Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Mom and dad – Brian Taylor – 2018

Synopsis:
Une adolescente et son petit frère tentent de survivre à une curieuse épidémie qui frappe leur entourage. Un mal incurable qui pousse tous les parents semblent à retourner contre leurs enfants. Ils éprouvent soudain une envie incontrôlable de les massacrer (rien de très nouveau donc)... 

L'avis de David:
L'un des réalisateurs du terrible "Ghost Rider 2" (ouch) fait volte-face et sort Nicolas de la Cage pour tenter de lui racheter une conduite auprès des fans (entre les voitures et les motos, le gus n'a pas mis 60 secondes chrono à couler le box-office). Quoi de mieux qu'une bonne comédie bien noire et bien violente pour tenter de prendre tout le monde à contre-pieds et faire oublier les affres du passé d'une tête de mort décidément cramoisie? Rien me direz-vous, encore faut-il que le pan-cake soit réussi et sans défaut de cuisson cette fois. Et bien force est de constater que la mission est remplie, sans génie certes mais sans trop d'accrocs non plus. Dés le générique (bercé par le sublime morceau "Yesterday, when i was young" de Dusty Springfield), on se retrouve face à un Ovni qui va peu à peu nous entraîner dans une folie meurtrière en perpétuel équilibre entre les genres; une fesse plongée dans l'horreur, l'autre dans la marrade bien grasse et sans pitié. Attention à bien respecter l'équilibre car si écart trop important il y a, le centre des choses peut vite sentir le caca. Mais je vous rassure, on s'amuse plus ou moins tout le temps avec ce nanar. Plus dans la seconde partie d'ailleurs que dans la première, servant plutôt d'introduction à tous les personnages, flash-backs et situations ubuesques à la clé. Une pointe de nostalgie peut-être, un soupçon de tempête intérieure que tous les parents vieillissants connaîtront un jour, vieux-adolescents qu'ils sont, mais rien qui ne nous laissera complètement sur le carreau. Dès lors que l'infection se propage, les choses sérieuses commencent et quelques scènes m'ont clairement arraché un fou-rire. L'accouchement, particulièrement sensible, propose une situation sacrément osée, oscillant entre une violence extrême (le bébé c'est tabou, on en viendra pas tous à bout) et une connerie abyssale qui ne pourra que vous fera marrer (si tenté que vous appréciez l'humour noir façon encre de chine). Quelques bastonnades bien violentes, deux trois défonçages de crânes bien trash et nous voilà déjà à la fin.. Fin qui aurait,elle, mérité un traitement un poil plus bien (hum). C'est l'un des talon d'Achille du film avec les quelques longueurs de la première demi-heure. Aucune explication, rien, nada, peau de balle. Tout semble se terminer sur une note de "je sais pas comment finir alors on fait un fondu au noir, rapport à l'humour" et c'est vraiment dommage tant un petit twist aurait fini le repas sur une note sucrée du plus bel effet. Tant pis pour ma gourmandise. Le film nous divertit, brave quelques interdits et joue avec un style très années 70/80 qui fait vraiment plaisir à voir. Suffisant à mes yeux pour mériter d'animer une soirée et nous sortir un peu de la torpeur ambiante.

Bien joué (Cage est en totale roue libre mais ça lui va bien et fait preuve d'une autodérision juste énorme), bien réalisé (Taylor se rattrape enfin), inventif et diablement original (même si ce n'est finalement qu'une réflexion parodique sur le quotidien de beaucoup de parents), le film réussit son pari en nous divertissant à grand coup de politiquement incorrect dans la gueule. On n'ira pas jusqu'à dire qu'il est excellent, la faute à quelques longueurs et à une fin vraiment expédiée mais ça fonctionne.. Et c'est déjà beaucoup! En tout cas nous on a aimé (mais on a mauvais goût, c'est bien connu).

Critique: Day of the dead Bloodline – H.H. Vicenz – 2018

Synopsis:
Zoe, ancienne étudiante en médecine, a survécu à l'apocalypse. Elle et une poignée de survivants tentent de trouver le remède à un dangereux virus qui transforme tous ceux qu'il contamine en morts-vivants.. La clé de sa réussite se trouve certainement dans le métabolisme de Max, curieux Zombi qui semble avoir conservé une part d'humanité (sic)..

L'avis de David:
Deuxième tentative de "remaker" une oeuvre qui n'aurait pas dû l'être et deuxième coup dans l'eau avec éclaboussure, boue et peut-être même religieuse fécale piétinée du pied droit... Bref, tout ce qu'il peut y avoir de pire sur un trottoir se trouve projeté sur votre écran, à grands renforts d'idées moisies et de références honteuses au film de Romero. Sans déconner, c'est vraiment lui qui va finir par se retourner dans sa tombe si ça continue; George si tu nous lis, peace, laisse couler (elle est grasse, mais bien bonne). Nous voilà donc de retour dans le fameux silo abritant des rescapés d'un apocalypse-zombi, forcés de contempler une poignée de personnages tous plus caricaturaux les uns que les autres tentant de survivre tant bien que mal au milieu de gros morts-vivants tout verts et tout énervés. Le savant fou de l'original devient donc une bimbo insipide qu'on imagine mal avoir fait un cursus de chercheuse (ou juste la tête alors),  remplaçant en même temps Sarah notre combattante "couillue"  et peut-être un ou deux zombis en passant (faudrait le revoir au ralenti pour être sûr mais c'est trop dur); on retrouve aussi son mec Miguel, transformé en bellâtre bodybuildé à la tête beaucoup trop petite (on dirait un puppet master avec des cheveux longs) qui ne perdra pas son bras et le méchant militaire qui est à peu près le seul à faire presque illusion (j'ai bien dis presque hein, vous emballez pas)...  Bud ou Boubou est également de la partie (encore heureux) mais c'est définitivement lui qui a pris le plus cher à mes yeux.. Le machin, en plus de capter plus de choses que ses congénères, monte de niveau et apprends dans la foulée les compétences "parole", "course rapide" et surtout, cerise sur l'escabeau, "truffe acérée".. Oui, vous avez bien lu. Le Max est vraiment devenu le meilleur ami de l'homme puisqu'il est désormais capable de retrouver Zoe à l'odeur.. Il faut le voir pour le croire déambuler dans les conduits d'aération de la base (dans laquelle il s'est introduit en s'accrochant sous une jeep quand même), le nez en avant tel un Malinois à la recherche de poudre de perlimpinpin. Alors de deux choses l'une, soit Zoe a chopé une chiasse carabinée et trimballe avec elle une odeur pestilentielle, soit on nous prend pour des jambons. Exit aussi toute forme de critique sociale quelle quelle soit ou de message sous-jacent qui pourrait tenter de nous démanger l’hypothalamus; tout ce qu'on se grattera c'est les couilles en espérant que ça se termine bien vite. A noter aussi au passage que le film fait de temps en temps gicler un peu de barbaque mais c'est surtout dans sa dernière partie qu'il se tapera une honte monumentale en tentant de reprendre le fantastique massacre final mis en scène par le dieu Tom Savini (qui fonctionne toujours aujourd'hui lui) mais avec une classe que n'aurait pas reniée un sanglier qui lâcherait une caisse dans un ascenseur en panne (en notre présence bien entendu). 

Rien à sauver pour ce nouveau remake (rien que la formulation me file la gerbe) qui arrive à faire presque pire que le précédent glaviot éjecté par Steve Miner (qui nous avait pourtant habitués à bien mieux avec les "Tueur du vendredi" et "Tueur du vendredi 2" par exemple), déjà bien malade. Il serait donc peut-être temps d'arrêter de refaire ce qu'en plus on ne sait pas faire (ou l'inverse je ne sais plus) afin de nous épargner d'autres tortures visuelles de cet acabit. Navrant et sans intérêt.

Critique: Last Girl, celle qui a tous les dons – C.McCarthy – 2016

Synopsis:
Au beau milieu de la campagne Anglaise, une base militaire abrite un projet scientifique visant à éradiquer un champignon qui transforme ses hôtes en dangereux zombies carnivores. Les expériences sont conduites sur un groupe d'enfants, toujours conscients mais potentiellement dangereux, éduqués et examinés par une équipe constamment sur le qui-vive. Très vite, les choses vont se gâter et la situation devenir critique...

L'avis de David
Dernier rejeton de l'armée de films de Zombies que nous voyons -parfois sous la contrainte- déferler sur nos écrans depuis l'avènement des "Walking Dead" et autres "World War Z", nous étions en droit de nous interroger sur son utilité.. Ben oui, on sait que parfois ils sont lents mais qu'ils peuvent courir, qu'ils sont bien souvent infectés, affamés (de chair humaine par préférence) et qu'ils ne sentent pas vraiment la rose (la faute à un léger état de décomposition avancé). A quoi bon remettre le couvert pour se retaper des tout verts qui bectent les humains comme des piverts (à dire très vite pour que ce soit rigolo)? Pour tout vous dire, le début m'a tout de même fortement titillé les neurones (enfin ceux qui restent). Tout simplement car on ne nous présente absolument rien de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce genre de productions. Du coup, les codes s'en trouvent changés et l'envie d'en savoir plus démultipliée. On assiste donc à un cours dispensé à des élèves bien particuliers puisque cloués (volontairement cette fois) sur une chaise, attachés de toute part et qui semblent pourtant bien inoffensifs (voir même sympathiques pour certains). De ce groupe ressort très nettement une personnalité, celle de Mélanie, jeune adulte enfermée dans un corps d'enfant (infecté qui plus est) qui semble représenter un début d'échappatoire à ce monde qui part en cacahuètes. Je ne voudrais surtout pas spoiler quoi que ce soit (qui a dit "pour une fois"?!) et je tairais donc la teneur des événements à venir en essayant de me concentrer sur les points forts et les points faibles du film mais ce que je peux déjà vous dire c'est qu'il m'a littéralement transporté. De par son ambiance d'abord, poisseuse, glauque, froide, sublimée par cette musique indus aux relents d'outre-tombe et à cette photographie à la blancheur presque médicale. Le pitch est également plutôt malin et l'explication donnée pour cette contamination s'en trouve du coup bien plus plausible qu'à l'accoutumée. On ne s'ennuie pas, la violence est bien présente (certaines attaques font froid dans le dos) et une poignée de scènes frise le génie (j'aurais pu dire crie au génie mais ça aurait sûrement jeté un froid) comme la séquence obligeant les héros à déambuler au milieu de morts en veille (mais aptes à se réveiller instantanément) qui promet quelques belles sueurs froides et fait preuve d'une originalité sacrément rafraîchissante. On notera aussi de belles analogies avec un autre art majeur, le jeu vidéo, dont une partie de la trame semble s'approcher par certains aspects ("The last of us" pour ne pas le citer). Mention spéciale enfin à ce final en inversion totale qui fait réfléchir et qui place l'humain face à son évolution (ou sa déchéance); du primitif à l'être civilisé il n'y a parfois qu'un pas et tout dépend de quel côté on se place.. Chacun y trouvera son interprétation, de la plus simple à la plus philosophique. Au rayon du négatif, on pourra tout de même se dire que si son traitement est particulièrement malin, nous sommes encore devant un film d'infectés avec quelques écueils qui ont la dent dure et surtout quelques facilités qui auraient pu être évitées (la base qui est imprenable pendant près de 10 ans et qui d'un coup se voit aussi accostable qu'un crocodile dans un bayou)... Soit. Cela ne m'a absolument pas gêné et surtout cela n'a absolument pas freiner ce coup de cœur qui m'a fait passer un excellent moment (en même temps j'étais client, j'aime bien les champignons moi). 

Enfin un film d'infectés qui nous sert une soupe un peu différente du pré-mâché de ces dernières années. Pas le plat ultime mais un truc suffisamment goûtu pour laisser nos papilles de cinéphiles avec une sensation de reviens-y absolument délicieuse. L'aile ou la cuisse, chacun choisira son camp mais ce qui est certain c'est que Tricatel n'est pas de la partie et que les étoiles sont méritées; n'est-ce pas Mr Duchemin.