis enfin décidé à le visionner. Surfant sur la vague des pseudos chasseurs de fantômes œuvrant dans nombre d'émissions tournant en boucle sur le câble ou le satellite, les Vicious Brothers (rien que le nom de ces gars ne pouvait que me plaire) nous proposent un documenteur tourné de la même manière qu'un show TV. Du coup, on a l'impression de se retrouver devant un "Taps" ou un "RIP" (pour les meilleurs) gonflé aux amphétamines (puisque bidonné pour assurer le spectacle). Et les bougres sont sacrément malins dans cet exercice ô combien périlleux (on ne compte plus les "found footage" s'étant essayé au genre en se gamelant violemment les ratiches). Tout est fait et bien fait pour qu'on s'imagine savourant notre émission télé favorite, au détail près qu'on est presque sûr qu'il va se passer un truc (et ce ne sera surement pas juste un rat qui pète dans un couloir). Après une présentation plutôt ironique de l'équipe, des proprios et du matériel (on sent tout de même une pointe de moquerie, voir de parodie dans la façon de faire), on démarre la visite en commençant à scruter tous les recoins sombres de ce vieil hôpital délabré. Le décor est particulièrement bien choisi, glauque, chargé de souffrance et son histoire (qui nous est contée via de fausses images d'archives) participe grandement à nous inquiéter juste ce qu'il faut. Hop, premier sursaut et surtout premier "truc" utilisé par ces magiciens pour nous faire croire à l'incroyable: Sasha nous montre clairement une forme sombre et menaçante lorsqu'elle allume et éteint sa lampe. Pas de bol, c'est sa propre ombre. C'est en tout cas suffisamment malin pour qu'on se laisse avoir et nous montre avec quelle facilité notre imaginaire peut vagabonder lorsqu'on y est bien préparé. Vraiment bien foutu. N'ayez pas peur (enfin si, mais pas là), je ne vais surtout pas vous gâcher la surprise en vous racontant les différents événements auxquels vont être confrontés nos chasseurs de fantômes mais sachez que vous en aurez pour votre argent. Grave-Encounters-Ghost-1Vous allez sursauter (pas mal), frissonner (beaucoup) et vous étonner de certaines visions horrifiques particulièrement glaçantes réalisées avec une ingéniosité couvrant le manque de moyens évident (certains fantômes sont vraiment terrifiants). Pour le reste, même si ça peut parfois paraître un peu long, ça se suit sans déplaisir, les personnages (à la limite de la caricature je le répète) tiennent la route, prennent cher (les fantômes ne font pas de détail) et le final nous réserve un twist bien tendu sur cet hôpital qui possède sa propre identité et qui semble bien décidé à ne jamais les laisser sortir. Le mélange entre réalité et outre-tombe est d'ailleurs plutôt bien vu et cette sensation d'être digéré par les lieux, comme intégré, met facilement mal à l'aise. On peut tout de même déplorer quelques maladresses comme ces "Glory hole" avec des bras ou quelques longueurs qui auraient pu être évitées, mais encore une fois si on est "client" de ce genre de show, le compte est bon! Attention toutefois; ceux qui ne verront pas l'aspect "ironique" du machin ou qui se borneront à le comparer à un "Rec" ou un "Blair Witch" (qui n'ont absolument rien à voir mis à part le vert de la vision de nuit) passeront certainement à côté d'une bonne partie de la frissonnade. Et mon dieu que ce serait dommage...

"Grave encounters" montre une nouvelle fois qu'avec très peu de moyens mais beaucoup d'envie on arrive encore à faire peur. Préparez le popcorn, sortez les binouzes et enfoncez vous bien profondément (non, pas la boutanche) dans votre fauteuil. Vous allez explorer avec cette équipe les tréfonds d'un hôpital hanté lampe frontale à la main (ce qui est plutôt con). Laissez vous donc faire et appréciez de bons gros sursauts à l'ancienne qui font du bien aux abdominaux; c'est thérapeutique je vous dis!
4s5


Série TV: Masters of Horror, Jenifer (S1/E4)

mastersSynopsis:
Frank, officier de police en service, va croiser le chemin d'une bien étrange jeune femme, Jenifer. Celle-ci, affublée d'une aura à la fois irrésistible et terrifiante, va lui prouver qu'aucune bonne action ne reste impunie.. Avide de sexe,d'amour et terriblement attirante, elle va se montrer surtout dangereusement mortelle...

L'avis de David:
Voici certainement un des épisodes qui divise le plus de cette géniale série instaurée par Mick Garris. On retrouve un Dario Argento ("Suspiria","Phenomena","Inferno"..) transgressif, jusqu'au boutis-te, livrant un récit envoûtant et dérangeant à la fois. Le retour du maître. Il faut dire que cette "sirène" aussi belle que monstrueuse (à vous de voir dans quel sens prendre la phrase) nous laisse constamment tiraillés antre la fascination et l'horreur. Ce segment prend aux tripes, et même si le suspens est très rapidement éventé, son lot de scènes chocs ne laissera personne indifférent. Les effets spéciaux sont comme à l'accoutumée très réussis et je suis prêt à parier un bol de Weetabix que vous n'oublierez pas de si-tôt le visage de Jenifer (même si Argento joue habilement avec sa dissimulation quasi en permanence..). Alors oui, on pourrait dire que le scénario ne tient pas debout. Le type, même subjugué, garde chez lui un monstre qui a dévoré son chat, défoncé sa petite voisine de 7 ans et s'envoie même en l'air avec... Une sirène, qui ensorcelle, et qui dévore peu à peu celui sur qui elle a jeté son dévolu. Mais tout cela Argento ne nous l'explique pas et laisse son public faire tout seul le cheminement. Le paradoxe du visage horrible sur un corps de femme est également un élément de cette rhétorique qui clame haut et fort que l'aveuglement est le pire des maux, surtout quand on s'attache au superficiel (ou au désir). Bref, cet épisode tranche dans le vif; on aime ou on déteste. Moi j'ai beaucoup aimé et je dois avouer que j'ai mis quelques temps avant de digérer certaines images. A noter également des séquences d'attaques gores, sauvages autant que des étreintes sexuelles poussées qui lui ont valu une censure de quelques minutes lors de sa diffusion en France (à vérifier si le coffret DVD sorti depuis propose un montage non cut).

Un épisode tordu, qui signe le retour d'un Argento en bonne forme. Une histoire de sirène moderne, crûe, sordide, sanglante, qui met mal à l'aise. Ce segment ne plaira pas à tout le monde, c'est une évidence. Mais il a au moins le mérite de faire réagir, en bien ou en mal. Âmes sensibles s'abstenir tant certaines scènes sont dures et sans concessions (surtout pour une série TV). Un très bon crû.
4s5


Série TV: Masters of Horror, Mort Clinique (S2/E9)

mastersSynopsis:
Cliff et Abby, mariés et apparemment couple sans histoires, traversent une crise qui remet en cause leur amour. Lors d'une explication plutôt tendue en voiture, ils ont un grave accident qui laissera Abby atrocement brûlée. Dans un état très grave, elle se meurt peu à peu. Cliff, lui, va très rapidement se rendre compte que sa femme à moitié morte est bien décidée à le faire payer; dans cette vie ou dans la suivante...

L'avis de David:
Cette fois c'est le trublion Rob Schmidt, déjà responsable de l'excellent "Wrong Turn" (Détour Mortel chez nous), qui s'y colle en nous proposant un épisode basé sur la vengeance d'outre-tombe plutôt musclé. Et c'est peu dire. Le pauvre (même si plus l'épisode passe et moins on a envie de le plaindre..) Cliff va en voir de toutes les couleurs avec sa revenante de femme bien décidée à le voir brûler en enfer. La réalisation est plutôt carrée, propre, avec quelques rebondissements qui ne vous laisseront pas indifférents. Mais là où Schmidt frappe très fort, c'est dans les séquences dites "choc". Sous couvert d'une morale cynique et d'un pseudo discours de fond sur l'euthanasie, il nous assène une représentation de la douleur qui vous sonne littéralement. Les gens sont cruels, opportunistes et font jeu égal avec l'horreur de cette femme sans peau au regard qu'on est pas près d'oublier. A ce titre, les effets spéciaux de KNB sont comme d'habitude excellents et les différents emprunts à la filmographie d'horreur des années 80 particulièrement bien sentis ("Hellraiser", "Patrick" ou même "La grande menace"..). Un pur concentré d'épouvante avec ce qu'il faut de sang et de tripes pour ne pas laisser les amateurs sur leur faim. Pour les autres, attachez vos ceintures, ça va secouer.

Certainement un des meilleurs épisodes de la série (avec "Jennifer" d'Argento entre autres..) alliant avec talent la peur et le dégoût. Réalisé par un Rob Schmidt bien moins lisse que pour son précédent film, ce segment restera dans les mémoires (avec une image finale proprement glaçante).
4s5