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Critique: Cloverfield Paradox – Julius Onah – 2017

Synopsis:
Après un accident affectant un accélérateur de particules, une station spatiale missionnée pour sauver l'humanité découvre avec stupeur que la terre a disparue. Le choc passé, les résidents vont se rendre compte qu'une autre station très similaire à la leur se trouve tout près de leur position...

L'avis de David:
Netflix frappe encore et rachète carrément les droits d'exploitation d'un film, déplaçant sa sortie de nos grandes toiles blanches au confort douillet de nos jolis salons connectés. Fort. Surtout que ça fait un sacré paquet de brouzoufs à sortir quand même (on parle de 50 Millions de dollars, une paille). Ajoutés au budget déjà ventripotent du film (26 millions), on obtient un bidule qui commence à sacrément parler niveau poids dans la balance (76 millions c'est déjà un Blockbuster?). Et tout ça pour du vide, de l'air, de l'ennui étiré pendant 1h40 qui va vous faire autant chier qu'une gastro féroce chopée en léchant les barres verticales du métro. Oui je sais, je suis cash, comme le film (mais je suis beaucoup moins riche moi, situé dans la catégorie série Z). Cet arrière goût amer qui nous colle aux yeux après le visionnage est clairement annonciateur d'une bonne grosse bouse qui n'en méritait pas tant. Si l'envie de le voir est encore présente chez vous, je ne saurais trop vous conseiller de lâcher cette critique en route parce que je vais spoiler un peu et je ne vais même pas prendre de pincettes. Le scénario tout d'abord.. Pourquoi tant de haine? L'idée de départ pouvait être séduisante avec la disparition de notre belle planète mais que nenni; tout est complexifié à mort, tordu, étiré, comme pour rendre intelligent un truc qui ne dépasse pas le niveau d'un bousier poussant sa boulette. Cet espèce de gros mélange d'"Alien" (le swag de la scène avec le gars qui frétille de partout à cause des vers et à qui on extrait du bide un gros truc électronique qu'on l'imagine mal avaler avec un demi verre d'eau..), "Life", "Prometheus" et consorts tord l'espace temps dans notre salon et nous donne l'impression qu'une heure quarante se transforme en quatre bonnes heures et encore, avec moult ralentis spatio-temporels. Super fort. La froideur de l'espace aurait-elle eu raison de nos systèmes vitaux, nous plongeant dans une léthargie post-cryogénisation? Un peu comme les protagonistes de l'histoire qui semblent s'en taper les couilles sur la braise tant ils font preuve d'empathie vis à vis de tous les malheurs qui s'accumulent sur leurs pauvres petites personnes (mention spéciale au mec qui perd un bras et qui rigole quand il le voit continuer de faire sa vie à quelques mètres de lui). Les scènes tournées sur terre ne s'en sortiront pas mieux même si elles essayent de lier tant bien que mal le premier "Cloverfield" avec ce machin indigeste. Ce qui est d'autant plus dommage, c'est que les moyens engagés permettent d'aligner de bien jolis décors et des effets spéciaux numériques très propres flirtant avec le spectaculaire à plusieurs reprises. Il faudra tout de même attendre les 5 dernières secondes (et le pire c'est que je n’exagère même pas) pour enfin voir la jolie frimousse d'une créature gigantesque sniffant les nuages.. Las. Tout pourri j'vous dis...

Parfois, même un géant comme Netflix se cogne le petit doigt de pied dans l'angle du meuble de mémé, et ça fait mal. Vu et revu, chiant comme la mort et sans aucune ambition cinématographique, ce troisième épisode d'une série qui n'en demandait pas tant aurait mieux fait de rester dans une autre dimension.. Espérons juste que le quatrième (inspiréd'une histoire "Metal-Hurlant" avec des Zombis Nazis pendant la seconde guerre mondiale; oui, vous avez bien lu) volera un peu plus haut et redorera le blason d'une franchise qui a déjà une bonne dose de plomb dans l'aile...

Et puis tant qu'on y est, vous pourriez également apprécier

Critique: Le rituel – David Bruckner – 2017

Synopsis:
Quatre amis décident de partir en randonnée dans la campagne Suédoise afin de se retrouver. L'un d'eux se blesse et force le reste du groupe a couper au travers d'une forêt afin de rejoindre rapidement leur gîte. En s'enfonçant dans les ténèbres des lieux, ils vont très vite se rendre compte que quelque chose de maléfique semble les suivre.. et de près...

L'avis de David:
Et boum, encore un ovni tout droit sorti du catalogue du désormais célèbre Vidéo-Club Netflix.. A bien y regarder, tout semble indiquer un énième truc fauché vu mille fois directement destiné au marché de la vidéo et calibré pour occuper tant bien que mal une soirée entre potes. Et pourtant... Ce modeste film Britannique emprunte des sentiers qui n'étaient pas vraiment prévus au programme. On oscille entre l'histoire de forêt hanté par le vide ("Blair Witch Project"), le survival basique, la découverte d'un peuple qu'on sent aimer la bonne viande bien fraîche (avec de forts relents du "Village" de Shyamalow ou de "The Witch")  pour finir avec un pur film de monstre qu'on avait pas vu venir dans toute cette obscurité. Un sacré patchwork d'inspirations diverses qui fonctionne pourtant à merveille et nous balade de bout en bout jusqu'à une apothéose délivrant des effets spéciaux tout bonnement surprenants (le design du monstre [inspiré d'une divinité nordique] en plus d'être hyper original, vaut vraiment le détour). Basé en grande partie sur la psychologie de personnages fragilisés par un évènements ayant impacté leurs vies, ce premier film solo de David Bruckner ("V/H/S","The Signal") pousse les protagonistes à affronter leurs peurs les plus intimes et n'épargnera finalement que ceux qui franchiront leurs limites. Plus profond qu'il n'y parait, le scénario de ce pseudo "film de monstre" inspiré par le roman d'Adam Nevill est porté de belle manière par une brochette d'acteurs qui n'en font pas trop et bénéficient chacun d'une personnalité bien différente (comme les quatre facettes de tout ce qui retient notre "moi" intérieur et qui provoquent la peur, la vraie). Ils seront tantôt malmenés, tantôt "réconfortés" par des visions (certaines annonçant d'ailleurs une fin toute proche) balancées par le monstre dont on peut parfois remettre l'existence réelle en question. Ne serait-ce pas plutôt un combat contre eux-mêmes...? Au rayon des bonnes surprises (et sans trop spoiler), j'insisterai encore sur les effets spéciaux qui sont vraiment stupéfiants dans le dernier quart (surtout pour un budget qu'on imagine famélique) mais également sur la photo et le travail sur l'image (très grise, comme pour souligner la froideur des éléments -ou des gens-), Bruckner se montrant très généreux sur les apparitions divines de son "bâtard" de Loki. Objectivons maintenant sur ce qui ne tient pas la route, ou en tout cas pas suffisamment pour tirer le film tout en haut des cimes. L'ambiance musicale tout d'abord aurait gagné à être plus présente (même si cela contribue finalement à la froideur de l'ensemble) et certaines ellipses laisseront à n'en pas douter le spectateur sur le carreau. Le fragile équilibre entre imaginaire et réalité est parfois malmené et quelques explications supplémentaires auraient clarifié le sujet. Mais pour moi la plus grosse déconvenue sera certainement cette fin abrupte qui même si elle souligne bien la désinhibition du héros (qui n'en est pas vraiment un mais qui se reprend enfin en main et fait face au danger) aurait elle aussi mérité un peu plus d'écriture (ou en tout cas plus fine).. Dommage.

Une chose est sûre, la proposition était osée mais j'ai bien apprécié le voyage. Profond (en tout cas plus qu'il ne semble l'avouer au départ), maintenant une tension pendant les trois quarts de sa durée et offrant un dernier quart impressionnant juste ce qu'il faut, "Le rituel" sort de nulle part et sonne comme un bonbon ni trop piquant ni trop sucré. Une petite gâterie proposée par Netflix qui assurément vaut le détour (même si le chemin n'est pas sur la carte). Pas un hit, mais une bouffée d'air frais Suédois.

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Critique: 47 meters down – Johannes Roberts – 2017

Synopsis:
Kate décide d'emmener sa sœur Lisa en vacances au Mexique afin d'oublier une douloureuse rupture amoureuse. Après une fête bien arrosée, elles se mettent en tête d'aller plonger aux milieu des requins blancs, enfermées dans une cage en acier. Problème, le câble cède et elles se retrouvent plongées par 47 mètres de fond...

L'avis de David:
Tiens, un film de requins.. Pas trop ma tasse de thé iodé en général mais en cette période de disette horrifique, on ne va pas faire les fines bouches. Passons outre l'histoire vue et revue mille fois sous quelque forme que ce soit, les incohérences qui seront forcément légion (les nanas qui plongent sans palmes et en mini combinaison dans une eau qui doit avoisiner les 15° au fond, balèze..) et concentrons nous sur ce que nous sommes venus trouver avec ce dtv sorti des profondeurs de nulle part: une bonne dose de frissons et de fun. Alors, mission accomplie ou désastre nautique façon Titanic? Et bien bizarrement, le machin fonctionne plutôt bien. Les images (essentiellement aquatiques) sont très belles (avec un piqué absolument splendide sur le Blu-ray), les requins (même si en images de synthèse) ne font jamais cheap et surtout (mucho importante), la peur parvient à nous parcourir l'échine. Je dirais même que certains plans étaient carrément anxiogènes pour moi avec une plongée dans les profondeurs qui nous perd en permanence et fini par nous inquiéter. Tout est bleu ou noir, on ne voit pas grand chose et on se sent très vite oppressé par une menace diffuse qui nous entoure sans qu'on puisse la distinguer (ou alors au tout dernier moment et c'est pas joli-joli). Les requins ne se font pas prier pour attaquer mais ne seront finalement pas la plus grosse source d'inquiétude pour nos deux apprenties sirènes qui auront surtout fort à faire avec une réserve d'oxygène fondant comme neige au soleil, des paliers de décompression tout plein d'azote meurtrier et divers "petits" tracas d'un quotidien à 47 mètres qu'on imagine pas toujours tranquille tranquille. Bien évidemment, les plongeurs émérites qui poseront leurs yeux sur cet aquarium en HD trouveront forcément à redire sur le réalisme de certaines situations. Plongée autorisée sans aucune expérience (aussi bien pour les deux touristes que pour les marins qui les accompagnent), avec une mini combinaison ne protégeant pas du froid (froid qui fait consommer le double d'oxygène qu'en temps normal; vive l'hypothermie) et un matos plus que douteux (quand tu vois la gueule de la cage au début, jamais tu plonges..). Bref, n'espérez pas regarder un truc proche du documentaire vous seriez déçus. Certaines péripéties semblent également un peu tiré par les cheveux mais seront vite oubliées pour peu qu'on soit bon public et que l'envie de savoir comment tout ça va finir soit plus forte que le passage du marchand de sable et de son pouvoir légendaire de narcolepsie. C'est déjà pas mal. Mention spéciale à cette fin surprenante (vraiment) qui vous met une méga claque sans que vous ne la voyiez venir même si l'excès de nihilisme proposé est vite tempéré par l'injection d'un peu d'air afin de ne pas trop démoraliser le spectateur... Deuxième mention pour l'ambiance musicale avec cette partition synthétique appuyant avec brio la claustrophobie de ces profondeurs insondables (le synthé très années 80 sonne "étouffé" et accentue la pesanteur sous-marine); du tout bon.

Si vous n'êtes pas venu chercher le successeur du chef-d'oeuvre de Spielberg mais plutôt une petite série B burnée qui passe comme une noix de beurre sur une poêle chaude sans faire de chichis alors bienvenue! Vous passerez un bon moment, oscillant entre tension palpable et action débridée (même si pas vraiment réaliste) au milieu de requins savamment modélisés à la faim bien aiguisée. On croirait réciter une fable qu'un certain La Fontaine n'aurait pas reniée mais comme son ramage se rapporte bien à son plumage, tout le monde est content (et vit au dépend de celui qui le flatte, flotte dans le cas présent)...

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