Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Critique: Last Girl, celle qui a tous les dons – C.McCarthy – 2016

Synopsis:
Au beau milieu de la campagne Anglaise, une base militaire abrite un projet scientifique visant à éradiquer un champignon qui transforme ses hôtes en dangereux zombies carnivores. Les expériences sont conduites sur un groupe d'enfants, toujours conscients mais potentiellement dangereux, éduqués et examinés par une équipe constamment sur le qui-vive. Très vite, les choses vont se gâter et la situation devenir critique...

L'avis de David
Dernier rejeton de l'armée de films de Zombies que nous voyons -parfois sous la contrainte- déferler sur nos écrans depuis l'avènement des "Walking Dead" et autres "World War Z", nous étions en droit de nous interroger sur son utilité.. Ben oui, on sait que parfois ils sont lents mais qu'ils peuvent courir, qu'ils sont bien souvent infectés, affamés (de chair humaine par préférence) et qu'ils ne sentent pas vraiment la rose (la faute à un léger état de décomposition avancé). A quoi bon remettre le couvert pour se retaper des tout verts qui bectent les humains comme des piverts (à dire très vite pour que ce soit rigolo)? Pour tout vous dire, le début m'a tout de même fortement titillé les neurones (enfin ceux qui restent). Tout simplement car on ne nous présente absolument rien de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce genre de productions. Du coup, les codes s'en trouvent changés et l'envie d'en savoir plus démultipliée. On assiste donc à un cours dispensé à des élèves bien particuliers puisque cloués (volontairement cette fois) sur une chaise, attachés de toute part et qui semblent pourtant bien inoffensifs (voir même sympathiques pour certains). De ce groupe ressort très nettement une personnalité, celle de Mélanie, jeune adulte enfermée dans un corps d'enfant (infecté qui plus est) qui semble représenter un début d'échappatoire à ce monde qui part en cacahuètes. Je ne voudrais surtout pas spoiler quoi que ce soit (qui a dit "pour une fois"?!) et je tairais donc la teneur des événements à venir en essayant de me concentrer sur les points forts et les points faibles du film mais ce que je peux déjà vous dire c'est qu'il m'a littéralement transporté. De par son ambiance d'abord, poisseuse, glauque, froide, sublimée par cette musique indus aux relents d'outre-tombe et à cette photographie à la blancheur presque médicale. Le pitch est également plutôt malin et l'explication donnée pour cette contamination s'en trouve du coup bien plus plausible qu'à l'accoutumée. On ne s'ennuie pas, la violence est bien présente (certaines attaques font froid dans le dos) et une poignée de scènes frise le génie (j'aurais pu dire crie au génie mais ça aurait sûrement jeté un froid) comme la séquence obligeant les héros à déambuler au milieu de morts en veille (mais aptes à se réveiller instantanément) qui promet quelques belles sueurs froides et fait preuve d'une originalité sacrément rafraîchissante. On notera aussi de belles analogies avec un autre art majeur, le jeu vidéo, dont une partie de la trame semble s'approcher par certains aspects ("The last of us" pour ne pas le citer). Mention spéciale enfin à ce final en inversion totale qui fait réfléchir et qui place l'humain face à son évolution (ou sa déchéance); du primitif à l'être civilisé il n'y a parfois qu'un pas et tout dépend de quel côté on se place.. Chacun y trouvera son interprétation, de la plus simple à la plus philosophique. Au rayon du négatif, on pourra tout de même se dire que si son traitement est particulièrement malin, nous sommes encore devant un film d'infectés avec quelques écueils qui ont la dent dure et surtout quelques facilités qui auraient pu être évitées (la base qui est imprenable pendant près de 10 ans et qui d'un coup se voit aussi accostable qu'un crocodile dans un bayou)... Soit. Cela ne m'a absolument pas gêné et surtout cela n'a absolument pas freiner ce coup de cœur qui m'a fait passer un excellent moment (en même temps j'étais client, j'aime bien les champignons moi). 

Enfin un film d'infectés qui nous sert une soupe un peu différente du pré-mâché de ces dernières années. Pas le plat ultime mais un truc suffisamment goûtu pour laisser nos papilles de cinéphiles avec une sensation de reviens-y absolument délicieuse. L'aile ou la cuisse, chacun choisira son camp mais ce qui est certain c'est que Tricatel n'est pas de la partie et que les étoiles sont méritées; n'est-ce pas Mr Duchemin.

Critique: Resident evil chapitre final – Paul WS Anderson – 2016

Synopsis:
Alice est désormais la seule survivante de la bataille de Washington. Elle va devoir retourner dans le Hive à Raccoon City afin de combattre les dernières forces d'Umbrella Corporation. Aidée par un petit groupe de guerriers, elle va tout tenter pour mettre un terme à ce cauchemar (merci pour nous)...

L'avis de David:
Et une purge de plus pour Anderson qui n'en finit décidément plus de creuser; à ce rythme il devrait bientôt croiser l'Event Horizon, Lucifer qui prend un bain de lave avant de finir gentiment la tête dans le noyau terrestre à se friser les bouclettes. Je suis bon public, je vous jure que je suis bon public. Mais là, j'ai longuement hésité entre les pleurs et les rires.. Ou l'inverse d'ailleurs... Déjà que les précédents volets ne volaient pas très haut (ha ha), rien ne laissait présager un redressement de barre de dernière minute. Anderson n'a rien compris au jeu vidéo, ça c'est un fait. Etant moi même un joueur de la première heure des Resident Evil, je n'ai jamais pu comprendre comment on pouvait couler à ce point une histoire qui proposait pourtant une matière de départ simple mais diablement efficace. La transition avec le cinéma semblait évidente mais non, il a fallu nous rajouter de tout un peu partout sans oublier de bien édulcorer le goût pour que les moins de 13 ans puissent savourer aussi leur bonbon tout plein de sucre. Que les dents leur tombe à ces mécréants. Bref, je ne vais pas épiloguer (juste espérer que le reboot calé sur le récent Resident Evil 7 et produit par James Wan vienne sauver le monde), revenons à nos moutons vérolés et voyons un peu ce qui cloche ou ne cloche pas dans ce chapitre soit disant final. Déjà, Anderson est malade, c'est presque sûr. A voir comment sa caméra est devenue épileptique, je ne vois pas d'autre explication (a moins qu'une bonne grosse hémorroïde.. ou un cours de danse Africaine improvisé à même le set; mais dans ce cas fallait éteindre la caméra hein..). Le mec a voulu profiter de l'effet "Greengrass" mais en accentuant encore le mouvement (paye ta coke); autant vous dire que passées les 20 premières minutes (et les 20 comprimés d'aspirine qui vont avec) on s'habitue mais non, en fait on s'habitue pas. Deuxième flatulence gênante (et odorante) remarquée au visionnage, Paulo a mis en route la pompe à cerveaux. Ben oui, on retrouve pèle-mêle: le plagiat de sa propre série (le "Extinction" de Mulcahy, certainement le moins raté du lot) avec un début désertique à la Mad-max et une colorimétrie jaune-ocre qui donne chaud, un gros camion tout customisé qui semble tout droit sortir de "Fury Road" justement, des bastons à l'aveugle façon "Le livre d'Eli" et même une analyse de la situation avec pause incorporée qu'on devine délicatement suggérée lors du visionnage d'"Equalizer" d'Antoine Fuqua.. Pas joli joli tout ça. N'oublions pas de citer une Mila pas Jojovitch car jouant comme un manche de pioche (mention spéciale à l'émotion qu'elle fait passer en faisant trembloter sa lèvre inférieure), un scénario complètement crétin qui s’emmêle les pinceaux à sa propre lecture (le clone du clone du clone qui vient tuer l'original, fallait oser) et une batterie de CGI bien craignos qui assurent le spectacle avec gros monstres volants (hein?!), zombies en mode "World war Z" et chiens des enfers à la dentition encore sacrément efficace (complètement ratés au passage). Et n'attendez pas un gros monstre baveux en guise de clou du spectacle, il n'y en aura pas (à peine un recyclage du monstre volant du début en toute fin du métrage).La nasitude complète. Il y a pourtant bien une scène qui nous a redonné l'espoir, une incursion dans une sorte de boucherie dégueulasse et bien glauque, remplies de corps suspendus à des crochets.. On y aperçoit même un bout de tronçonneuse. Immédiatement on se dit qu'un énorme boucher démoniaque va débarquer et qu'on est en face du seul moment de grâce du film (tant pis, ça fait tellement de bien qu'on est prêt à pardonné un peu). Et ben non, patatras, c'est un vieux monstre numérique calqué sur celui de "Feast" de Gulager qui débarque.. La loose on vous dit. On notera un autre recyclage honteux avec la fameuse scène des lasers du premier volet, permettant à Jovovitch de sauter dans tous les sens en faisant des figures. Seul point positif, le film est un poil plus gore que les autres et nous assène même un broyage de gosse du plus bel effet (fallait au moins ça pour se faire pardonner). A non, j'en vois un autre de point positif.. C'est théoriquement le dernier (théoriquement on a dit)...

On s'y attendait mais cet ultime opus confirme l'indigestion provoquée par cette série entamée en 2002. Mal filmé, mal joué, mal écrit, bourré ras la gueule d'incohérences en tout genre, la recette pouvait encore être digérée après deux ou trois services. Au bout de la sixième assiette, la repeinte des murs est assurée. On espère finalement que le reboot prévu pour l'année prochaine sera sous de meilleures auspices et qu'il saura surtout revenir à l'essence même de ce qui a fait le succès du jeu-vidéo: la peur.
 

Critique: Contracted Phase 1&2 – E.England/J.Forbes – 2013/15

Synopsis:
Samantha est en couple avec Nikki depuis près d'un an et demi. Lasse de l'attendre à une soirée, elle noie son chagrin dans l'alcool et se fait accoster par un inconnu qui finit par la violer. Peu à peu, d'étranges symptômes vont l'amener à penser qu'elle a été infectée par une maladie inconnue...

L'avis de David:
Découverts au hasard d'une de mes nombreuses déambulations sur Netflix, ces deux films qui pourraient n'en faire qu'un m'ont fait plutôt bonne impression. Alors oui, les virus méchants qui rendent bien malade on connait déjà et nul besoin d'extrapoler à mort pour dire que nous ne sommes pas loin d'en avoir des bien pires dans la réalité. Pour l'originalité donc, on repassera, beaucoup d'autres films sont déjà passés par là. Transmis via des relations sexuelles et faisant pourrir son hôte à une vitesse assez astronomique (environ 4 jours après incubation, c'est vous dire), le machin avait pourtant tout pour plaire. Grosses pustules bien jaunes qui explosent au moindre contact, yeux qui gonflent et deviennent aussi blonds qu'un furoncle, herpès digne d'une part de pizza quatre fromages qui vous pendrait à la lèvre, le menu des hostilités sera bien au goût des amateurs de gros gore qui tâche et fera se révulser les estomacs fragiles. Attention par contre à être bien clair tout de suite; on est à des années lumières d'autres films comme "Tanathomorphose" d'Eric Falardeau (édité chez Uncut Movies) dont le pitch est pourtant très (trop) proche mais qui nous gratifie d'une déchéance bien plus détaillée capable de faire gerber un asticot sur une bouse. Mais tout de même; les effets spéciaux restent très corrects (alors qu'on devine le budget rachitique) et on aura même une rasade de scènes gores plutôt sympathiques. Mention spéciale au deuxième opus bien plus généreux en la matière (œil pourri, une maman Zombie bien crado et quelques éruptions épidermiques assez corsées) qui semble avoir bénéficié d'une plus grosse enveloppe grâce certainement au succès de son aîné. Les deux se suivent sans déplaisir, les acteurs y croient (on a le plaisir de revoir Caroline Williams de "Massacre à la tronçonneuse 2") et l'aspect téléfilm propre à ce genre de production passe plutôt inaperçu quand on est dans le feu de l'action (une gageure). La Phase 1 semble plus lente, plus longuette, mais c'était surement nécessaire puisqu'elle sert à poser les bases de cette contamination d'un nouveau genre. Dommage que les auteurs ne soient pas allé jusqu'au bout en ayant le courage de laisser certaines questions sans réponses (ou en tout cas à l'appréciation du spectateur), cela aurait permis d'éviter l'écueil du nawak dans les 15 dernières minutes de la Phase 2 qui n'avait vraiment pas besoin de ressembler à un "Armée des 12 singes" du pauvre (sans compter que le méchant pot à virus violeur a autant de charisme qu'un rebord de table basse). On peut aussi reprocher à l'ensemble de tirer un peu trop sur la corde du slip (en plus de plagier certaines œuvres comme les "Rec" de Balaguero/Plaza) , les protagonistes ayant la fâcheuse tendance de ne voir que ce qui les intéresse (ou plutôt ce qui est écrit dans le scénario). Quand ta chérie vient pour te rouler une pelle et qu'elle a un œil rouge, un autre jaune et un herpès de la taille des Etats-Unis sur la lèvre ben tu te pose quand même quelques questions sur son état de santé. Mais ce n'est qu'un détail...

Si on aime la béchamel, ces deux petits films sortis de nulle part offrent leur lot sensations culinaires. Loin d'être mauvais tout en étant loin d'être excellents, ils vous procureront quelques sursauts de dégoût et titilleront suffisamment votre intérêt pour vous faire passer 2h30 (au total) plutôt agréables. L'essentiel étant bien entendu de ne pas en attendre plus. A noter que pour les fans, une phase 3 serait déjà en route..