Grimmovies – Critique de film d'horreur et fantastique Site de critiques de films d'horreur et fantastiques

26Mai/130

Les derniers articles parus sur Grimmovies

23Août/160

Critique: Viral – Ariel Schulman – 2016

viralSynopsis:
Le destin tragique de deux jeunes sœurs au sein d'une famille Américaine en perdition, qui se trouvent confrontées à une mystérieuse épidémie se propageant à très grande vitesse. Elles vont devoir mettre de côté leurs différences et affronter cette terrible menace.

davidL'avis de David:
Et hop, on recommence.. La maison Blumhouse nous refait le coup du "Par les producteurs de The Purge et Insidious".. En général, ça n'annonce rien d'autre qu'une belle bouse bien moulée couleur marketing foireux et goût mouton de prairie; on en sort avec des poils jusqu'entre les dents, habillés pour l'hiver. Convaincu d'être à nouveau le dindon de la farce, je dois avouer que j'ai été agréablement surpris par cette banale histoire d'épidémie fauchée qu'on avait pourtant l'impression d'avoir vu mille fois auparavant. Bon on va tout de suite évacuer le négatif, comme ça ça sera fait. Le traitement tout d'abord, n'est clairement pas focalisé sur de potentiels "infectés", ce qui se traduit par un rythme plutôt lent, axé sur un huit-clos, ne dévoilant les événements extérieurs que par petites touches. Certains amateurs de Zombi-flicks énervés risquent d'être sacrément déçus. Les Zombies justement, quand ils font leur apparition, ne font jamais peur et émettent un bruit digne d'un compteur geiger; un peu comme ceux de "World War Z", ce qui n'était déjà pas vraiment une réussite.. Pour finir, le final est raté et montre clairement que le film n'avait pas les moyens de ses ambitions (effets digitaux douteux et clôture de l'histoire sans trop savoir comment), dommage. Mais alors ma bonne dame, pourquoi que le chroniqueur il a commencé à dire que c'était pas si mal? Ben déjà parce-que nos jeunes protagonistes sont pour une fois à l'opposé de ce qu'on a l'habitude de voir dans ce genre de productions, c'est à dire tout sauf des têtes à claques qu'on rêve de voir crever dans d'horribles souffrances. Nos ados boutonneux jouent même étonnamment bien et parviennent à captiver l'auditoire à tel point qu'on est suspendu aux péripéties que le film leur réserve. Et c'est également là que cette péloche fait très fort, dans le traitement de son histoire. On oublie tout de suite le côté spectaculaire inhérent au genre et on s'attache à vivre une pandémie de l'intérieur, collés aux baskets de ces deux jeunes sœurs que tout oppose et dont le destin se verra changé à tout jamais par cette contamination dévastatrice. Tout nous sera raconté au travers du quotidien de celles-ci, nous plaçant en permanence à leurs côtés dans un environnement qui nous est familier. Le foyer n'est pas seulement celui de l'infection mais aussi celui d'une famille comme les autres, une famille qui pourrait être la nôtre. Le film bascule alors dans le drame intimiste, confrontant deux personnalités différentes; l'une plutôt délurée qui sera contaminée et devra faire face à l'infection, et l'autre pure et candide qui va se révéler la plus forte et passera au travers de ce mal qui semble ronger toute une génération. viralb1Le tout sonne comme un avertissement pour cette jeunesse qu'on voit céder de plus en plus tôt aux sirènes du tout très vite et sans limites et qui paiera un jour les pots cassés. On pense bien entendu immédiatement à "Ginger Snaps" de John Fawcett, même si ce dernier visait clairement le cran du dessus, tant sur la forme que sur le fond. Attention, le film n'est pas qu'un drame mélancolique sur le passage de l'adolescence à l'âge adulte (même s'il est vraiment touchant dans ce sens parfois) et les vingt dernières minutes nous offriront quelques séquences avec des infectés dont on ne pourra pas nier l'originalité (le virus n'étant qu'une sorte de ver prenant le contrôle de son hôte). Deux trois séquences peu ragoûtantes principalement axées sur l'extraction de ces longs intrus corporels seront également de la partie et feront frémir les amoureux des insectes que nous sommes. On ne peut également pas passer sous silence la très belle photographie du film qui lui confère un aspect classieux du plus bel effet et qui rend le tout très sympa à regarder. Ajoutez à cela de jolies mélodies appuyant avec sensibilité les moments les plus touchants et vous obtenez une chouette série B, certes fauchée, mais qui donne tout ce qu'elle a pour sortir quelque peu des sentiers battus et offrir un nouveau point de vue aux bestiaux avides de chair fraîche que nous sommes. Dans un autre genre, c'est la deuxième bonne surprise de la semaine avec "Sweet Home" de l'Espagnol Rafa Martinez..

Pétri de défauts mais également de qualités, ce petit film de l'usine à purin Blumhouse réussi à nous captiver en nous embarquant sur un autre terrain que celui auquel il nous prédestinait au départ. Touchant, stressant et faisant souvent preuve d'une saine intelligence, on lui pardonnera ses nombreux écueils. Dommage que ce final en queue de poisson vienne lui faire rater le podium et que Mr Blum n'ait pas daigner octroyer un peu plus de brouzoufs au réalisateur... On a frôlé l'incontournable..
3s5


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21Août/160

Critique: Sweet Home – Rafa Martinez – 2015

sweethomeSynopsis:
Alicia a préparé une soirée romantique à Simon pour son anniversaire. Elle choisit de l'inviter dans un vieil immeuble bientôt vendu et dont le seul appartement restant est habité par un vieil homme refusant d'être expatrié. En plein milieu de la nuit, des hommes masqués pénètrent armés dans la bâtisse et se mettent à chasser tout ce qui bouge..

davidL'avis de David:
Ouais ouais, le cinéma Espagnol, la Paella, Sangria, tout ça; moi j'aime bien. J'ai bien aimé les "REC" de Balaguero/Plaza, même s'ils m'ont filé la gerbe avec leur style caméra à l'épaule (remarquez, la Sangria c'est un peu pareil). J'apprécie avec un regard plein de tendresse la collection de films Filmax/Fantastic Factory comme "Dagon","Beneath Still Waters" ou encore "Beyond Re-Animator" mis en boite par Brian Yuzna. L'arrivée d'un nouveau rejeton ne pouvait donc que me remplir de joie, surtout avec un pitch basé sur le très à la mode "home-invasion". Ayant lu ça et là que c'était pas forcement folichon, je me suis mis à me demander si j'allais vraiment digérer le chorizo ou pire encore, si les moules allaient être totalement fraîches... N'écoutant que mon courage à deux mains, je démarre donc le visionnage, un sac en papier posé à côté de moi prêt à être tapissé de mon repas de la veille. Et c'est là que la magie opère. Les 5 premières minutes donnent le ton et nous proposent un virevoltant générique à l'ancienne qui m'a tout de suite filé la banane. Le réalisateur se fait plaisir et ça se sent, plaçant sa caméra dans les endroits où on l'attend le moins et emballant la présentation des personnages principaux de bien belle manière. En même temps vous allez me dire, y en a que deux ou trois, fallait pas se louper. Le film ne totalisant qu"une petite heure dix sept, Martinez se devait d'envoyer la purée assez rapidement sous peine de voir son attaque nocturne tourner à la berceuse pour enfant pas sage. Bref, nos tueurs masqués débarquent assez vite et déçoivent également à la même allure. Trop "gentils", trop lisses, on se dit qu'à la place de nos héros, on en serait plutôt facilement venu à bout. Point positif, Alicia et Simon ne sont pas trop cons et font preuve de réactions à peu près réalistes, donnant du fil à retordre à leurs agresseurs (venus "nettoyer" l'immeuble pour le compte d'une sombre agence, message sous-jacent sur la cupidité humaine inclus). Mais c'est lors de l'arrivée de renforts, matérialisés par un mastodonte muet maniant la hache comme personne, que la fiesta commence. Le gus fait preuve d'une violence bestiale et on commence enfin à craindre pour le popotin de nos deux apprentis Rambo. Bras coupé, tête tranchée à la hache, corps aspergé d'azote liquide puis brisé au marteau et ramassé à l'aspirateur de table, y a pas à dire, Martinez il sait recevoir. sweethome_4Passé quelques longueurs sur la dernière ligne droite (qu'on peut excuser vu la faible durée du métrage) certainement causées par un scénariste qui avait déjà tout donné, le final nous est asséné comme un magistral coup de poing dans les dents, faisant voler le reste d'olive qu'on avait de coincé dedans. Rien d'original hein, on va pas non plus crier au génie, mais une barbarie juste ce qu'il faut de sauvage pour rendre heureux tout amateur de série B qui se respecte. Bon, on va pas tourner cent ans autour du pot de confiture, la moisissure nous aurait déjà collé sur le trône, "Sweet Home" est une série B à petit budget vraiment sympa, plutôt bien ficelée qui certes ne révolutionnera pas le genre mais qui est suffisamment généreuse pour nous faire passer un bon moment. Après, si on veut vraiment chipoter on pourrait dire que le riz colle un peu au fond (comprenez que dix bonnes minutes semblent tourner en rond sur le final), que les crevettes sentent un peu le réchauffé (le film ne prend aucun risque) et que les calamars sont un peu durs à avaler parfois (le gus qui se recoud tout seul, au calme, sans broncher) mais tout ça n'est pas bien grave et ne nous empêchera pas de nous taper un bon gueuleton sans avoir à dégainer la citrate de Bétaïne.

Filmax nous gratifie encore d'une chouette série B Espagnole qui n'aurait vraiment pas démérité sur les étals de nos vidéos-clubs chéris. C'est sec comme un coup de trique, violent, saignant parfois et presque jamais ennuyant (presque parce-que sur la fin..); il n'en fallait pas plus pour nous faire passer une bonne soirée sans nous écœurer ni nous filer la gerbe. C'est déjà pas si mal non?
3s5


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10Août/160

Critique: Vendredi 13 Killer Cut – Marcus Nispel – 2009

vendredi13Synopsis:
Juin 1980, Pamela Vorhees est stoppée dans sa folie meurtrière par une jeune monitrice du camp de Crystal Lake. Celle-ci est décapitée sous les yeux de son fils Jason, un jeune garçon mal-formé et attardé. Bien des années plus tard, sa colère va être réveillée par un groupe de jeunes venus camper dans les environs... Ils vont bien vite le regretter...

davidL'avis de David:
Bon ok j'ai un peu de retard.. Rien de grave, 7 ans. En même temps c'est les vacances et en plus c'est l'édition Killer Cut, jamais distribuée en France, alors on peut bien me pardonner. Oui parceque pour tout vous dire, je m'étais bien évidemment déplacé au cinéma pour voir ce remake (c'est Jason quand même) et j'en étais ressorti terriblement déçu. Trop timide, trop timoré, le PG-13 était passé par là et ça se sentait à tous les coins de pellicule (même que ça sentait sacrément fort, comme après un Chili trop corsé). Jason s'était-il embourgeoisé, avait-il perdu l’œil du tigre? On n'attendra pas Apollo pour nous le dire (non pas la fusée Mr le cosmonaute du fond..) et on se jette sur cette édition Américaine sortie quelques temps plus tard et disponible chez nous via l'import pour le vérifier avec nos petits yeux à nous (Zone All et Vostfr pour la version Uncut, version Française pour la cut). Je ne sais pas si ce sont les années qui ont passées ou l’excitation d'avoir cette galette entre les mains mais j'ai considérablement ré-évalué ce film. Le premier quart d'heure est à ce titre un véritable petit joyau. Nous présenter une joyeuse bande de jeunes prêts à tout et les voir se faire tous trucider avant l'apparition du générique (et du tchi tchi tchi.. tcha tcha tcha.. obligatoire de la série) c'était sacrément couillu. On y découvre le Jason du "Tueur du Vendredi", sac à patates inclus (bon ok, légèrement plus looké), déployant une énergie jusqu'alors inconnue dans la série. Et nom de nom qu'est-ce qu'il à l'air balaise. Les 2 mètres de Derek Mears font des merveilles et donnent une allure monolithique au tueur de Crystal Lake, impulsant une énergie qui donne l'impression qu'à chaque apparition le monstre va tout exploser sur son passage. On sent tout de suite que pour lui échapper, il va falloir courir cette fois, et vite! Quelques séquences très inspirées nous montreront notre Hockeyeur préféré sous son meilleur angle, lui conférant une attitude iconique du plus bel effet (cette contre plongée ou l'on voit Jason posté sur le toit de la maison, le regard droit devant et la machette à la main). Et le Killer cut alors, il apporte quoi concrètement? Ben un peu de sang ma bonne dame et un peu de fesses aussi. Car oui, ne nous leurrons pas, la recette d'un "Vendredi 13" réussi c'est 50% gore, 50% sexe. Pour le gros rouge qui tâche, certains meurtres valent le détour (dans cette édition je le répète) mais c'est plus leur inventivité qui est à saluer ici. A ce titre, la jeune fille "harponnée" à la machette sous le ponton du lac et la mort du pauvre quidam coincé par un piège à loups au début figurent parmi les meilleurs moments. On peut aussi citer la mise à mort de Trent, bobo exaspérant qu'on n'aspire qu'à voir souffrir, sacrément corsée et qui avait été raccourcie d'une bonne vingtaine de secondes au cinéma.. C'est bien simple, on a l'impression qu'il meurt différemment cette fois, c'est vous dire le charcutage écoeurant des censeurs (c'est eux qu'on devrait censurer tiens). Du côté des loches et des paires de fesses, pas de surprise. Deux scènes de forniquage sont bien présentes, avec encore une fois un allongement significatif de la seconde qui devient vraiment olé-olé et frise (non, pas la moustache) l'indécence. fridayFallait bien ça pour énerver notre Jason juste ce qu'il faut pour qu'il passe son trop plein sur les convives non? Au rayon des déceptions qui restent des déceptions quelque soit la version on peut citer une narration en trois parties assez inégale qui plombe un peu le rythme du film. La première partie est en fait l'introduction citée plus haut, avec un Jason sac à patates et la tête de maman Voorhees sur un autel (compilation du premier et du second film de la saga); la seconde voit l'arrivée du héros incarné par Jared Padalecki, à la recherche de sa sœur, et la découverte du fameux masque que tout le monde connait (troisième film) et enfin la troisième se rapproche plus du monstre et tente l'originalité en lui inventant des sentiments (la ressemblance de la sœur de Clay avec sa mère) et une forte propension à faire la taupe (la galerie de tunnel sous le camp). Bref, une espèce de compilation des trois premiers épisodes de la saga (ceux dans lesquels Jason est encore "humain" en fait) couplée à un pan nouveau totalement inventé cette fois. Tout ça ne fonctionne pas toujours et on ne peut que déplorer un rythme qui tombe peu à peu au fur et à mesure que le film avance (l'introduction étant vraiment la meilleure partie, juste jouissive).

Ce remake est comme le bon vin. Plus il vieillit et plus je l'apprécie. Jason n'a jamais semblé aussi en forme et fait preuve d'une dextérité et d'une force qui lui vont particulièrement bien au teint. Un bodycount huilé et distillant la mort avec la régularité d'un métronome, du sexe, des vannes pourries et une réalisation léchée font de ce film de Marcus Nispel un excellent défouloir. Attention toutefois à bien choisir l'édition Américaine "Killer Cut" sous peine de se priver des meilleurs moments et rendez-vous en Janvier 2017 pour un nouvel épisode qui sera cette fois beaucoup plus tourné vers la jeunesse du tueur. Le rendez-vous est pris Messieurs les producteurs, alors ne nous faites pas faux bon.
4s5


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