Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

Les derniers articles parus sur Grimmovies

Critique: La nuit déchirée – Mick Garris – 1992

Synopsis:
Un étrange couple, les Brady, s'installe dans une petite ville des Etats-Unis. Peu à peu, leur maison se retrouve encerclée par des centaines de chats errants. Le jeune Charles pose des pièges et semble craindre ces félins peu farouches. Il décide également de très vite se mettre en chasse d'une nouvelle petite amie...

L'avis de David:
Mick Garris n'est pas le faiseur du siècle, c'est une certitude. Avec une palanquée d'adaptations plus ou moins mauvaises, on pouvait craindre le pire. Et pourtant, l’instigateur des "Masters of Horror" ou de "Fear itself" ne peut qu'avoir mon respect éternel, ne serait-ce que pour avoir enfanté ces deux séries si chères à mon cœur. Alors, on leur file un bol de lait à ces félidés imaginés par le King himself (dans une nouvelle n'ayant jamais été publiée)? Et bien je serais tenté de dire oui (de toute façon moi je suis l'ami des animaux). Ce qui frappe au premier abord dès les premières scènes, c'est l'ambiance musicale carrément au top. On passe d'un morceau de la chanteuse Enya (et oui, ce ne sont pas les Fuggees à l'origine, juste une instru samplée..) à d'autres plus "seventies" avec les Contours et franchement cette orgie musicale sert admirablement le film (on pourrait même parler d'ingrédient magique dans ce cas précis). Garris promène sa caméra comme s'il était sur un plateau télé, dirige des acteurs habitués à la petite lucarne comme Brian Krause de la série "Charmed" (accompagnés tout de même par quelques pointures comme Ron Perlman) et tout cela fonctionne étonnamment bien sur le spectateur quelque peu suspicieux. On note même quelques apparitions furtives mais remarqués de Clive Barker, Tobe Hooper, Mark Hamill, John Landis ou encore Stephen King lui même; classe et annonciateur des associations futures du réalisateur pour ses fameuses anthologies de l'horreur. L'histoire est plutôt dans le haut du panier (arf) et ces "félidés" avides d'âmes vierges savent nous faire vibrer en nous positionnant constamment le cul entre deux chaises (tant qu'elles sont dans le bon sens). On oscille donc entre pitié pour ces êtres tristes terriblement seuls et dégoût lorsqu'ils montrent leur vrai visage. Les effets spéciaux mélangent l'artisanal et les CGI à la sauce premiers émois (comprenez "morphings de base" comme il en fleurissait période post "Terminator 2") mais surtout, Garris envoie un peu de pâté (arf arf) en terme de gore (on n'est pas devant un Fulci non plus hein) et se permet pas mal d'excès en tout genre. Mais là ou il laissera tout le monde sur le carreau, c'est dans la représentation incestueuse de cette relation entre Charles et sa mère; baisers enflammés et partie de jambes en l'air atomique (Ohhhh la belle bleue!) sont donc au programme et rendent ce "Sleepwalkers" encore plus attachant de par son irrévérence totale et assumée. Bref, réalisation honnête, acteurs qui tiennent la route, ambiance musicale au top et léger parfum de scandale font corps pour au final nous donner un spectacle certes "oubliable" mais sincère et pas franchement désagréable. Une bonne série B comme on les aime et comme on en voit plus beaucoup.

"La nuit déchirée" est le parfait film de drive-in. Une histoire simple mais carrée, bien jouée, bien mise en scène et pas chiche en séquences choc; une recette sans éclat mais goûtue qui ravira les amateurs d'horreur et de fantastique venus chercher un divertissement sans prétention et sans prise de tête. Pari réussi donc, même si on aurait clairement apprécié un budget plus important qui aurait aidé le réalisateur à aller encore plus loin dans son délire (il aurait tout déchiré, et pas que la nuit!).

 

Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier

Critique: Crimson Peak – Guillermo Del Toro – 2015

Synopsis:
Edith, fille d'un riche promoteur Américain, tombe éperdument amoureuse de Sir Thomas Sharpe et décide de s'installer avec lui en Angleterre. Elle se retrouve alors dans une étrange demeure perchée sur une montagne d'argile couleur rouge sang. Peu à peu, elle va en découvrir les secrets... 

L'avis de David:
Dire que j'attendais le nouveau film de Guillermo Del Toro était un euphémisme. Amoureux de son cinéma depuis "L'échine du diable" et "Le labyrinthe de Pan" (même "Mimic" j'ai aimé, c'est pour dire), le voir œuvrer sur une histoire de fantômes à consonance Romantico-Gothique ne pouvait que me mettre la bave aux gencives. Stop, vous pouvez ranger la serpillière, on ne pataugera pas dans le gluant ce coup-ci (encore)... Non pas parce que le film est spécialement mauvais, mais plutôt parce qu’il est ceinture noire de pipotsu et nous vend un truc que l'on ne reçoit jamais (et t'as beau appeler UPS, il ne se passera rien). La sur-vendue histoire de fantôme macabre devient bien vite une romance en costume un peu trash saupoudrée d'une bonne rasade de thriller manichéen.. Las. Parlons tout d'abord de ce qui fâche le moins. C'est bien réalisé, très bien même. On reconnait aisément les tics du réalisateur mais on est happés par la beauté de l'image, du cadrage, et l'éclatante photographie de certains plans. C'est jouli et la balade est très agréable, Del Toro n'ayant décidément pas oublié comment raconter une histoire. Les acteurs sont, à ma plus grande surprise, très bons et portent leurs personnages avec une conviction communicative. Sharpe a un fond triste, et ça se ressent, sa sœur inspire la méfiance, Edith la naïveté.. Bref, tout le monde est à sa place, tout comme il faut. La musique est jolie et les effets spéciaux, principalement pour les fantômes et quelques exactions bien violentes, tiennent la route. L'aspect des revenants est quelque peu déroutant mais fait très bien son petit effet et chacune de leurs apparitions réjouira tout amateur qui se respecte. Bon, en fait c'est là que le bas commence à blesser, voir à se filer totalement. Ben oui, y sont où les fantômes??? La maison manquait de draps? Tous les boulets sont rouillés? Y a une fête en haut chez Balsen? Bref, on m'a vendu un film de fantôme qui n'en est pas un, c'est moche. L'histoire principale (la vraie), sorte d'épisode de Derrick en costume, est plate, chiante et affublée d'un scénario écrit par un manchot sans mains (sans déconner, on préfère garder des preuves ultra compromettantes plutôt que de les brûler dans sa graaaaaande cheminée) et seules quelques mises à mort nous tireront de notre torpeur pour nous rappeler de quelle folie créatrice/destructrice peut être capable le père Guillermo (le crâne éclaté sur un lavabo vaut vraiment le détour). Pour tout vous dire, le maître a même fini par céder aux sirènes du Jump-scare assourdissant. C'est efficace (j'ai sursauté au moins une fois) mais tellement téléphoné et en deçà de ce qu'il est capable de nous offrir. Tout est vu et revu des centaines de fois et même si le réalisateur parvient toujours à en imposer par l'image (aidé par des décors juste sublimes), tout le reste saborde en permanence son envie de bien faire. Reste une virtuosité visuelle toujours aussi évidente qui allie la beauté d'environnements dignes de la Hammer grande époque sans jamais faire dans la lourdeur, et c'est déjà pas si mal. La grâce, il a la grâce...

Del toro à la barre d'un nouveau film d'horreur bardé d'un budget de 50 millions, le kif absolu pour tout amateur digne de ce nom. Et en plus le bougre retourne à ses premières amours, les fantômes mélancoliques. Quel dommage que le scénariste se soit endormi sur son stylo. Convenu, mou du genou et assez loin de ce que le réalisateur peut faire de mieux ("Hellboy 2" dans le genre délire de fan monstro-fantastique), le film est sauvé par une mise en image sublime et une interprétation dans le ton. Mais s'te plait Guillermo, plus jamais ça; la prochaine fois tu lâche les chevaux, tous, pas juste le poney!

 

Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier

Critique: Blair Witch – Adam Wingard – 2016

Synopsis:
Bien décidé à élucider la disparition de sa sœur en 1994 dans la forêt de Blair, James y part en pèlerinage avec quelques amis et une tripotée de caméras. Rencontrant deux autochtones en route, ils vont bien vite se rendre compte que la légende de la sorcière ne serait pas si improbable que cela et que la forêt ne semble pas prête à leur livrer ses secrets...

L'avis de David:
Pour le coup c'est moi qui l'ai pas eu... le Blair... J'avais pourtant promis qu'on ne me reprendrait plus à visionner des merdasses "found footagées" qui se la pètent alors qu'il n'y a rien à voir.. Et ben devinez qui c'est le gus avec son petit siège pliant, son bloc notes qui essaye de suivre une bande de débiles épileptiques dans une forêt toute noire... Oui, c'est bibi. En même temps je me sacrifie moi ma bonne dame, je fais tout pour que mes lecteurs n'ai pas à le faire ou alors en connaissance de cause. Et puis c'est quand même le Adam Wingard de "You're next" ( bon ok, de "VHS" aussi). Bref, je m'attendais à tout sauf à une redite du machin filmeur de branches qui bruissent de 99 et je partais franchement confiant. Surtout que le bidule n'était pas clairement destiné à être une suite et son background n'a finalement été rattaché à la sorcière à gros groin que très tardivement. Bref, on ne va pas "encore" épiloguer, c'est mauvais mais en plus ça se permet de se la raconter encore plus qu'à l'époque.. Une forêt toute noire où le jour ne se lève jamais (Groenland?), des jeunes cons...cons, des caméras avec des batteries qu'on a même pas encore breveté (et des cartes mémoires ou des DV qui résistent à l'eau et aux champignons), un drone qui se déguise en périscope et une sorcière vicelarde qui pète dans l'ombre et fait tomber les arbres (si au moins elle faisait des bulles, on saurait qu'elle est là; je vous rappelle que les odeurs ne passent pas encore la pellicule Monsieur Wingard). N’espérez pas avoir un semblant d'explication sur ce qui se passe, ce ne sera pas encore pour cette fois (ça fait quand même deux fois qu'ils oublient d'embaucher un scénariste), la sorcière ne se montrera jamais (ou alors très furtivement, like a prout) et on n'aura qu'un minuscule effet gore à se mettre sous la dent en 1h30 de film (une écharde dans un mollet avec tout plein de pu dedans). Qu'est-ce qu'on se marre! Bien entendu ça ne fait jamais peur, c'est filmé avec les pieds d'un soldat qui aurait sauté sur une mine (pas besoin de se justifier, puisqu'on vous dit qu'on les a trouvés les films.. Sûrement le gars qui prends le relais quand tout le monde est à l'image *sic*..) et tout respire la connerie à plein nez (un peu comme cette critique). Rajoutez à tout ça une image passée au shaker presque en permanence (histoire qu'on n'ai pas trop le temps de se rendre compte de la catastrophe), des jump scares moisis (eux n'ont pas résisté à l'humidité) avec des hausses sonores capables de faire exploser un sonotone et vous obtenez une sombre bouse dans laquelle on enfoui le pied sans ménagement jusqu'à prendre une giclée dans l’œil. Petit détail rigolo, la caméra semble toujours tomber du bon côté, preuve que Wingard est un homme de principe et utilise le système du beurrage/confiturage de caméra (histoire qu'elle soit toujours orientée vers ce qu'il y a à voir). Le film se sauve in-extremis du zéro absolu avec un final un peu plus violent et brutal (même si on ne comprendra toujours rien à ce qui se passe) qui met enfin nos zozos aux prises avec la fameuse sorcière (enfin je crois..) et une séquence de spéléo intense qui mettra les claustrophobes à rude épreuve. Maigre butin..

Ressemblant de près ou de loin à une déjection trouvée au détour d'une balade en forêt, ce "Blair Witch" cuvée 2016 est un bien piètre représentant du genre. Chiant, sans intérêt, sans scénario et pire que tout, sans aucun sentiment de peur chez le spectateur, tout ce qu'inspire le nouveau film d'Adam Wingard est l'ennui.. Remarquez j'hésite aussi avec la consternation. Au moins il ne laisse pas indifférent, c'est déjà ça... Cette fois c'est la bonne, les "found footage" c'est fini pour moi!

 

Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier